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REJET DU TRAITE DE LISBONNE, L’INVRAISEMBLABLE REACTION DES POLITICIENS FRANCAIS ET NEERLANDAIS RELEVE D’UNE SEULE REPONSE EN DROIT : LE RECOURS A L’INSURRECTION C’ EST A DIRE IMPOSE LA SORTIE DE L’UNION EUROPEENNE ! par Danielle Bleitrach

mercredi 10 juillet 2013, par Comité Valmy


juin 2008

Face au rejet du Traité de Lisbonne par le peuple irlandais :, les politiciens français et néerlandais se prononcent pour la poursuite du processus de ratification (officiel)

“Ils” sont vraiment incroyables. Lors du référendum du 13 juin dernier, les Irlandais ont rejeté à la majorité des voix le nouveau traité dit de Lisbonne et remettent donc en cause irrémediablement son entrée en vigueur le 1 janvier 2009, puisque la seule légalité est l’unanimité surtout en matière constitutionnelle. L’Irlande est le seul pays, où le traité doit être approuvé par référendum national. Dans les autres pays, il a été ratifié par les parlements. Et les deux pays qui avaient repoussé le traité Constitutionnel l’ont vu re-rentrer par la petite porte, grâce à des politiciens de droite et de gauche qui n’ont pas craint de violer la volonté majoritaire de leur peuple.

Non contents d’avoir agi ainsi, ces politiciens dont les peuples ont refusé le Traité Constitutionnel, à savoir le peuple français et néerlandais, devant le refus du traité dit de Lisbonne par le peuple irlandais, tiennent des propos incroyables.Ils font ce faisant la démonstration que l’Europe n’est pas reformable, (outre le fait qu’eux-mêmes doivent être impérativement renvoyés) quelle est alors la solution ?

Les réaction à Paris :

Nicolas Sarkozy a estimé que « les autres pays devaient continuer à ratifier le traité, de façon à ce que cet incident irlandais ne se transforme en crise ». Alors qu’il s’apprête à prendre la présidence de l’Europe, Nicolas Sarkozy veut tirer les leçons du référendum : « Le « non » irlandais est une réalité politique et on doit l’accepter. » « Ce vote n’est ni un hasard ni une surprise mais un appel à faire davantage, mieux et différemment. Beaucoup d’Européens ne comprennent pas la façon dont on construit l’Europe en ce moment. Notre devoir est d’être plus efficaces au service de la vie quotidienne des Européens. » Le Président « pense à une politique européenne de l’immigration et à une réponse européenne à l’augmentation du prix du pétrole ».

Jouyet : « Revoter »

Le secrétaire d’État aux Affaires européennes, Jean-Pierre Jouyet, estime qu’il n’y a pas d’autre solution, pour sauver le Traité de Lisbonne, qu’un nouveau vote des Irlandais. « Il faut que le processus de ratification aille à son terme et, pendant ce temps, laisser aux Irlandais le temps de la réflexion, savoir si moyennant quelques médiations, ou demandes de leur part, ils peuvent revoter. » Jean-Pierre Jouyet pense à une « adaptation » du texte pour ce seul pays, dont il rappelle qu’il a un statut neutre.

LA HAYE, 14 juin (1) La Hollande est déçue de ce que les Irlandais aient voté contre le Traité de Lisbonne, pourtant elle envisage de continuer le processus de ratification, a annoncé samedi Jan Peter Balkenende, le premier ministre des Pays-Bas, à l’issue du référendum en Irlande.

“Le “non” irlandais ne signifie pas que nous-mêmes et les autres pays membres de l’UE doivent cesser le processus de ratification du Traité de Lisbonne. Il n’y a aucune raison pour le faire”, a déclaré aux journalistes M. Balkenende.

Le Traité de Lisbonne a été approuvé le 5 juin dernier par la chambre basse du parlement hollandais. Bientôt, il sera examiné par la chambre haute. (2)

Face à un tel déni de droit quelle solution reste-t-il ?

Ces politiciens se rendent-ils compte à quel point ils font la démonstration par leur mépris du vote des peuples que l’Europe n’est pas réformable, à quel point il s’agit d’un montage anti-démocratique qui toujours s’opposera aux exigences des peuples pour le profit d’une minorité.

Face à une telle attitude la seule solution est de se conformer au sens réel des votes des peuples : il faut sortir de cette Europe, ne plus appartenir à des institutions qui non seulement ont pour objectif de démanteler les protections sociales, les services publics, de peser sur les emplois et le pouvoir d’achat, de développer des politiques xénophobes et bellicistes, mais également affirment haut et fort que quelque soit la volonté des peuples il en sera toujours ainsi.

Toute République, toute démocratie, à partir du moment où elle récuse le droit divin comme base du pouvoir, repose nécessairement sur le droit à l’insurrection d’un peuple dont on ne respecte pas la volonté. C’est la base de toute la réflexion de la modernité, s’il n’existe plus ce droit à l’insurrection comme ultime recours, la violence légitime de l’Etats devient tyrannie. Donc la seule réponse démocratique devant un tel déni est l’insurrection. L’insurrection est le fait de s’élever contre le pouvoir établi en visant à l’abolir, les formes de l’insurrection sont diverses. Notre révolution française héritière des Lumières et de toute la réflexion sur la “modernité” a établi dans sa Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1793 , ce doit, il est énoncé en son article 35 :« Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs ».

L’équivalent de l’insurrection serait dans ce cas d’ imposer la sortie de ce mauvais lieu, de ce coupe gorge qu’est l’Union Européenne et par exemple d’exiger ce choix du parti politique auquel on adhère ou que l’on soutient.

Mise en ligne CV : 15 juin 2008

4 Messages de forum

  • Insurrection en Juin 2009. ‘’Les imbéciles qui nous gouvernent’’ (A.Santini) depuis 34 ans, les intellos qui nous gavent et les guignols qui désinforment avaient tout mis en œuvre. Une fois encore la dictature européenne est vaincue. Après les Français et les Hollandais, les Irlandais infligent la correction que mérite le despotisme…l’endoctrinement …la jactance tyrannique. Pour les Français la suite est simple. Les élections européennes de juin 2009 doivent devenir une motion de censure, une insurrection, contre ce trio malfaisant. Nouvelle opportunité pour redire NON ! Non à la liquidation de la personnalité de la France, de son identité, de la souveraineté du Peuple Français, de l’indépendance de l’Etat. Non à l’Europe totalitaire qui persiste à imposer avec cynisme une constitution supranationale au lieu de promouvoir une Europe des Nations qui participent de plein gré à des coopérations d’importance et durée variables. Non à la libre circulation des capitaux, des personnes, des biens et des services : foutoir capitaliste et internationaliste, conçu pour dissoudre les Peuples, détruire les Nations, paralyser les Etats. Non à la mondialisation furieuse, aux délocalisations et aux privatisations qui provoquent la pauvreté, l’anarchie et, demain, les guerres civiles. Non à l’obligation ‘’d’accueillir toute la misère du monde’’ (Rocard) et la submersion migratoire. Non à la décentralisation inégalitaire, au communautarisme rampant et la dénationalisation du droit de vote (voulus par la constitution de Bruxelles) qui détruisent la République française. En somme, NON au carnage politique, économique, civique et sociétal de l’UMPS et de leurs ramasse –miettes écologistes, centristes ou révolutionnaires. Toute cette clique qui depuis 34 ans- dans une complicité sournoise- négocie, approuve et signe dans notre dos les traités qui conduisent à l’impuissance de l’Etat et à la spoliation économique. Tout candidat-député qui ne développerait pas ces thèmes devra être éliminé. Castelin Michel
  • Votre analyse de la nature réactionnaire, anti-démocratique et anti-sociale de l’Union Européenne sous sa forme actuelles est pertinente, mais elle s’applique également à l’Etat bourgeois national. Nous vivons au quotidien le démantellement des services publics, des acquis sociaux, etc., par les gouvernants français. Doit-on pour autant considérer que l’Etat français n’est pas réformable et appeler à en sortir ? En réalité, la tentation du repli nationaliste, facteur de division des classes exploitées, est un des pièges qui nous sont tendus par les promoteurs de l’Europe libérale. Les capitalistes disposent des moyens (fuite des capitaux, délocalisations,etc.) de mettre en échec la politique d’un gouvernement qui choisirait de sortir de l’U.E. : le coût d’un tel choix serait tel qu’il conduirait inélucatblement à un échec politique historique, ouvrant la route à une nouvelle offensive libéral encore plus importante. Pour s’opposer à une politique qui frappe églalement tous les travailleurs d’Europe, il n’y a pas d’autre voie que de renouer avec la tradition internationaliste et de retourner la construction européenne contre les libéraux, en s’appuyant notamment sur les aspirations de la jeunesse qui ne peut se reconnaître dans une démarche nationaliste.

    Voir en ligne : Retournons la construction europénne contre les libéraux

  • En effet Daniele a raison ! En ce qui concerne le PRCF (pôle de renaissance communiste en France) nous défendons cette position du retrait de l’UE depuis toujours, c’est la raison pour laquelle notre mot d’ordre en 2005 était "non à TOUTE constitution européenne" et cela parceque la nature de l’UE est capitaliste et que vouloir une"europe sociale" comme le bêle hélas certains à gauche c’est vouloir un requin végétarien ! Le PRCF a fait une déclaration et des propositions aux progressistes et aux républicains (voir notre déclaration sur le site du PRCF), éspérons que nous saurons nous unir dans l’action.

    Antoine Manessis

  • Yannick Rijkelinck : « En réalité, la tentation du repli nationaliste, facteur de division des classes exploitées, est un des pièges qui nous sont tendus par les promoteurs de l’Europe libérale. »

    Il est illusoire de supposer que les classes exploitées puissent jamais se fédérer efficacement au niveau européen ; elles ne le peuvent qu’au niveau national. Ce n’est en effet que dans le cadre national que le peuple est en mesure d’influer sur le cours des choses. Les peuples, au contraire des oligarchies apatrides, sont très mal à l’aise dans les instances supranationales, quelles qu’elles soient, ou dans les cénacles où seule la langue anglaise est autorisée. Les oligarchies le savent pertinemment bien, et c’est pour cela qu’ils insistent que les États-nations soient progressivement démantelés. Alors, cessons de rêver d’une autre Europe, qu’on en finisse avec cette Europe comme religion.

    Il est exact que les États nationaux bourgeois mènent une politique de casse sociale, mais c’est souvent, et de plus en plus souvent, à l’instigation de l’Union européenne, et avec son auguste caution, afin de mieux faire avaler la pilule. Prenez la récente mesure de la Kommission de Brussels sur la durée maximale du travail : un gouvernement national eût-il pu, sans occasionner des dégâts (électoraux) pour lui-même, faire adopter une telle mesure ? Sans doute pas, et c’est l’Europe qui s’en charge donc, forte de ce qu’elle n’a de comptes à rendre à personne, et en comptant une fois de plus sur les indécrottables bonnes dispositions des peuples d’Europe à l’égard de cette généreuse idée européenne, qu’il serait incongru de remettre en question le moins du monde — quoique : « indécrottables », ai-je dit, cependant on note une montée en puissance de l’euroscepticisme dans tous les pays européens.

    Enfin, je ne dissimule pas mon agacement devant ce reproche de « repli nationaliste » (combien de fois n’a-t-on pas entendu cette expression, élimée jusqu’à la corde ? Faites-nous le plaisir de changer de disque). La nation, qu’il convient de discréditer quand on veut montrer qu’on a de l’ouverture d’esprit et qu’on s’élève au-dessus de la masse, loin d’être un repli sur quelque chose d’étriqué, est au contraire une ouverture sur un patrimoine commun, dont on est le dépositaire et dont on s’enrichit, et sur les autres, car la nation détermine aussi un important cadre de solidarité. De plus, l’appartenance nationale apporte à la plupart des gens des repères, une identité, une substance, et aussi une fierté — fierté qui au demeurant s’accommode très bien de l’orgueil des autres nations : on peut très bien chérir sa patrie, oeuvrer à son épanouissement, et aimer d’autres pays, savoir admirer ce que font les autres nations. Foin donc de ces simplismes : nation=étroitesse, =guerres, =idée de droite.


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