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Syrie, Irak :
la Russie montre ses cartes et remporte la mise
Moon of Alabama

lundi 12 octobre 2015, par Comité Valmy


Syrie, Irak :
la Russie montre ses cartes et remporte la mise

Hé hé ... Maintenant la Russie pavoise :-)

Quatre navires de guerre de la Marine russes ont tiré un total de 26 missiles sur les positions du groupe terroriste Etat islamique en Syrie, a annoncé le ministre de la Défense russe, Sergueï Choïgou. Les missiles ont été tirés depuis la mer Caspienne.

« Quatre navires ont tiré 26 missiles de croisière sur 11 cibles. Selon les données établies, toutes les cibles ont été détruites. Aucun bien civil n’a subi de dommages », a dit Choïgou.

Les missiles ont parcouru quelques 1500 km avant d’atteindre leurs objectifs, ce qui prouve leur efficacité.

« Et un joyeux anniversaire à toi, cher Vladimir Vladimirovitch », a ajouté Choïgou.

Ces missiles de croisière Klub (3M-14 KalibrN), de la Russie qui possèdent quelques fonctionnalités intéressantes (vidéo), ont traversé l’espace aérien irakien et iranien (vidéo) avec le consentement de ces pays. Il y a une vidéo des lancements, et des photos de ce qui reste du gouvernorat de Raqqa, après une nuit de « Klub’bing russe ».

Ces lancements ont plusieurs objectifs :

-  Détruire des biens de l’État islamique en Syrie.

-  Montrer que la Russie, tout en donnant un appui aérien intense (vidéo, 22 bombes à 5 min) à l’armée syrienne dans son attaque à Hama, est pleinement engagée dans l’objectif plus large de détruire l’État islamique

-  Démontrer que la Russie peut et va s’engager dans la lutte à distance au cas où ses forces seraient attaquées en Syrie. (« L’invitation » faite antérieurement aux États-Unis à se joindre à la lutte contre ISIS avec des bombardiers Tu-22M (3) à long rayon d’action ou même avec des bombardiers stratégiques Tu-160 allait dans le même sens.)

-  Contraindre les États-Unis à prendre la guerre contre l’État islamique au sérieux.

Le commandement américain s’est vanté d’avoir fait tant et tant de milliers de sorties au cours de son opération Résolution inhérente contre l’Etat islamique. Mais il ne s’est pas vanté de ce que seulement 20% de ces sorties incluaient un bombardement, ni de ce que beaucoup de ces bombardements ciblaient des cibles insignifiantes. Détruire une «  pelleteuse d’ISIS » avec une arme guidée ne s’appelle pas faire la guerre, mais effectuer une frappe symbolique très coûteuse. Je ne suis pas le seul à avoir remarqué la différence  :

À Tel-Aviv, les analystes militaires israéliens ont noté que les premières frappes aériennes russes en Syrie semblent beaucoup plus agressives que celles de la coalition menée par les Etats-Unis.

Les forces russes ont maintenant réuni tous les atouts, en Syrie et autour d’elle, indispensables

-  Pour empêcher la mise en place de la zone d’exclusion aérienne prévue antérieurement par OTAN.
-  Pour avoir les renseignements précis qui leur permettent de détruire les insurgés al-Qaïda ainsi que l’État islamique.
-  Pour parvenir à un règlement du conflit selon les termes du gouvernement syrien et de ses alliés.

Malgré le bruit qu’ont fait les politiciens américains, une « zone d’exclusion aérienne » contrôlée par les Etats-Unis est maintenant complètement hors de question. Par contre les Russes, eux, pourraient créer une telle zone en Syrie en un rien de temps. Les drones étasuniens de reconnaissance au-dessus de la Syrie sont d’ores et déjà interceptés. Les livraisons supplémentaires d’armes américaines promises à des Kurdes et à la nouvelle Coalition arabe syrienne qui n’est qu’un autre ramassis de pillards et de voleurs sur qui on ne peut pas compter, n’aideront pas à libérer Raqqa, ni même à provoquer un réel changement. Les Kurdes ne se battront pas en dehors de leurs territoires et les voleurs se contenteront de vendre leurs armes, puis de se rendre en Allemagne pour y devenir des « réfugiés ».

Les autres rebelles « relativement modérés » armés par les États-Unis ont soit remis leurs armes à Al-Qaïda soit les ont rejoint. Le public apprend maintenant qu’au moins 80% des armes livrées par les États-Unis en Syrie ont fini dans les mains de djihadistes. Relancer de tels programmes, encore et encore, ne changera pas ce schéma et ne peut plus se justifier auprès du public.

Les États-Unis et l’OTAN font également beaucoup de bruit lorsque deux avions russes violent l’espace aérien turc (pour tester les radars turcs et les temps de réaction :-). Mais 11 pays de la coalition américaine violent régulièrement l’espace aérien syrien pour faire des piqûres d’épingle à ISIS et je n’ai pas encore entendu la moindre plainte « occidentale » à ce sujet. Il va y avoir davantage de concertation entre la Russie et la Turquie, Israël et les Etats-Unis pour éviter les incidents aériens. Les Russes leur conseilleront probablement de « rester à l’écart. »

Les Russes proposent aux Etats-Unis une alliance plus large que quelques arrangements pour se partager l’espace aérien syrien. Mais le États-Unis ont jusqu’à présent rejeté leurs propositions. Une alliance avec la Russie contre l’État islamique ne correspond pas à leurs plans de partition de l’Irak et de la Syrie en nombreuses petites entités dépendantes des Américains. Les Irakiens, comme les Syriens, l’ont compris et ils veulent faire jouer un plus grand rôle à la Russie. La coalition 4 + 1 de la Russie, la Syrie, l’Irak, l’Iran et le Hezbollah a mis longtemps à passer à l’acte, mais elle mène maintenant la lutte contre l’État islamique.

Le États-Unis ont perdu le match. Ils devraient accepter l’offre russe ou quitter la table.

Moon of Alabama

Traduction : Dominique Muselet


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