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Portugal : la droite perd sa majorité absolue...
Premières réflexions
par Jean LEVY

mardi 6 octobre 2015, par Comité Valmy


La nouvelle Assemblée portugaise

Portugal : la droite perd sa majorité absolue...

Premières réflexions

Au lendemain des élections portugaises

La droite, associée depuis quatre ans à la politique d’austérité imposée par l’Union européenne et le FMI, perd sa majorité à l’Assemblée. Les Portugais ont rejeté la misère issue de cette politique dictée par Bruxelles et mis en musique par les deux partis de droite PSD et CDS) associés au gouvernement depuis 2011.

Ensemble, ils ne recueillent que 38,6% (contre 50,4% au précédent scrutin), et 104 sièges (alors qu’il en faut 116 pour gouverner seuls).

La coalition au pouvoir a ainsi perdu 650.000 voix en quatre ans

Ils étaient précédemment majoritaires.

Mais le rejet populaire s’est d’abord caractérisée par une abstention record : 43% du corps électoral a déserté les urnes (37% en 2011). Le PS aux affaires avant le précédent scrutin, ayant mené la même politique d’austérité, et,de plus, éclaboussé par les scandales ayant conduit Socrates, leur leader en prison, ne bénéficie pas du recul de la droite : il ne totalise que 32,4% des suffrages et 85 sièges, malgré une campagne démagogique de "gauche".

C’est le "Bloc de Gauche" qui bénéficie de cette situation. Critique de la politique européenne d’austérité, ce parti que l’on peut assimiler à une variante portugaise du Syriza grec, obtient 10,2% (5,2% en 2011), et 19 sièges (8 en 2011), passant devant la Coalition Démocratique Unitaire (Parti communiste et Verts), qui améliore son score avec plus de 8,3% (contre 7,86% en 2011) et son nombre de députés :17 au lieu de 14

La nouvelle Assemblée n’a donc pas de majorité claire.

La droite, avec 104 élus sur les 230 que compte l’Assemblée, ne peut gouverner seule. Elle propose au PS de former le nouveau gouvernement. Leur alignement commun sur la politique de Bruxelles permet d’envisager cette éventualité.

Mais Antonio Costa, le leader socialiste, compte-tenue de ses engagements électoraux très critiques vis-à-vis de la politique menée par la droite, hésite à se déjuger aussi vite.

L’autre alternative serait d’associer la majorité qui se réclame de la gauche : PS, CDU et Bloc de Gauche. Ensemble ils disposent de 121 sur 230.

Mais pour faire quelle politique ?

La rupture avec celle de l’oligarchie financière européenne en s’opposant à sa politique d’austérité ?

C’est ce que préconisent les communistes, alliés aux Verts.

Mais, naturellement, le PS n’ a pas cette option.

En proposant la voie introuvable d’une "Europe sociale", selon les vœux du Bloc de Gauche, l’exemple grec en démontre l’inanité.

Ou alors, reniant ses promesses, le PS ne va-t-il pas s’associer, en le soutenant de l’extérieur, un nouveau gouvernement de la droite, dont l’essentiel des options lui sont communes... à moins d’y participer directement, sous prétexte d’influencer ses choix ?

De toutes manières, le nouveau gouvernement va refléter le malaise de la société portugaise, et compte-tenue de l’arithmétique parlementaire, la marge de manœuvre de la classe politique sera limitée par l’hostilité de la grande majorité du peuple lusitanien hostile à sa mise en esclavage sous férule européenne.

Certes, les illusions sur une "Europe sociale" réduisent la possibilité d’une véritable alternative. La malheureuse aventure de Syriza en Grèce n’a pas encore les yeux.

Mais, en fin de compte, c’est le peuple, qui dans la rue, fera la différence !

Jean LEVY
5 Octobre 2015


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