COMITE VALMY

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Francis Wurtz invoque Robert Schuman pour sauver « l’idée européenne ». Stupéfiant !
Article par ACDT pour vivelepcf

lundi 20 juillet 2015, par Comité Valmy

Témoignage : je me souviens d’une réunion publique à Grasse dans les années 90. Devant une salle comble Francis Wurtz y avait défendu méthodiquement, avec beaucoup de clarté, de force et d’apparente conviction, la nécessité de défendre l’indépendance nationale et le nécessaire refus de toute construction européenne supranationale. Aujourd’hui il invoque Robert Schuman pour sauver l’Europe fédérable qui a pourtant confirmé son caractère intrinsèquement pervers. A quel moment aura t-il été sincère ? Claude Beaulieu - 8 juin 2010.



OTAN : le 4 mai 1949, par Robert Schuman signature pour la France

De nombreux camarades ont été interloqués et même choqués par un article de Francis Wurtz dans l’Humanité-dimanche du 20 mai 2010, intitulé « Schuman, réveille-toi, ils sont devenus fous  ».

On aurait pu croire à l’emploi du second degré par le député européen honoraire. Mais non, son article se revendique bien du « père fondateur » de l’Europe et de son discours du 9 mai 1950, que les européistes présentent « comme l’acte fondateur de la construction européenne ».

Réveiller le souvenir de Robert Schuman cela devrait être d’abord rappeler que cet « Européen » vota les pleins-pouvoirs à Pétain en 1940 et fut même membre de son premier cabinet.

Ensuite, cela devrait rappeler son œuvre au service de ce que les communistes dénonçaient à juste titre comme « l’Europe des trusts », affiliée à l’impérialisme américain.

Pas ou plus pour Francis Wurtz !

De Schuman, « sans être nostalgique de ce temps là », il reprend à son compte les phrases creuses (« L’union plutôt que la division »), les « valeurs » mises en avant pour accompagner la construction de l’Europe du capital.

Il laisse entendre qu’il y aurait eu un changement dans le cours de la construction européenne par rapport au temps de Schuman, « tout particulièrement ces vingt dernières années ».

Ce serait les dirigeants « actuels » qui seraient en train de discréditer « l’idée européenne ».

Logiquement, Wurtz aboutit à proposer aux lecteurs de l’hebdomadaire de voler à la rescousse de « l’idée européenne », menacée d’être « enterrée » par la réaction à la politique des dirigeants européens. « Sinon, cela reviendrait à leur laisser tout le terrain », assène-t-il sans autre forme d’argument.

Au nom de « réorienter fondamentalement la construction européenne », il faudrait commencer par relégitimer la « construction » européenne si profondément rejetée par les peuples.

Que Wurtz fasse appel à une référence aussi choquante pour les communistes que Robert Schuman est révélateur de combien sa ligne politique est un contresens pour les travailleurs et les peuples d’Europe.

Quelques rappels ne sont pas inutiles.

La « construction » européenne n’a pas changé de nature. Elle est conçue depuis l’origine dans l’intérêt du capital et du patronat.

La fameuse déclaration de Schuman du 9 mai 1950 correspond à la création de la CECA (Communauté du Charbon et de l’Acier) union supranationale des patrons de la sidérurgie d’Allemagne, de France et du Benelux.

En fait « d’Europe de paix », la militarisation, comme allié de l’impérialisme américain est la ligne directrice de l’UE depuis le départ. Le Traité de Lisbonne se situe dans le droit fil de la « Communauté européenne de défense » (CED), mise en échec en particulier par le PCF en 1954.

Toute « la réalité de l’évolution de l’UE » était contenue dans le Traité de Rome de 1957 : « l’établissement d’un marché commun et par le rapprochement progressif des politiques économiques des États membres » (article 2) ; « l’abolition, entre les États membres, des obstacles à la libre circulation des personnes, des services et des capitaux » (article 3) qui sera effective après Schengen et l’Acte Unique, « l’établissement d’un régime assurant que la concurrence n’est pas faussée dans le marché commun » (art. 3) qui a tant fait parler en 2005, au moment du référendum sur le TCE. Etc.

Dans son œuvre de destruction des acquis sociaux et démocratiques nationaux, l’UE, comme outil, avance en fonction des rapports de force. Dans les années 80 et 90, avec les gouvernements nationaux, elle a profité de l’affaiblissement et de l’effondrement de l’URSS et des pays socialistes d’Europe de l’est.

Aujourd’hui, dans un contexte de mondialisation capitaliste accrue et de crise, elle fait face à des résistances populaires de plus en plus fortes pays par pays. Bien sûr, les dirigeants européens essayent de dévoyer ces oppositions, de les canaliser avec leurs auxiliaires nationalistes.

Mais s’il y a bien un « terrain qu’il ne faut pas leur laisser », c’est celui-là, celui de l’opposition à l’UE du capital, celui de l’internationalisme pour combattre la politique que les gouvernements mènent de concert avec elle contre les peuples.

Une idéologie européenne de « gauche » pour défendre l’UE ?

« La gauche doit faire preuve de créativité politique », écrit F. Wurtz, être capable de fournir à cette Europe en crise « des idées neuves à la hauteur des enjeux », en somme fournir une idéologie européenne de substitution.

Et comme point de départ, Wurtz est prêt à récupérer les boniments de Schuman : « ’la reconnaissance de l’autre’, ’la coopération’, ’la solidarité plutôt que l’égoïsme’.

L’Europe sociale est morte(-née) ? Vive l’Europe sociale !

La logique de ce que l’on pourrait appeler « le réformisme européen » consiste à imposer comme cadre principal de tout changement l’Europe, les institutions de l’UE. C’est à dire précisément l’échelon sur lequel les peuples n’ont pas de prise et qui a été structuré contre leur souveraineté et leur expression démocratique.

Ensuite, le « réformisme européen » émet des propositions de « réorientation sociale » fondamentalement illusoires qui tendent à réhabiliter les structures qui aident les gouvernements nationaux à imposer la politique que les mouvements populaires combattent.

Eventuellement, on ouvre la voie à quelques leurres de politique « sociale européenne » pour donner le change. On se souvient de la « Charte des droits fondamentaux », incluse dans le TCE et dont les communistes ont méthodiquement démonté la logique profonde de régression.

Cette « idéologie européenne de gauche » rejoint les partisans « libéraux » (et socio-démocrates) de « l’Europe politique ». Pour des progressistes, pour des communistes, par rapport à l’analyse que notre parti avait toujours défendue, on est en plein contresens.

Il n’y a par exemple aucune illusion à nourrir sur une réorientation de la BCE qui échappe, par définition, à tout contrôle populaire et a été conçue dans l’intérêt des capitalistes. Les peuples paient si fort le prix de sa monnaie unique ! Ce n’est pas un ripolinage avec des « prêts socialement responsables » qu’on y changera quelque chose. Une monnaie commune de coopération exige une autre institution financière et surtout le retour à la souveraineté monétaire des Etats.

L’UE, c’est le contraire, la négation de la coopération entre les peuples, c’est leur mise en concurrence dans l’intérêt du capital. L’expérience a été faite ! Les quelques exemples de coopérations réussies, comme Airbus ou Ariane, se sont faits en dehors de l’UE et sont menacés par ses règles. Ce n’est pas dans le cadre de l’UE, de la libre circulation des capitaux, de l’Union économique et monétaire (entre zones de développements différents), c’est contre elle, que l’on peut concevoir les coopérations mutuellement avantageuses entre nations que le PCF a toujours voulues.

Comment prétendre arracher au niveau européen « des droits et des pouvoirs nouveaux pour les salariés et les citoyens », alors que le capital utilise l’Europe pour détruire les droits et pouvoirs que les peuples et les travailleurs ont conquis dans le cadre de leur pays, grâce à leur expérience de lutte nationales et à leurs organisations de classe ?

Au niveau européen, le cadre des relations sociales confectionnées par les européistes va s’imposer de lui-même, c’est celui de la tradition réformiste de collaboration de classe dont la CES, Confédération européenne des syndicats, est l’illustration. La CES a ainsi milité pour le oui à Lisbonne (même contre ses syndicats membres comme on l’a vu en Irlande).

Au contraire chaque victoire du mouvement social dans un pays est une victoire pour tous les autres. « Peuples d’Europe, soulevez-vous » invitent nos camarades grecs !

Wurtz admet : « Il n’y a pas de solution clé en main ». L’identification de la solution passe d’abord par celle du problème.

Car l’UE n’est pas la solution, elle est le problème.

Wurtz conclut : « L’Europe est un combat ».

Nous lui répondons : « L’Europe des peuples est un combat contre l’Union Européenne du Capital ».

Source : site Vive le Parti Communiste Français
http://vivelepcf.over-blog.fr/article-francis-wurtz-invoque-robert-schuman-hd-du-20-mai-pour-sauver-l-idee-europeenne-stupefiant-51808777.html

3 Messages de forum

  • Non, Francis Wurtz n’est pas fou : il continue son travail avec constance et discipline ! Pour s’en convaincre, il n’est que de se rappeler sa violente sortie, le 5 fevrier 2009, à la tribune des élections européennes du meeting de Frontignan contre l’intervention de Jacques Nikonoff qui dénonçait le caractère totalement antidémocratique des institutions européennes et appelait à la prolongation de la campagne du NON de 2005. L’article du samedi 7 février dans l’Huma achevait de convaincre tous les militants communistes ...du PG et au delà, que la campagne européenne du PCF ne mettrait pas en cause l’UE et ne serait pas "noniste". Il en résultait "à la base" des critiques du PCF à l’encontre des militants et élus trop critiques à l’encontre de l’UE et une démobilisation des militants communistes dans toute la France...car, eux, lisent les textes et l’Huma...entre les lignes. Et pendant toute la campagne des européennes de 2009, Francis Wurtz a été de toutes les tribunes comme spécialiste européen du PCF. Ce qui n’est que justice, car les vieux militants comme moi se rappellent de lui comme jeune collaborateur du Secretaire General, puis membre du BP chargé du secteur international, puis chargé pour toute l’Europe de l’Ouest des campagnes sur les libertés des PC et enfin jeune et moins jeune deputé européen pendant 30 ans ou il a voté avec la majorité des députés français dans 65% des votes. C’est dire sa fidélité et la confiance dont il était honoré. Non, Francis Wurtz n’est pas un franc-tireur droitier : il représente exactement la position de la direction passée et actuelle du PCF.
  • Plaignez les pauvres Communistes qui souffrent en lisant ce genre d’article de caciques du PC qui font le grand écart pour garder leur sinécure. C’est ainsi que le PCF se réduit comme peau de chagrin, perdant ses adhérents les plus sincères. Nous sommes des centaines de milliers qui avons quitté le PCF à cause de thèses idiotes formées par des notables. Camarades, nous sommes forts et nombreux Guy VIAN-LIERDE

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