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Clémentine Autain : comparaison et déraison
Doit-on salir les libérateurs d’Auschwitz
pour blanchir les salafistes ?
par Marc Cohen

samedi 23 janvier 2016, par Comité Valmy


Clémentine Autain : comparaison et déraison

Clémentine Autain : comparaison et déraison
et ce n’est pas un hasard, il ne s’agit pas de la part de Clementine Autain de « déraison » mais bien de sa haine réelle de l’Union soviétique. Il ne s’agit pas de son amour des « migrants » mais bien d’une volonté ‘aller jusqu’au bout de la fin de l’histoire antinazie des communistes pour mieux soutenir ses frères trotskistes néoconservateurs des Etats-Unis… Et c’est ce genre d’inividu qui prétend diriger le PCF avec l’accord des communistes, interdire la solidarité avec les communistes ukrainiens, « plutôt Hitler que Staline »… Je suis d’accord avec le texte de Mark Cohen mais je le crois encore trop limité à la seule question de l’anti-islamisme, ce n’est pas là le vrai sujet, levrai sujet c’est la destruction du PCF comme affaire programmée (note de Danielle Bleitrach)

Doit-on salir les libérateurs d’Auschwitz
pour blanchir les salafistes ?

Deux jours après le fameux tweet de Clémentine Autain évoquant les « deux millions de viols » commis par l’Armée Rouge en Allemagne en 1945, pour relativiser les horreurs du Jour de l’An à Cologne, je reste sidéré.

On a beau s’attendre à tout, venant d’une personnalité politique en lutte pour sa reconnaissance sociale, on n’y croit pas. On a tort.

Dans le combat de cette soi-disant « gauche de la gauche » contre la prétendue « islamophobie », tous les coups sont permis.

Au nom de quels objectifs inavouables peut-on comparer des viols commis en temps de paix et des crimes sexuels de guerre ?

Au nom de quel dévoiement du féminisme peut-on reprendre au compte du progressisme la petite musique de nuit des nostalgiques du nazisme ? Car ce genre d’excuse comparative est un exercice de première année d’étudiant en rhétorique négationniste. « Il y a eu Auschwitz, dont les chiffres ont été truqués, mais les viols de l’Armée Rouge, ça c’est du lourd ! »

C’est de cette rhétorique réviso chimiquement pure que Clémentine Autain nous a resservi là, et dont elle a osé se servir pour faire taire ceux et surtout CELLES qui s’indignaient de la passivité de certaines pseudo-féministes face aux atrocités de Cologne. Recyclant au passage un argumentaire fantasmatique sorti tout droit du cerveau de Goebbels.

La thématique du « soldat barbare mongolo-juif bolchevik » qu’il faut bloquer à tout prix sur la rive droite de l’Oder pour l’empêcher de violer « nos femmes et nos filles » a été martelée par la propagande nazie dès l’été 1944. Son objectif était double : mobiliser les Allemands face à l’avancée de l’Armée Rouge et bien sûr, entamer le processus de négation des innombrables crimes contre l’humanité commis par les nazis depuis 1933.

Pour les nazis, le vrai et seul coupable, c’est l’Autre, c’est le youdo-rouge ivre de sang pur germanique. Voilà avec quels arguments la « légitime défense » allemande s’est dispensée de toute considération humaine tant vis-à-vis de six millions de juifs d’Europe assassinés que vis-à-vis des populations civiles soviétiques (des milliers d’Oradour) ou des prisonniers de guerre de l’Armée Rouge qu’on extermina systématiquement par les assassinats ciblés, la faim, l’absence de soins et l’esclavage (un traitement de défaveur qu’eurent aussi à subir les prisonniers noirs français ou américains, souvent abattus dès leur capture). Le tout dans l’indifférence générale de 99,99 % des gentils Allemands.

Très malheureusement, cette polarisation hitlérienne sur les deux millions de viols commis par l’Armée Rouge (il serait plus raisonnable de parler de plusieurs centaines de milliers de crimes, mais sans doute est-ce moins vendeur) fut abondamment relayée dans l’immédiat après-guerre par nombre d’historiens fantaisistes anglo-saxons soucieux avant tout de réintégrer une Allemagne très superficiellement dénazifiée dans le Camp du Bien.

Alors on a écrit de longs chapitres sur les femmes allemandes violées, sur les fameux « Komm Frau ! » lancés par les soldats russes à leurs malheureuses victimes blondes et pulpeuses. Tout comme chez nous, en France, on a droit régulièrement aux lamentos des belles âmes sur les pauvres tondues de la Libération. Ce fut autrefois un exercice très pratiqué par les nostalgiques du nazisme, c’est aujourd’hui un baratin classique du journalisme compassionnel.

Baratin, oui, baratin. Certes, il y a eu plusieurs centaines de milliers de viols de civiles et de militaires allemandes par des soldats de l’Armée Rouge. C’est absolument incontestable et absolument honteux. Comme le sont tous les viols de guerre. Comme a été, est, et sera toujours infâme chaque viol.

N’empêche, je vais vous dire ma vérité. Les femmes allemandes violées, c’est grave. Les femmes françaises tondues, c’est triste. Mais elles ont survécu. Elles ont eu des dizaines d’années pour exposer l’ampleur de leur ressentiment. Des millions d’autres femmes n’ont pas eu cette chance. Des millions d’autres femmes juives notamment. Elles ne furent que quelques dizaines de milliers à survivre à l’enfer inventé pour eux par les nazis, par les Allemands. Nombre de ces survivantes furent libérées, comme à Auschwitz, par l’Armée rouge. Cette Armée rouge que tu oses salir aujourd’hui, Clémentine Autain, dans ton misérable combat pour empêcher qu’on dise leur fait à tes amis salafistes.

Je ne sais pas, Clémentine Autain, si tu as commis cette horreur par bêtise ou par calcul, par inculture ou par méchanceté. Ce que je sais, c’est que tu n’as plus rien à voir avec le communisme, ni avec l’antifascisme.

À moins, à moins que… Regarde bien cette photo de combattantes volontaires de l’Armée Rouge, Clémentine. Ces femmes te regardent. Salue-les. Implore leur pardon. C’est ta dernière chance de salut ici-bas. Ou alors va jouer aux billes avec tes potes barbus ou si tu préfères avec leurs amis négationnistes qui chantent le même refrain que toi.

Marc Cohen
15 janvier 2016

1 Message

  • J’aurais préféré réagir à partir du texte originel de Clémentine Autain. Je ne l’ai pas trouvé et n’ai pu accéder aux commentaires «  du causeur ».

    En fait, Danièle Bleitracht valide les écrits de Marc Cohen, à juste raison pour une partie, mais qui, en faisant état de quelques centaines de milliers de crimes qui auraient été commis par les soldats soviétiques, crédibilisent les 2 millions de viols évoqués par Clémentine Autain qui semblent avoir été extraits d’un article de Libération Nathalie Versieux, Berlin, de notre correspondante — 13 février 2009 à 06:52 .

    Nombre qu’il convient de relativiser car, même s’il était exact, ce dont je ne suis pas convaincu, il conviendrait d’ajouter les crimes de même nature commis par les autres troupes alliées dont il est fait état dans le cours du texte.

    En cherchant bien je n’ai pas trouvé preuve de la réalité des chiffres avancés par contre il est avéré que le vent de panique, attisé par les nazis, qui a soufflé sur l’Allemagne à l’annonce de l’arrivée des troupes soviétiques sur son territoires, voire même avant, a été à l’origine d’une vague de suicides de parents, après avoir euthanasiés leurs enfants, par craintes de représailles en réponse aux atrocités commises par la Wehrmacht et la SS.

    Il est à noter que Staline, soucieux de ménager les relations futures, avait donné l’ordre de ménager les populations civiles et que les officiers contrevenants furent poursuivis (wikipédia).

    Démêler le vrai du faux est de la responsabilité des Historiens à conditions qu’ils se débarrassent de leurs a priori respectifs mais pas des journaleux et des politiques à la sauce actuelle qui n’ont d’autre souci que l’audimat..

    Pour ce qui concerne les femmes françaises tondues, il convient également de distinguer celles qui se sont rapprochées des troupes d’occupation pour en tirer un avantage personnel de celles qui l’ont fait par inclination individuelle affective. J’ai connu une personne issue d’une telle rencontre qui en restera traumatisée à vie.

    Les prisonniers de guerre comme les déportés au titre du STO ont, malgré menaces de sanctions lourdes de la part des autorités, comblé le vide laissé par un conjoint porté disparu sur le Front de l’est sans qu’il soit possible de déterminer quel était le géniteur de l’enfant né par la suite. Imaginez là aussi le trauma.

    J’ai côtoyé, en France quelques allemands, deux d’entre eux étaient frère et sœur d’un adolescent utilisé comme ultime recours contre les troupes soviétiques, tué quelques jours seulement après son incorporation.

    C’était à la fin des années 60 ou au début de la décennie suivante, à la fin d’un repas, après avoir entendu le Deutsch uber alles j’ai posé deux questions.

    Au premier qui avait quelques mois été prisonnier des soviétiques, j’ai demandé s’il avait été traité correctement ? Il a répondu sans ambages, qu’à part la privation de liberté, la nourriture et les conditions de travail étaient identiques à celle des civils.

    J’ai ensuite demandé comment l’entée en guerre avait été accueillie par l’opinion allemande ? De la réponse il a été aisé de déduire que la réaction avait été favorable au prétexte d’un changement positif à venir, Hitler étant vilipendé pour avoir perdu la guerre non pour l’ouverture des camps de concentrations et d’exterminations, ou les exactions dans les pays occupés.

    C’étaient de braves gens du peuple allemand, comme tous ceux qui aujourd’hui, laissent sans mot dire un système fascisant faire la loi dans notre pays. Ils n’en ont pas conscience, ne veulent rien savoir mais le réveil sera douloureux comme pour les allemands en 1945 alors que le régime nazi avait déjà montré quels étaient ses objectifs plus de 10 ans auparavant. La preuve :
    http://jafreyvil.over-blog.com/2014/01/dachau-ils-auraient-pu-savoir-ils-ne-l-ont-pas-voulu-d-autres-avaient-tout-oubli%C3%A9.html

    J Freychet


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