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La folle journée diplomatique de Poutine pour la Syrie
Par Alexander Mercouris

mardi 1er mars 2016, par Comité Valmy


La folle journée diplomatique de Poutine pour la Syrie

Le site internet du Kremlin montre que le dirigeant russe agit
de manière déterminée pour affermir la trêve syrienne

Les Russes travaillent assidûment à la consolidation de leurs succès diplomatiques suite à la déclaration conjointe américano-russe sur la Syrie.

Pour avoir une idée du rythme effréné de leur diplomatie, sachez que Poutine a parlé à Obama au téléphone le 22 février 2016 et – selon son site internet – à l’émir du Qatar Tamim Al Thani le même jour, et qu’aujourd’hui (le 24 février), il a eu une succession de conversations téléphoniques à un rythme rapide avec le président syrien Assad, le roi Salman d’Arabie saoudite (qui doit se rendre à Moscou dans quelques semaines), le président iranien Rouhani et le Premier ministre israélien Netanyahou.

Le seul dirigeant jouant un rôle clé dans la crise syrienne avec lequel Poutine n’a pas parlé est le président turc Erdogan.

Après le tir turc qui a abattu leur Su-24, les Russes ont rompu les contacts avec Erdogan et celui-ci doit bouillir de colère à voir comment il est isolé et tenu à l’écart des discussions.

Immédiatement après ces conversations, Poutine a fait un rapport au Conseil de sécurité de la Russie, qui aura passé en revue l’ensemble de l’état d’avancement dans le conflit syrien à la suite de la déclaration conjointe américano-russe.

Il est impossible de ne pas souligner le contraste entre le rythme déterminé de cette diplomatie russe et la passivité manifestée par Washington.

Le 23 février 2016, Obama a tenu une conférence vidéo pour débattre de la Syrie avec Cameron, Hollande et Merkel. Il n’y a toutefois aucune information sur le contenu de ses entretiens avec les dirigeants importants du Moyen-Orient dont les pays sont directement impliqués dans la crise. La dernière conversation qu’il a eue avec l’un d’entre eux était celle avec Erdogan, le 19 février 2016.

Évidemment, il est possible qu’Obama ait parlé aux dirigeants du Moyen-Orient et que la Maison Blanche n’en ait pas fait état. Cela peut arriver, mais il est difficile de comprendre pourquoi, dans ce cas.

Étant donné leur rôle clé en tant qu’alliés des États-Unis et l’importance du conflit syrien pour chacun d’entre eux, on s’attendrait à ce que le roi saoudien, le Premier ministre israélien et le président turc apprécient d’entendre directement le président étasunien à ce moment-là et veuillent que ce qu’ils l’ont entendu dire soit diffusé.

Si Obama ne les a pas appelés – comme c’est presque certainement le cas – il est probable qu’ils soient fâchés et offensés par la manière dont il les ignore et prend leurs opinions pour acquises.

Il est impossible d’éviter l’impression que dans la diplomatie, ce sont les Russes qui donnent le la.

Ce n’est pas la première fois dans ce conflit que les dirigeants du Moyen-Orient doivent comparer l’énergie – et la courtoisie – qu’ils voient de la part de Moscou avec la passivité et l’attitude distante de Washington.

Alexander Mercouris
– Le 25 février 2016 – Source Russia Insider

Traduction :
le Saker Francophone


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