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Air France

Vous avez dit violence ?
Front Syndical de Classe

mercredi 7 octobre 2015, par Comité Valmy


La lutte de classes est la base de l’unité, son motif le plus puissant. C’est pour la mener avec succès en rassemblant l’ensemble des travailleurs que fut fondée la CGT.« La régression sociale ne se négocie pas, elle se combat ! » H. Krasuck

Vous avez dit violence ?

La direction d’Air France, le gouvernement, les experts du Medef et des médias (ce sont souvent les mêmes) n’ont pas de mots assez durs pour dénoncer les voyous, les « violences » et les chemises déchirées de cadres d’Air France par des salariés exaspérés par le chantage et le plan social promis par les dirigeants. On ne les entend guère en revanche quand se multiplient les suicides de salariés malmenés au travail ou jetés par les plans sociaux. Chez ces gens-là, Monsieur, on a la violence sélective.

La CFDT, jamais en reste d’un mauvais coup contre les travailleurs, a quant à elle « condamné sans réserve et avec la plus grande fermeté les violences indignes survenues »…

Un certain nombre de réactions, en particulier à la CGT, sont heureusement venues rappeler que derrière la colère des salariés, il y a une violence, la vraie, celles qui réduit à la misère, qui condamne au chômage et à la précarité, qui multiplie les plans sociaux, qui humilie et méprise « ceux d’en bas », les « sans dents » comme le dit un président de la République en exercice (de gauche bien sûr). Et la vindicte de Valls et Hollande contre les salariés d’Air france, au nom de la compétitivité de l’entreprise, ne peut cacher que pour vendre les Rafales de Dassault au Qatar ils ont ouvert les aéroports de Lyon et de Nice à Qatar Airways, liquidant ainsi selon les estimations au moins 300 emplois à Air France.

Comme le disait B. Brecht, « On dit d’un fleuve emportant tout qu’il est violent, mais on ne dit jamais rien de la violence des rives qui l’enserrent. »

Pour se convaincre de la violence réelle et symbolique du pouvoir, comment en l’occurrence ne pas rappeler la morgue aristocratique[1] du Président d’Air France, déjà responsable au nom du profit de 15000 suppressions de postes dans la compagnie, vomissant les « acquis sociaux » et faisant applaudir les pays où les grévistes sont envoyés en prison, pendant qu’il augmentait en un an son salaire de 72 % (https://www.youtube.com/watch ?v=b4kKEJ0KgXs) ?

En réalité, face à la résistance présente et à venir contre la politique anti-sociale imposée d’une main de fer par le Capital, l’UE et les gouvernements nationaux, c’est tout un système de violence généralisée contre les travailleurs qui se met en place, du contrôle permanent des pauvres et des travailleurs (contrôles d’identité dans les quartiers populaires, contrôles incessants pour les chômeurs…), à la répression syndicale en passant par le soutien aux forces les plus réactionnaires aux quatre coins du monde. Et le cœur de cette violence, qui sue par tous les pores du capitalisme actuel, c’est cette UE qui se définit elle-même depuis Maastricht comme une « économie de marché ouverte sur le monde où la concurrence est libre et non faussée », en clair, comme la loi absolue du capital brisant toutes les protections sociales.

L’Education Nationale n’est pas épargnée alors que le gouvernement, en difficulté pour imposer une « réforme » euro-formatée du collège, met en place des dispositifs de repérage et de fichage des enseignants récalcitrants, espérant intimider l’ensemble d’une profession qui rejette les plans gouvernementaux.

L’aggravation des politiques anti-sociales s’accompagne nécessairement de la mise en cause des libertés démocratiques. Il est urgent que les forces syndicales fassent converger les mécontentements qui s’accumulent dans la construction d’un vaste rapport de forces pour les droits sociaux et démocratiques, contre la violence réelle du capital et de ses institutions et que dans l’immédiat, elles apportent ensemble leur soutien et leur solidarité aux travailleurs d’Air France.

Front Syndical de Classe
7 octobre 2015

[1] Celle-là même qui exaspéra le petit peuple de France en 1789 écrasé de misère


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