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Quelle coalition voulons-nous face à Daech ?
Comité Valmy

jeudi 3 décembre 2015, par Comité Valmy


Quelle coalition voulons-nous face à Daech ?

Ce vendredi 20 novembre 2015, une semaine après les tragiques attentats de Paris, la France s’est faite le fer de lance de la lutte contre le terrorisme, en faisant adopter une résolution au conseil de sécurité de l’ONU. Il faut rappeler les circonstances dans lesquelles le terrorisme est né en Syrie afin de comprendre la nature de cette proposition et d’en évaluer la sincérité.

Un document du Department of Defence américain datant d’août 2012 aujourd’hui partiellement déclassifié, affirme :

1/ que la guerre en Syrie est une « guerre par procuration » (proxy war). Elle oppose d’une part « les salafistes, les Frères musulmans et Al Qaida » soutenus par « l’Occident, les Pays du Golfe et la Turquie », et de l’autre le gouvernement syrien soutenu par « la Chine, la Russie et l’Iran ».

2/ que la création d’un état islamiste dans l’est de la Syrie apparaît comme une des conséquences probables de cette opposition armée à Damas : « il existe la possibilité que s’établisse une principauté salafiste déclarée ou non dans l’est de la Syrie (Hazaka et Der Zor), et c’est exactement ce que souhaitent les forces qui soutiennent l’opposition, afin d’isoler le régime syrien, considéré comme la base stratégique de l’expansion chiite (Irak, Iran). » (http://www.judicialwatch.org/wp-content/uploads/2015/05/Pg.-291-Pgs.-287-293-JW-v-DOD-and-State-14-812-DOD-Release-2015-04-10-final-version11.pdf)

En 2012, il devenait public que le gouvernement français, aux côtés de la CIA et des services de renseignement turcs soutenait, entraînait et armait les rebelles (Le Canard enchaîné, 8 août 2012), fait confirmé par Hollande
( http://www.lemonde.fr/politique/article/2014/08/20/la-france-a-bien-livre-des-armes-aux-rebelles-en-syrie_4473715_823448.html), et par le ministre des affaires étrangères Laurent Fabius qui en décembre 2012 déclarait que le mouvement Victorieuse Armée (Jabat-al-Nusra), branche irakienne d’Al Qaida intervenant en Syrie, « faisait sur le terrain du bon boulot » (Le Monde, 14/12/12).

Trois ans plus tard, la « principauté salafiste » sous le nom d’Etat Islamique ou de Daech fait régner la terreur sur le Proche-Orient, mais également sur le reste du monde.

Considérant cette menace aussi grave que l’hitlérisme,Vladimir Poutine fit le 30 septembre 2015 une proposition de résolution au conseil de sécurité de l’ONU. Il rappelait que le président Al-Assad était en première ligne de la lutte contre le terrorisme. Il appelait à une « large coalition internationale contre le terrorisme » avec la Russie qui a pris directement et activement part à ce combat (10000 frappes en deux mois).

Ce texte fut accueilli favorablement par les opinions publiques. En France, un sondage lancé par le Figaro sur 53000 personnes révélait que 93% des sondés était favorable à cette initiative. Mais, rejetée par le gouvernement des Etats-Unis, cette proposition resta sur le bureau de l’ONU. Le site américain Business Insider titra même que « 85% du discours de Poutine était de la merde »
(http://uk.businessinsider.com/putin-un-speech-isis-coalition-problem-2015-9 ?r=US&IR=)

Au lendemain des attentats du vendredi 13 novembre 2015 à Paris, la Russie présenta à nouveau aux Nations Unis sa proposition de résolution (http://russiaun.ru/en/news/sc_enpr).

Mais, ce 20 novembre 2015, la France représentée à l’ONU par M. Delattre court-circuita cette initiative en proposant de son côté une résolution censée combattre le terrorisme. Contrairement à la proposition russe, celle-ci ne mentionne pas la nécessité d’intervenir avec l’aval de l’Etat syrien. Votée par les Etats-Unis, elle contient des phrases copiées de la résolution qui avait suivi le 11 septembre 2001, et qui avait servi de prélude à l’invasion de l’Irak. (http://www.businessinsider.com/ap-un-approves-resolution-urging-action-against-islamic-state-2015-11 ?IR=T)

Ces faits nous amènent à nous interroger sur la sincérité du gouvernement français à lutter contre le terrorisme et sur ses réelles intentions en Syrie. La « solution politique » prônée par le gouvernement préalable et les mass media comme préalable à toute intervention en Syrie peut cacher un projet de renversement du gouvernement légal. A toutes fin utiles, le Comité Valmy rappelle avec fermeté :


- 1/ l’attachement du peuple français à la lutte réelle et sincère contre le terrorisme, notamment dans le cadre de la résolution claire proposée par la Russie à l’ONU.

- 2/ son refus de voir la France continuer à participer à une « guerre par procuration » conduite par les Etats-Unis depuis 2011, qui n’est pas la sienne. Craignant qu’elle ne dégénère à tout moment en conflit généralisé, le Comité Valmy réclame la sortie urgente de la France de l’OTAN.

- 3/ que ni le principe de « légitime défense », ni celui de « responsabilité de protéger » ne sauraient légitimer le viol de la souveraineté d’un Etat. Ceci en vertu du principe de l’ONU de 1945 stipulant qu’« aucun Etat ne doit entreprendre d’action visant au renversement par la force du régime en place dans un pays tiers. »

Dès le 15 août 2012, le Comité Valmy a lancé un «  appel à faire cesser l’agression contre la Syrie et à refuser la participation de la France à celle-ci ».
En réalité depuis cinq ans, la France vassalisée s’est totalement impliquée dans cette guerre d’agression colonialiste et occidentaliste contre la Syrie et son peuple. Elle s’est fourvoyée, allant jusqu’à soutenir politiquement et à armer des structures takfiristes telles qu’Al Nosra, filiale d’Al Kaïda ; à appeler au meurtre du Président Bachar Al Assad ou à tenter d’organiser son renversement. Cette politique sans principe qui en 2013, a failli conduire à une guerre mondiale, a aussi contribué à désorienter un grand nombre de jeunes français musulmans qui ont rejoint les terroristes wahhabites et takfiristes en Syrie.
Aujourd’hui, la France doit rompre clairement avec cette politique.
C’est pourquoi, le Comité Valmy appelle nos compatriotes à exiger du gouvernement le rétablissement des relations diplomatiques avec le gouvernement légitime de l’Etat Syrien souverain, dont le peuple a choisi le patriote réformateur Bachar Al Assad comme président.
Le gouvernement syrien a été élu démocratiquement, malgré les circonstances difficiles créées par la guerre d’agression que subit ce pays depuis ces cinq ans.

Comité Valmy
22 novembre 2015


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