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Vers une insurrection populaire, républicaine, pacifique et démocratique ? - Claude Beaulieu

lundi 20 mars 2017, par Comité Valmy


Voir en ligne : S’affranchir de l’U.E., Bastille des peuples, bâtir l’union du peuple de France !

Avril 2010

Les élections régionales auront apporté des enseignements utiles pour ceux, dont nous sommes, qui souhaitent contribuer à l’élaboration d’une nouvelle démarche de rassemblement populaire. Celle-ci est rendue nécessaire par un choix politique qui perdure depuis plus de soixante ans, malgré sa faillite flagrante et ses conséquences calamiteuses pour le peuple. Ce choix stratégique, celui de l’Europe supranationale et atlantiste, s’est traduit au fil du temps par le renoncement à la souveraineté populaire et à l’indépendance, par l’abandon de la République une et indivisible, laïque et sociale ainsi que par la négation de la démocratie.

Ces multiples trahisons, que chaque citoyen peut constater, sont le résultat du ralliement dogmatique de quasiment tous les partis politiques de notre pays à l’intégration dans l’Europe fédérale des Länder (régions) en gestation. Ce choix obsédé du fédéralisme européen, sans que la base militante de ce parti en soit clairement informée ni même majoritairement consciente, est également devenu celui du noyau central de la direction du Parti Communiste Français, de fait rallié au système.

A l’opposé, ce choix de la soumission consentie et de la vassalisation n’est manifestement pas celui du peuple de France. En refusant massivement de persévérer dans le jeu truqué que la droite et la fausse gauche européiste lui ont imposé pendant des décennies, il rejette aujourd’hui le programme commun de la « gauche » et de la droite fédéralistes. Lucide, en les isolant de plus en plus clairement, le peuple marque sa défiance envers les partis de la fausse alternance et de l’aliénation à la pensée unique. Lors de ces élections, les abstentions, les votes blancs et nuls, ont rassemblé 55,38% des électeurs inscrits. La majorité des citoyens de notre pays a ainsi démontré les progrès de la prise de conscience et de l’insoumission dans le peuple, ainsi qu’une grande maturité politique de celui-ci.

En effet, l’élément essentiel de ces résultats électoraux, le plus significatif, est bien l’importance de cette « abstention rejet » du peuple de France qui exprime le refus du système politique néo-libéral et euro atlantique. Celui-ci, fondé sur une économie de marché débridée et sur « la concurrence libre et non faussée », détruit méthodiquement plus d’un siècle de conquêtes sociales et démocratiques.

Comme l’ont démontré la forte participation des électeurs à ce scrutin et la victoire, par la suite violée, de la souveraineté populaire qui a dit non lors du référendum sur la constitution européenne en mai 2005, les citoyens français ne se désintéressent pas de la démocratie et des élections. Si les professionnels de la politique et l’oligarchie au pouvoir persévéraient à interpréter les abstentions, lors des élections européennes puis régionales, essentiellement comme les conséquences d’une indifférence plébéienne, de problèmes de mauvaises communication ou de compréhension, ils se prépareraient des lendemains difficiles. En l’absence d’autre choix que celui de politiques « du pareil au même », l’abstention ou le vote blanc est apparu comme une démarche de Résistance civique et républicaine ; nous voyons dans son caractère massif, réfléchi et volontaire, l’expression d’une réelle combativité populaire.

Divers sondages récents confirment le haut niveau actuel de conscience politique des Français. Ainsi dans un article repris dans l’Humanité nous pouvons noter que « 71% des Français déclarent avoir une mauvaise opinion de l’économie de marché, 69% du capitalisme et 66% des banques », que « 64 %, plus de 6 sur 10 ont le sentiment que la situation va pousser la population à se révolter pour manifester violemment son mécontentement »…
Ces chiffres soulignent combien le peuple est en avance par rapport à la plupart des élus et aux dirigeants des partis censés le représenter, notamment à « gauche » et dans la « gauche de la gauche » autoproclamée.

Le mécontentement populaire évoqué par ce sondage est profond. S’il tend à se généraliser dans le monde du travail, son expression est, pour le moment freinée en raison de l’absence, au sommet des appareils, de dirigeants politiques et syndicaux déterminés à mener de manière conséquente la lutte de classe, qui de nos jours, a pris un caractère national tout en s’inscrivant dans le combat pour le rétablissement de la souveraineté populaire. Cependant, le mouvement populaire qui couve pourrait surgir à tout moment, dans la rue, dans les entreprises et ailleurs. Comme cela a déjà été dit : « une étincelle peut mettre le feu à la plaine ». Dans cette hypothèse, c’est la base populaire militante qui devra s’organiser afin de suppléer à la carence des chefs de partis faillis, incapables, renégats ou achetés, ainsi qu’à celle des syndicalistes jaunes qui accompagnent l’euro-dictature. En sera-t-elle capable ?

De nombreux réseaux militants existent et sont mobilisés, il est souhaitable qu’ils recensent leurs convergences et définissent s’ils le souhaitent, un processus menant à leur coordination. Des groupes de gaullistes, qui demeurent attachés à « une certaine idée de la France », à l’indépendance nationale et à la souveraineté populaire, se sont formés. Des comités républicains et laïques sont présents dans tous le pays. Les bases d’une recomposition politique républicaine sont présentes et se développent, même si dans certains cas un travail de clarification politique et idéologique s’avère indispensable.

Dans la mouvance communiste, la situation est complexe. L’assise politique du groupe « mutant » qui, à la tête du PCF, s’appuie sur l’appareil de permanents salariés, rétrécit d’autant plus vite que le nombre des élus du PCF diminue régulièrement, résultat d’une politique d’alliance inconséquente et d’une ligne politique européiste et social-démocrate, coupée du peuple et de la nation.

Difficiles à chiffrer, les militants communistes qui, souvent sans rien renier de leur idéal et de leurs convictions révolutionnaires, ont été amenés à s’écarter du PCF et de la voie de dégénérescence politique de ses dirigeants, sont certainement plus nombreux que ceux qui sont demeurés dans le parti. Ils représentent une force potentielle.

Des groupes d’opposition à la ligne liquidatrice dominante se multiplient partout. Certains s’organisent dans le Parti, tandis que d’autres ont préféré se situer à l’extérieur de celui-ci. Une démarche de concertation, de rassemblement et d’unité d’action est souvent souhaitée. Cette volonté unitaire est fort justement exprimée, en particulier par nos amis du PRCF. Le caractère crucial de la situation actuelle et la nécessité pour notre pays d’avoir un parti communiste politiquement armé pour y répondre, devrait inciter à ne pas perdre de temps dans cette démarche et à laisser de coté les quelques problèmes d’ego qui peuvent exister.

Au sein du Comité Valmy, des militants des différentes sensibilités républicaines travaillent ensemble et s’enrichissent mutuellement. Avec la constitution de l’Arc Républicain de Progrès, ce rassemblement s’élargit en s’inspirant de l’exemple de la Résistance et des principes du programme du CNR, se construit autour de la perspective d’union du peuple de France et de la constitution d’une convergence nationale et républicaine. Cette démarche politique implique le rejet de l’euro, monnaie unique, ainsi que le retrait de la France de l’Union européenne et de l’OTAN.

L’Arc Républicain de Progrès estime qu’une insurrection populaire, républicaine, pacifique et démocratique est aujourd’hui possible et souhaitable. Elle serait bien en phase avec la réalité actuelle et ses potentialités de ruptures progressistes. Nous réaffirmons notre confiance dans le peuple de France, riche, entre autres, des expériences de la Révolution de 1789, de la Commune de Paris ainsi que de celle de la Résistance nationale et antinazie.

Claude Beaulieu
18 avril 2010

14 Messages de forum

  • Cher claude je partage completement ton analyse ,cependant concernant le PCF je pense que c’est à l’interieur du parti qu’on peut inflechir la ligne politique il y a de nombreux militants dévoués qui se sentiraient moins seuls si tous les communistes authentiques qui ont quité le PCF y readheraient. je le repéte tous ceux qui demissionné n’ont rien creé,cela dit tu sais que je suis Communiste et Gaulliste c’est bien en regroupant les Patriotes comme dans la Resistance qu’on sauvera la Patrie et que notre peuple pourra etonner le monde encore une fois.

    VIVE LA REPUBLIQUE VIVE LA FRANCE ET L’ALGERIE

    • Tout a fait d’accord avec vous, C.Beaulieu pour son appel, car il est déjà bien tard et plus nous attendrons, plus le chemin pour remonter la pente, c’est à dire reconstruire la République sera long et difficile !

      Marat el Mokrani, parce que pour faire ce qui nous attend, remettre les choses en route dans le bon sens, il nous faudra des "cadres" sincéres, compétents et dévoués tels les patriotes gaullistes ou/et communiste commes ceux qui n’ont pus rester au PCF ces derniéres années à cause de sa ligne déconcertante.

      Voir en ligne : http://www.dazibaoueb.fr/article.ph...

  • J’adhére pleinement à cette analyse

    Nous pouvons espérer un soulèvement populaire pour raison de "famine" dans un premier temps les usines qui ferment , et une société qui se paupérise alors qu’une certaine minorité s’enrichit honteusement Il restera à éduquer un peuple en lui dévoilant les vraies causes

  • Il faut, bien sûr, éduquer le Peuple avant qu’il ne soit récupéré par un extrémisme qui le mènerait à la catastrophe.

    C’est dans ce but que naissent un peu partout des universités populaires et citoyennes. En étant une fidèle auditrice, je peux témoigner qu’elles instruisent ce peuple sur la réalité des problèmes qui le concernent et l’ éclairent autant que faire se peut, mais hélas les "étudiants" sont encore peu nombreux. Les intervenants bénévoles dispensent des cours à la portée de tous et très enrichissants.

    Oui c’est le moment ou jamais de s’informer pour comprendre et lutter.

    VIVE L’EDUCATION DU PEUPLE PAR LE PEUPLE ET POUR LE PEUPLE !

  • Ce serait beau, en effet... ça rappellerait la révolution des oeillets au Portugal. Celle qui a mis des fachos, avec ou sans monocle (ex.Spinola), dans les avions pour l’étranger. Quelques années plus tard, ils étaient revenus, plus riches et, politiquement et économiquement, plus agressifs qu’auparavant. Voyez où en sont les Portugais en ce moment... De quel pacifisme parlons-nous ? Ne confondons pas sensibilité et sentimentalisme, pacifisme et naïveté... Il y a une sorte de pacifisme qui confine à la complicité passive et va même, chez certains, jusqu’à l’acceptation de l’esclavage... pardon, de la fatalité : "ça a toujours été comme ça..." Et bien, alors...
  • Quand il est fait appel au Conseil National de la Résistance, je ne peux qu’applaudir, mais il y a un paramètre que l’on a tendance à oublier : la décadence de la réflexion politique de toute une couche de la population qui s’imagine détenir une parcelle de pouvoir, alors qu’elle n’a fait que subir la désinformation pour ne pas dire le « lavage de cerveaux » de plusieurs décennies d’une philosophie nord-américaine.

    Cette frange représente principalement des cadres de moyen et haut niveau qui détiennent effectivement une certaine connaissance technologique sans laquelle une nation ne peut avancer dans le progrès indispensable à l’établissement d’une justice sociale.

    Pire que le dénuement financier, la perte de la compétence peut ravaler une nation à l’état de PVD.

    Au lendemain de la guerre le C.N.R. avait compris que la confiance dans l’homme et son intelligence était le meilleur « investissement » possible pour promouvoir le « bien être » et surtout la juste répartition des fruits de la croissance. Je suis très admiratif de tous ces chefs d’entreprises (aux salaires résonnables) issus du CNR qui ont façonné des pans entiers de l’économie française que nous bradons actuellement sans vergogne, et qui nous ont fait vivre pendant un demi-siècle.

    Dans cette « révolution » il nous faut encore obtenir l’assentiment au delà de celui des techniciens et des ouvriers (ou ce qu’il en reste) , mais de la frange « créatrice » d’une certaine modernité.

    Si, « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme » , la réciproque est aussi vraie…et nous vaincrons car l’homme ne peut vivre sans un minimum de justice.

  • C’est très bien tout cela !

    Mais est-ce que vous êtes allé voir sur Internet ?

    Il y a un homme en ce moment qui défie la chronique et qui propose des choses pertinentes pour rassembler, sortir la France de cette "Union Européenne" et guider notre pays vers le haut !

    Cherchez bien, ce n’est pas si compliqué.

    Bravo à Marat El Mokrani pour sa phrase :

    "je suis Communiste et Gaulliste c’est bien en regroupant les Patriotes..... qu’on sauvera la Patrie....

    • Je suis pour l’indépendance économique et politique de mon pays, et je suis aussi pour sortir de l’OTAN et de L’U.E. Je soutiens donc ceux qui, à gauche, sont sur les mêmes positions, dont les Gaullistes, car ces positions me semblent progressistes. Par contre, je ne comprends pas comment on peut se dire gaulliste ET communiste, ce que j’ai lu sur plusieurs réponses. Pourrait-on m’expliquer ? Il y a quand même des différences...notamment au regard du passé. Si communistes et gaullistes peuvent (et doivent) se retrouver sur certains points, ils doivent respecter ces différences.
  • Vous signez là un de vos plus beaux articles. "Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est pour le peuple et pour chaque portion du peuple le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs." Article 35 de la déclaration de droits de l’homme et du citoyen du 24 juin 1793. La forme insurrectionnelle "vient" aux luttes par la force des choses, par le choix fascisant de ce gouvernement devenu illégitime, ultra-minoritaire dont l’essence est de défendre les intérêts particuliers du grand capital supra-national au détriment de la souveraineté populaire bafouée. Qu’a été la forme prise par la lutte anti-CPE sinon une forme insurectionelle pacifique et démocratique ? Forcément démocratique sinon aucun rapport de forces positif n’aurait été possible.
  • Le capitalisme est-il responsable de la crise financière ?

    La démocratie est-elle un rempart contre le réchauffement climatique ?

    Ces deux questions, apparemment non liées, font actuellement l’objet de multiples débats.

    Cette confrontation " idéologique" m’incite à réagir car il me semble que les arguments très classiques qui s’opposent relèvent d’avantage de la « conviction » que de l’étude précise des faits et des prétendues vérités qui sont habituellement mises en exergue.

    A : Le capitalisme est-il responsable de la crise financière (et du désordre du monde) ?

    La « culture de gauche », l’affirme et dispose que la captation de la plus value est à l’origine de l’exploitation de l’homme pas l’homme.

    L’argument n’est ni neuf, ni faux, juste incomplet.

    L’exploitation de l’homme par l’homme est bien antérieure au capitalisme et celui-ci ne saurait être responsable de tout, même si son influence est très importante, rayonnante.

    De grands esprits continuent d’approfondir des analyses très savantes , émettent des hypothèses, brillantes, publient des sommes pour prouver et enseigner la cohérence de leurs raisonnements et démontrer par a+b, de façon « scientifique », que c’est le capitalisme qui est la cause de tous les disfonctionnements du monde et que la solution passe par le socialisme, révérence obligée à MARX.

    Or, tout n’est pas dans l’exégèse et l’application d’une analyse politique aussi précieuse et juste qu’elle soit, pour l’essentiel, puisque nous le savons, le diable est dans les détails.

    Des « régimes politiques » se sont construits à partir des analyses socialistes, avec des bonheurs divers, pour faire échec au capitalisme.

    Ce « socialisme réel » a permis des avancées concrètes, notamment au bénéfice des populations délaissées par les autorités politiques antérieures : partage des terres, création de régimes sociaux, instauration de la laïcité, création de systèmes de soins ou d’enseignement publics , de crèches, d’infrastructures et de services indispensables notamment pour les personnes âgées, les handicapés, etc.

    C’est un fait certain que des « politiques » très positives ont été conduites dans les pays alors situés derrière le "rideau de fer", ou par exemple, à CUBA.

    Nier cela serait faire fi de la vérité.

    Mais ces réelles avancées ont eu des contreparties, négatives, souvent terribles (emprisonnements discrétionnaires des opposants, en grand nombre, dans des camps immondes, de travail ou de "rééducation", tortures, assassinats, "disparitions"…) niveau de vie plus faible.

    Des guerres et des guerres civiles , dont certaines sont encore en cours, ont jalonné l’histoire du socialisme réel, et provoqué, souvent dans la douleur mais pas toujours, la fin de ces « régimes politiques » si l’on peut qualifier ainsi les pratiques abjectes de quelque qu’Etat que ce soit, lorsqu’il nie les droits élémentaires de vivre et de penser différemment.

    Ces régimes " socialistes", dans les faits, par les crimes dont ils étaient coupables, préparaient « l’alternance » c’est-à-dire la restauration du modèle capitaliste qu’ils prétendaient combattre.

    Les peuples-classe n’étaient ni en charge de leur destin, ni en situation d’échapper à ces pratiques.

    Une avant-garde, une élite, une caste dirigeante s’était emparée du pouvoir de la façon la plus traditionnelle qui soit, pour les motifs de tous temps les plus convenus : l’orgueil de la raison, les aises de fonction, la cupidité, la latitude qu’offre le droit lorsqu’on a pu le plier au service de ses propres vues… (liste non limitative).

    Comme bien souvent, les mots ont servi à détourner le sens des actes accomplis.

    On parlait alors de démocraties populaires mais ces régimes là n’étaient ni démocratiques, ni populaires et ne pouvaient être l’instrument d’une réelle libération.

    Ils n’étaient que platement conformes à l’histoire et aux idéologies de toutes sortes, qui, depuis la nuit des temps, derrière un paravent verbeux, dissimulent une prétention aristocratique- venant du haut - celle que s’octroient ceux qui prétendent parler au nom et dans l’intérêt du peuple, à sa place.

    Des démocraties se sont construites en opposition à ces pouvoirs, dans un rapport de forces, qui devait tout changer mais n’y parvint guère.

    A l’usage, les changements obtenus par "la démocratie" ne constituent ni une preuve, ni une garantie de progrès.

    En démocratie vécue, les peuples sont toujours représentés par des partis politiques qui sont chargés, même s’ils s’en défendent, de veiller à la consolidation des intérêts de différents groupes économiques et sociaux .

    Ils font vivre une émulation qui oblige au compromis mais rend difficile la prise en compte des besoins minoritaires ou nouveaux, et paradoxalement, négligent le droit de la collectivité.

    Les intérêts locaux sont également pris en compte, le plus souvent quand ils sont liés à la satisfaction des intérêts dominants.

    En démocratie vécue, les citoyens sont représentés mais ils n’exercent jamais les responsabilités directement.

    La démocratie n’est donc qu’un progrès apparent : l’aristocratie domine le pouvoir qu’il soit socialiste ou capitaliste et c’est seulement à la marge que ces régimes, au total, se différencient.

    En France, la constitution de 1958 porte très haut l’exigence démocratique puisque son principe est : gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple (art2.).

    Mais c’est une clause de style car l’activité politique est désormais entre les mains très intéressées d’une classe professionnalisée, grassement rémunérée, largement liées à des intérêts particuliers, cooptée de génération en génération qui incarne et verrouille cette soit disant démocratie.

    D’un bord comme de l’autre des familles entières se passent le flambeau du pouvoir, soit par lien du sang, soit en raison d’appartenance à des institutions, à des partis au service des groupes dominants discrets, parfois invisibles mais toujours puissants.

    On voit là que les apparences ne peuvent masquer la réalité : ce qu’il y avait de positif dans la perspective démocratique est mort.

    La dernière élection européenne a montré que les peuples ne suivent plus leurs représentants et que ces derniers s’accommodent fort bien de cette usurpation de liberté.

    En France, les professionnels de la politique, réunis en Congrès, à VERSAILLES le 4 février 2008, à l’exception de quelques uns d’entre eux, ont commis une forfaiture dont il faudra un jour prochain tirer des conséquences.

    Ceci explique que tous les repères ont désormais disparus.

    Une simple alternance ne saurait régler de façon satisfaisante la responsabilité de la classe politique puisque celle-ci ferait appel aux mêmes personnes, utiliserait les mêmes réseaux, capterait les mêmes clientèles et laisserait sombrer dans le désintérêt le plus noir l’immensité des citoyens qui ne votent plus ou seulement contre, par ce que ces simagrées de démocratie ne les intéressent pas.

    Le risque est grand de prolonger indéfiniment l’oppression dont sont déjà accablées les classes populaires et les citoyens en général.

    Seule une modalité nouvelle peut avantageusement suppléer à l’organisation politique actuelle.

    C’est pourquoi il faut être bien naïf ou aveugle pour avancer que la démocratie est encore une des clés de la lutte contre le capitalisme alors que celui-ci est le produit, direct et certain, recherché du détournement savamment orchestré de la démocratie qu’il contrôle de bout en bout en la finançant ne serait-ce qu’à la marge.

    Comment et surtout pourquoi défendre la démocratie, alliée objectif du capitalisme, compagne du nazisme, caution de bien des néo dictatures venues au pouvoir par les urnes mais agrippées à celui-ci par nombre d’actes illégaux et criminels ?

    Comment défendre encore la démocratie lorsqu’elle s’accommode au plan international, par "réalisme", des pires formes de pouvoir, y compris théocratiques dès lors que des "intérêts" économiques sont en jeu, pétroliers, industriels ou géostratégiques ?

    Maintenir l’usage d’un mot dévoyé, d’une pratique détournée, la démocratie, n’est pas de bon augure dans le combat qu’il faut engager aujourd’hui, pour que le citoyen s’approprie sans délai le droit d’agir par lui-même.

    Ce ne sont pas les principes démocratiques qu’il faut jeter, mais les usages approximatifs qui en sont faits, les pratiques qui préfèrent la forme au fonds, les mensonges et les accommodements qui blessent la raison et l’honneur et font perdre au mot de démocratie toute valeur au point qu’y faire référence aujourd’hui c’est créer une regrettable confusion.

    Il est plus judicieux d’employer le terme de démopédie, inventé par Pierre Joseph PROUDHON pour créer un clivage entre l’existant politique et son dépassement positif.

    La crise financière ne sera pas réglée par le capitalisme qui en profite grassement, mais par l’abandon de toutes les pratiques dites démocratiques auxquelles il faut substituer la vigilance et l’implication la plus directe possible du citoyen par des délégations, partant de la base, thématiques, de durée moyenne, contrôlables, révocables et précises, constitutives d’une nouvelle façon de gouverner réellement dans l’intérêt du plus grand nombre.

    Alors qu’on nous incite à penser que la gauche et meilleure que la droite, (ou l’inverse), ce qui est la vieille manière de diviser pour régner, alors qu’on nous susurre que l’écologie politique ce n’est pas le libéralisme dont elle est pourtant partie intégrante ( ce que reconnaissent ses principaux dirigeants) , alors que tout ramène à une vénalité générale, il nous faut apprendre à décider en conscience, en nous même d’abord, plutôt que de faire confiance, à un parti, un groupe de pensées où à un chef.

    L’éducation populaire et l’éducation nationale sont là pour çà et sont irremplaçables à condition qu’elles ne s’enferment pas dans des argumentaires trop classiques et la redite de vérités simplistes trop affirmées pour être encore crédibles.

    La démocratie est-elle un rempart contre le réchauffement climatique et la « crise » écologique ?

    Tous les instruments à notre disposition pour comprendre ce qui se passe sur le plan écologique sont douteux. Le fameux GIEC a été installé par une grande" démocrate", adepte du tout marché, Margaret TATCHER, avec l’aide, un brin intéressé, des multinationales. La lutte nécessaire contre les rejets de la production industrielle débouche désormais sur un droit à polluer, doublé de la possibilité de faire de l’argent, à bon compte, sur le dos des consommateurs, et crée un nouvel espace de spéculation boursière. Penser que le capitalisme peut être aménagé pour obtenir, à moindre coût, des résultats satisfaisants sur le plan écologique c’est, « croire » et se garder d’apprécier l’écart entre des intentions affichées et l’honnête vérité. Cela traduit une méconnaissance profonde de ce qui se passe actuellement dans les entreprises. La souffrance au travail n’est pas limitée aux tracasseries que génèrent les cadences infernales, aux mutations techniques de toutes natures, à l’obligation d’être hyper réactif afin de coller aux exigences des directions elles-mêmes soumises aux intolérables pressions que provoquent la recherche permanente d’une rentabilité financière à court terme, écrasante. Ce qui se passe aujourd’hui dans les entreprises est d’une autre nature et relève de l’analyse politique la plus conséquente, souvent la plus fine. A quoi sert l’entreprise ? En quoi ses productions sont-elles utiles ? Est-ce que je fais un métier responsable et solidaire vis-à-vis des générations montantes ? On sait que la démocratie dans l’entreprise est un simple slogan, une vue de l’esprit, puisque, finalement, de concentrations en délocalisations, les personnels et les cadres en particulier, souvent sans le dire par prudence, mais en le faisant savoir, ont compris qu’ils ne sont plus qu’une simple variable d’ajustement . Beaucoup estiment que tant que l’entreprise restera prisonnière des raisonnements strictement capitalistes, au sens de fournisseur de bénéfice au profit égoïste des seuls actionnaires et des impénétrables circuits de l’argent, rien ne sera possible et leur avenir incertain. Il est temps d’engager, dans l’entreprise, la réappropriation de l’outil de production, par la base, c’est-à-dire d’écrire le changement de paradigme en terme de formation du capital social et d’attribution du solde d’exploitation. Si le lien de subordination doit subsister dans le contrat de travail, pour garantir l’efficacité de l’entreprise, il ne dois plus être un moyen de discipline, mais seulement contribuer au bon développement de la production décidée, celle à venir étant normalement soumise à la réflexion et au débat, la voix de tous devant désormais être prise en compte, enfin. C’est là un préalable à la défense du droit imprescriptible d’entreprendre, sur d’autres considérations que la vénalité, comme un approfondissement du professionnalisme, un optimum de responsabilité et de réalisation personnelle. Or précisément, ces avancées nécessaires, signent la fin de la liberté mal comprise du droit d’entreprendre. Ces avancées sont incompatibles, sur le fonds, avec l’esprit spéculatif égoïste qui a longtemps caractérisé les raisons traditionnelles sur lesquelles le monde patronal ancien s’est fondé. Il exploitait le plus souvent la pénurie dans un marché a "conquérir". Depuis que l’activité productive n’est devenue qu’un élément accessoire de l’activité financière, le monde patronal s’est laissé enfermer dans des règles de rentabilité à tout prix, de plus en plus contraignantes dictées très en amont, via les banques, par les exigences impérieuses du capitalisme le plus convenu. Aujourd’hui, l’avenir est sombre et même les organisations patronales actuelles, finalement assez peu représentatives, en conviennent. La réappropriation de notre capacité industrielle et productive passe par le renouvellement complet, programmé, nuancé, des acteurs économiques qui doivent être désormais mis à la disposition des objectifs fixés par de nouveaux pouvoirs publics responsables par ce qu’émanant réellement du peuple. Certes, pour investir , il faudra toujours trouver des capitaux et il est souhaitable que ceux-ci ne viennent plus des cercles enchantés du marché financier ou de la dévolution successorale. La question du rôle de la collectivité dans l’apport en capitaux qu’elle doit consentir à la création d’entreprises, en fonction des objectifs qu’elle se donne, notamment ceux de satisfaire en permanence et prioritairement les besoins de la population la plus défavorisée, doit être clairement posée. Cela n’a rien à voir avec la distribution inconséquente de fonds publics à laquelle on nous demande d’applaudir au nom d’une « démocratie participative » alors qu’il ne s’agit là que de drainer de l’argent public, pour de mauvaises raisons électorales, vers des projets aussi clientélistes que la production d’agro carburants. C’est aussi pour de mauvaises raisons que la "démocratie participative" telle que nous la vivons, dispense des fonds publics pour le sauvetage d’entreprises en vitalité dépassée. Ainsi, les subventions accordées, sans beaucoup de discernement, pour faciliter la reprise d’activités de main d’œuvre, sans vérifier que toutes les conditions économiques sont réunies pour assurer une viabilité raisonnable, notamment par un soutien et un audit permanents, poursuivis le temps qu’il convient pour que les entreprises aidées acquièrent un réel professionnalisme et une solide assise, traduisent un despotisme et une myopie économique sévères, qui ne sauraient être confondus avec un véritable volontarisme républicain qui ne mêle pas l’argent public à l’argent privé, précisément pour ne pas spolier l’intérêt général. ___________________________ L’avenir n’est pas dans la lutte des classes mais dans le combat quotidien que le peule-classe, c’est-à-dire une citoyenneté responsable, développée, encouragée, consciente de ses droits et de ses devoirs, doit engager pour améliorer son sort, sans égoïsme. Le seul projet qui vaille n’est pas électoral mais vise à l’organisation effective d’une modalité d’action collective vraiment neuve. Il est temps de libérer les initiatives, de sortir de nos mauvaises habitudes claniques autant que des institutions européennes stipendiées… Il est urgent de participer à l’organisation d’une véritable Coopération européenne et internationale qui prolongerait la solidarité nationale restaurée afin que l’économie, qui est le partage des richesses, reprenne du sens. Après avoir légitimement protéger nos intérêts, cessons de nous comporter en conquérant car, dans un monde fini et surpeuplé c’est intolérable. La production doit satisfaire les légitimes attentes des populations les moins favorisées, ce que ne sait pas faire le marché. Nous sommes riches d’une culture deux fois millénaire qui est une des réponses à un avenir apaisé. Plutôt que de protéger nos savoirs professionnels ou industriel, à grands frais, comme un témoignage du passé, offrons les à ceux qui en sont dépourvus afin qu’ils accèdent à brefs délais à une légitime prospérité. Régis ROQUETANIERE, Poitiers le 20 avril 2010. regisroquetaniere@wanadoo.fr Auteur de "Partant de la forêt de SCEVOLLES , allons de la démocratie vers la démopédie" .Editions : La société des écrivains janvier 2007. Compagnon de Michel JOBERT. Membre d’Attac s’exprimant à titre personnel

  • Je ne suis pas d’accord avec ce qu’on nous fait vivre actuellement. Sans un nouveau projet économique qui réponde pleinement à la demande de Jean Rostand je ne me mobiliserai pas. " J’ignore quel sera le système d’économie le plus apte à assurer l’équitable distribution des biens matériels et spirituels ; mais je suis à peu prés sûr que l’époque ne peut plus être lointaine où l’on s’étonnera que durant tant de siècles, tant de choses aient pu rester le privilège de si peu de gens, et que la société ait pu se partager en groupes si inégalement traités qu’on y différait, par le quotient intellectuel, par la résistance aux maladies, par le taux de criminalité."

    L’idée que je me fais de la France est de servir toute la communauté humaine. La République restera républicaine si elle accouche d’une économie qui rende justice aux Vivants, partout sur la planète.

    • Je crois que l’union tant désiré par les uns et les autres ne peut se réaliser que sur une base de classe. J’ai aussi le sentiment que l’union de la classe ouvrière et de tous les salariés peut créer une dynamique susceptible de faire bouger les choses dans le bon sens. Cela va nécessiter un travail en profondeur considérable de toutes celles et ceux qui veulent le changement. Le parti communiste doit tenir toute sa place dans ce combat. Comme le disait Marx : "Quand une idée s’empare des masses, elle devient une force matérielle." .. et elle peut devenir une force matérielle irréversible.
  • Grèce, euro, Union européenne. Souvenez-vous.

    Manipulation, mensonge, morgue ou panique contenue ? Toute la plate-bande européiste verrouille la pensée unique. Traités de Maëstricht, de Lisbonne, création de l’euro ? Le terrorisme politico-intello-médiatique interdit d’évoquer le commencement de l’ombre d’un doute quelconque. Et pourtant, souvenez-vous...

    Le social ? Souvenez-vous ! "Le traité de Maëstricht est le premier traité européen qui comporte un grand volet social"- M.Rocard, sept1992. ‘’Comment peut-on dire que l’Europe sera moins sociale demain qu’aujourd’hui ? Alors que ce sera plus d’emplois, plus de protection sociale et moins d’exclusion..." Mme Aubry, discours à Béthune, 12sept1992. (en 2012 : quels autres sornettes et mensonges ?). "J’aimerai convaincre chaque français que le traité d’union européenne se traduira en France par plus de croissance, plus d’emploi, plus de solidarité." M.Sapin, "Le Figaro" 20août1992. "Pour la France, la monnaie unique, c’est la voie royale pour lutter contre le chômage", M.Sapin, sept 1992. (car, en plus, il insiste lourdement !). "Chaque Etat conservera la maîtrise de sa politique budgétaire et fiscale, dans des limites qui ne seront pas plus étroites que celles d’aujourd’hui." M.Balladur, "Le Monde", 29avril1992. (étroite ? vous avez dit étroite ? Quelle vision !).

    L’économie ? Souvenez-vous ! ‘’On ne peut pas tout attendre de l’Etat. L’économie ne peut plus désormais être administrée.’’ M.Jospin- 12sept1999-FR2, plan de licenciement chez Michelin. "Les Européens doivent apprendre à acheter leur vin en Australie ou en Californie, leur viande en Argentine ou au Mexique, leur blé en Ukraine ou aux Etats-Unis". M.Lamy, président OMC ! août 2003. (merci pour les Paysans français et vive l’écologie ! Pertes et profits : suicides). "Ce que nous devons faire, c’est favoriser les délocalisations au sein de l’Europe". Danuta Hübner, polonaise, commissaire européen, février 2005. "Les délocalisations sont des décisions que les entreprises peuvent et doivent prendre". M.Barroso, Président de la Commission européenne, février 2005. (avec la bénédiction de tous les gouvernements français, Gauche, Droite et syndicats confondus).

    La démocratie ? Souvenez-vous ! "Il faut savoir que les pays ne peuvent plus faire ce qu’ils veulent". Pedro Solbes, espagnol, alors Commissaire européen, février 2001. "Faire l’empire européen, tout le monde le veut !" Dominique Strauss-Kahn, juin 2004. (en 2012 : quelle autre utopie ? quel autre facétie ?). "Ce référendum est une connerie. Nous avons fait la connerie de le demander et Jacques Chirac a fait la connerie de le convoquer". M.Strauss-Kahn, janvier 2005. (Serait-ce plus facile de dissoudre la France ? Le dire en 2012 !). "Si la réponse est non, il faudra recommencer le vote car il faut absolument que ce soit oui !". M. Dehaene, ancien premier ministre belge, juillet 2004. (C’était sans compter l’entourloupe de M.Sarkosy et du Congrès pour trahir les Français). "La Constitution européenne nous apportera un ministre des affaires étrangères qui nous permettra de parler d’une seule voix tout en gardant la nôtre". M.Copé, février 2005, (alors Porte-Parole du Gouvernement. Quel porte-voix !) "Le traité de Maëstricht fait la quasi-unanimité de la classe politique. Les hommes politiques que nous avons élus sont tout de même mieux avertis que le commun des mortels !" Mme Badinter, septembre 1992.(une vraie démocrate ! rire ou pleurer ? mais elle sévit toujours et avec elle tant d’autres).

    Soumission ou coopération ? Souvenez-vous ! "Pour faire l’Europe, il faut défaire un peu la France". M.Von Thadden, ancien coordinateur des relations franco-allemandes, juin 2001. (réactions de MM.Chirac et Jospin ? avachissement).

    L’UE (laboratoire de la mondialisation furieuse) s’affirme toujours davantage pour ce qu’elle est : la connivence factuelle et sournoise des internationalistes et des capitalistes. Un agrégat d’idéologues. Comme M.Guiliani (fondation Schumann- Fr5-Cdans l’air- 3mai2010), ils jubilent ! certains de pouvoir imposer davantage de dictature supranationale à des populations désespérées et bâillonnées. Ils méprisent les Peuples, détruisent les Nations et neutralisent l’efficience des Etats.

    Les Grecs aujourd’hui, demain beaucoup d’autres dont les Français, lobotomisés par quarante ans d’idéologies internationaliste et capitaliste, vont ré-apprendre deux réalités : la souveraineté et l’indépendance ennoblissent, responsabilisent et sanctionnent. Elles sanctionnent- positivement ou négativement- en proportion du respect que l’on porte à ces deux valeurs universelles et salvatrices.

    Castelin michel-13600 La Ciotat- 03mai2010


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