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Crash de l’airbus A 321 russe en Egypte :
accident ou acte terroriste ?
par Karine Bechet-Golovko

vendredi 6 novembre 2015, par Comité Valmy


Voir en ligne : L’État islamique dispose d’armes capables d’abattre des avions - Le Figaro 27/10/2014

Crash de l’airbus A 321 russe en Egypte :
accident ou acte terroriste ?

Hier matin, le 31 octobre, l’aribus A 321 appartenant à la compagnie russe de charters Kogalymavia s’est écrasé peu après son décollage de l’aéroport de la ville touristique égyptienne de Charm Al-Cheik. Le vol 9268 à destination de St Pétersbourg était un vol charter, bondé. Auncun des 217 passagers et 7 membres d’équipages n’ont survécu. A ce jour, les conditions météos étant parfaites, il reste deux versions : la surexploitation de l’avion et des problèmes techniques ou un attentat terroriste. Les opinions sont partagées. Faisons le point.

La vol 9268 Charm Al-Cheik St Pétersbourg a décollé et moins d’un demi-heure plus tard, à 6h20 heure locale, s’est écrasé dans le désert du Sinaï, non loin de la frontière israélienne. Les 217 passagers, dont 25 enfants, et les 7 membres d’équipages sont morts.

L’avion qui volait à plus de 9000 mètres, sans aucun problèmes, a soudain disparu des écrans radars après avoir commencé à plonger.

Les autorités égyptiennes ont immédiatement envoyé sur les lieux du crash des équipes de sauveteurs, qui ne peuvent que récupérer les corps et les transporter dans les hopitaux de la région, puis à la morgue du Caire pour ensuite être transportés en Russie. Des équipes russes ont été envoyées sur place.

Vidéo du lieu du crash :

Des équipes d’enquêtes russes et égyptiennes travaillent ensemble pour découvrir ce qui s’est passé. Pour l’instant, certains éléments sont établis :
- L’avion a explosé en vol vu l’ampleur du territoire sur lequel les corps sont répartis. Au départ, les sauveteurs ont établi un périmètre de 8k km autour du lieu du crash, maintenant ils l’élargissent à 15 km.

- Les annonces faites initialement selon lesquelles le commandant de bord aurait demandé de l’aide au contrôleur aérien et la possibilité de se poser sur l’aéroport le plus proche sont démenties par le ministère égyptien de l’aviation civile. Aucun signal d’alarme n’a été lancé jusqu’au moment du crash.

- L’avion a été entre les mains de plusieurs compagnies appartenant au Liban, à l’Arabie saoudite, à la Turquie, à la Syrie avant d’appartenir à la compagnie russe, depuis 1997 qu’il était en circulation.

- Cet avion avait déjà eu un accident en 2001 en atterrissant au Caire et avait endommager la queue de l’aviation et le système de navigation. Des réparation avaient été effectuées.

- En une semaine, l’avion avait effectué 16 vols longue durée, ce devait être son 17e vol.

- La zone du crash est une zone d’activité militaire entre les forces armées égyptiennes et les groupes islamistes affiliés à l’Etat islamique. De ces éléments, deux conclusions différentes peuvent être tirées.

Le crash est un accident

L’avion n’est pas très ancien, mais il est souvent passé de mains en mains et a déjà subi un accident important. Des déclarations affirment que l’équipage se plaignait de problèmes avec le système de navigation, déclarations qui doivent être vérifiées. Et il a été soumis à une surexploitation, vu le nombre de trajets.

Une enquête est lancée dans les locaux de la compagnie aérienne pour vérifier tous les éléments techniques. Certains annoncent même que la compagnie a des difficultés à payer les salaires.

Un expert, quant à lui, explique que pour des raisons techniques, le pilote peut perdre le contrôle de l’appareil. Si alors l’avion tombe en torpille, il peut exploser en vol avant même de toucher le sol. Ce qui correspond aux images attribuées à la chute de l’avion (voir la vidéo en fin d’article).

Même si l’époque est perturbée, il arrive aussi que des avions tombent car ils sont mal entretenus, trop exploités pour être toujours de plus en plus rentables, sans tenir compte des règles de sécurité et d’entretien. Dans la mesure où les vérifications techniques ne sont pas effectuées au Caire par le personnel de l’aéroport, mais par la compagnie elle-même, l’hypothèse de l’accident reste dominante.

Le crash est un attentat

Pour autant, nous vivons une période pour le moins troublée. Et la zone en question est une zone de conflit entre les forces régulières égyptiennes et, principalement, le groupe islamiste "Ansar Beït Al-Maqdis" affilié à l’Etat islamiste.

Et justement l’Etat islamiste a revendiqué cet acte inouï.

Cette affirmation laisse songeur. Tout d’abord, ce n’est pas parce que l’Etat islamique l’affirme que c’est le cas. Il peut tout autant s’agir d’une très bonne occasion de se faire de la publicité, d’introduire un doute et donc des menaces quant au combat que mènent les russes en aide aux syriens contre les terroristes. Etrangement, depuis le temps que la coalition est censée lutter contre eux, aucun de leur avion n’a été visé.

Mais si réellement ce sont ces terroristes qui ont descendus l’avion civil, avec plus de 200 personnes qui étaient simplement en vacances et rentraient chez eux, ils n’ont pu le faire tout seul. Tout d’abord, il faut avoir les moyens techniques de toucher un avion en plein vol à plus de 9000 km de hauteur. Nous nous souviendrons que des groupes de "terroristes modérés" avaient demandé des systèmes anti aériens aux Etats Unis. Officiellement, ces systèmes n’avaient pas été livrés. Pour autant, l’avion est tombé ...

Ensuite, nous apprécierons le calendrier. Le vendrendi se tient un sommet à Vienne sur la question syrienne et surtout pour tenter de faire fléchir la Russie. Elle doit collaborer avec la coalition. Et ce doit se faire dans ce sens. Les négociations sont difficiles et semblent peu aboutir. Alors que les Etat Unis assouplissent leur position quant à Assad et à la mise en place d’une transition démocratique, le France reste campée sur ses ergots et sa position, de plus en plus faible, est totalement isolée. 19 délégations étaient présentes, les 5 membres permanents du Conseil de sécurité, mais on notera en plus de la Turquie et de l’Arabie Saoudite, la présence pour la première fois de l’Iran, qui fait contrepoids. Le consensus semble rester très incertains. Il faut collaborer. Assad ne doit pas partir immédiatement. La Russie insiste pour que le processus politique ne débute qu’à la fin de l’opération militaire contre les groupes extrémistes et est d’accord pour discuter avec l’Armée libre syrienne.

De manière assez surprenante, le ton change dans la presse russe. Pour la première fois, l’on voit un article entier consacré aux frappes de la coalition contre l’Etat islamique et aux avancées au sol des "forces d’opposition modérées". Sans qu’il n’y ait la présentation journalière habituelle des frappes russes. De plus, un autre article titre la nécessaire collaboration entre la Turquie et la Russie. La Turquie qui voit en Assad l’ennemi à abattre.

Mais la version d’un attentat est-elle vraiment réaliste ?

Il est largement possible d’en douter, même si, étrangement, beaucoup de médias semblent vouloir nous y pousser. Et cet élan médiatique, notamment occidental, relayé en Russie par des chaînes comme RBK ou des médias très marqués comme Gazeta.ru, s’explique très bien par le contexte international. Car cela permet à ces médias russes de s’opposer aux frappes autonomes russes en Syrie en développant une argutie populiste : regardez, l’on tue nos enfants, ce n’est pas notre guerre, sortons de là. Car le problèùe est bien ici, comme ailleurs, l’autonomie de la Russie.

La presse occidentale, elle, a également intérêt à developper cette version, car elle montre que la Russie entre dans une guerre qui va faire mal à sa population. Donc le régime déjà "dictatorial" de V. Poutine se double d’un voile sanguinaire, se moque de faire payer le prix de sa politique internationale à la population de son pays. Oubliant simplement de rappeler que, s’il s’agit d’un attentat, cela signifie que les frappes russes touchent juste, que la Russie combat réellement le terrorisme. Se pose alors la question de savoir comment les terroristes ont eu le matériel pour abattre l’avion, comment ils furent formés pour s’en servir et comment ils purent choisir le moment et la cible de manière aussi utile pour la "coalition". Mais il vaut mieux ne pas poser ces questions.

En revanche, il est vrai aussi que s’il s’agit d’un attentat, ni la Russie ni l’Egypte, n’ont vraiment intérêt à médiatiser ces risques de manière directe et impromptue. Justement pour ne pas choquer la population. Le glissement médiatique, si cette version se confirme avec l’enquête, se fera en douceur

.

Les boîtes noires ont été retrouvées, maintenant laissons le temps aux enquêteurs pour établir l’enchaînement des faits et des responsabilités.

Différentes vidéos sur le sujet qui montrent la diffusion d’informations contradictoires :

Ici, il s’agirait d’une vidéo du crash tournée par un témoin, mais à prendre avec précaution, car la source n’est pas confirmée :

Karine Bechet-Golovko
dimanche 1 novembre 2015

Russie politics


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