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Syrie : pourquoi les Etats Unis préparent la guerre ?
par Karine Bechet-Golovko

dimanche 28 février 2016, par Comité Valmy


Syrie : pourquoi les Etats Unis préparent la guerre ?

Alors que le plan de paix en Syrie semble petit à petit tenter de se mettre en place (voir notre article à ce sujet ici), des groupes d’opposition acceptant de déposer temporairement les armes, les Etats Unis préparent un plan B, que le Secrétaire d’état américain J. Kerry annonce plus conflictuel, militaire.

A peine les deux présidents russes et américains avaient raccroché le téléphone, que les chefsdu Pentagone et de la CIA exigent d’Obama de faire pression sur la Russie pour lui causer de sérieux problèmes, qui la fassent réfléchir. Des sanctions économiques encore plus fortes, soutenir militairement les groupes d’opposition. Article publié dans le Wall Street Journal le jour même de l’annonce du plan de paix, le 23. Les recettes classiques. Mais quelle est la faute de la Russie pour justifier tant d’hystérie : saper le travail américain de destabilisation de la région. Ils doivent reprendre la main.

Alors que les forces militaires régulières syriennes ont accepté le cessez-le-feu, que les kurdes également. Le Haut Conseil pour les négociations (soutenu par l’Arabie saoudite) accepte de voir venir pendant les deux prochaines semaines.

D’autres hésitent. L’armée libre syrienne ne s’est pas encore prononcée. Il faut dire que, comme l’écrit tranquillement Euronews, dans certaines régions les rebels modérés sont alliés avec Al Nusra, sans pour autant être des radicaux. Bien sûr.

La Turquie, elle, ne se considère pas concernée par les accords de paix. Si elle estime que ses intérêts nationaux sont en danger, elle ripostera sans demander la permission à personne, selon les terme du Premier ministre. Le président Erdogan déclarant pour sa part que, de toute manière, les kurdes sont des terroristes qu’il faut tuer.

Alors pourquoi les hauts responsables américains, Pentagone, CIA et Département d’état, entrent en guerre, pour l’instant verbale, contre la Russie ?

J. Kerry déclarait que dans le cas d’un échec du plan du plan de paix, les Etats Unis ont un plan B :


"Si la Russie et l’Iran continuent à faire leur travail, nous pouvons nous retourner vers la réalisation du plan B. Ce plan peut être plus confrontationnel et, alors, il sera possible que nous demandions au Congrès de faire plus."

Sans entrer dans les détails du plan, J. Kerry insiste sur le fait que si le plan de paix échoue, cela signifie que la diplomatie a échoué, il ne reste alors que la solution militaire. Soit 15 à 30 000 soldats et un système de défense aérienne. Autrement dit, c’est la guerre, car quels sont les avions dans le ciel syrien ? Et dans ce cas, selon J. Kerry, la Syrie sera totalement et définitivement détruite, elle n’existera plus comme état. Ainsi, Kerry explique devant le Sénat américain que ce scénario est possible notamment si Assad ne met pas en place dans les semaines qui viennent, un gouvernement de transition. Pour autant, la composition de cette opposition modérée qui a déjà sapé les négociations n’est toujours pas précise. C’est simple : l’opposition ne veut pas négocier, Assad doit partir.

La certitude avec laquelle les Etats Unis attendent l’échec du processus de paix fait comprendre qu’ils seront à l’origine de sa violation. Certaines formations armées d’oppostion, comme le HCN, peuvent utiliser ces deux prochaines semaines pour regourper leurs forces, les Etats Unis pour préparer leur réarmement "défensif" cela va sans dire, la Turquie pour se sentir agressée comme cela est coutume et Bashar doit disparaître et la Russie s’effondrer. La démocratie vaincra, mais moins vite que ne se répandra le terrorisme.

Et l’interprétation de la violation de ces accords de paix est très floue. La Russie a-t-elle une chance de réussir à les imposer ? Les jeux sont serrés. Comment réagira-t-elle en cas de confrontation ? C’est l’inconnue, qui va conditionner les démarches futures des Etats Unis. Plus ils sentiront une hésitation de sa part, plus ils iront loin. La destabilisation institutionnelle des pays pour en prendre le contrôle est une tactique qu’ils ont déjà éprouvé en de nombreux endroits. La Syrie ne peut résister, c’est une question de principe. Et si la Russie s’oppose, elle doit être prête à aller jusqu’au bout, à moins de ne prendre le risque de voir aussi une "opposition modérée armée" émerger sur ses terres.

Karine Bechet-Golovko
jeudi 25 février 2016

Russie politics


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