COMITE VALMY

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Source : geostrategie.com 4 juin 2010

Général Aoun : Il doit y avoir des moyens de dissuasion, avec un ultimatum pour Israël pour adopter une solution

dimanche 20 juin 2010, par Comité Valmy


S’exprimant lors de deux entretiens accordés aux chaînes télévisées OTV et Manar le général Michel Aoun, chef du Courant Patriotique Libre, a fortement condamné l’attaque israélienne contre la flottille d’aide pour Gaza et a estimé que cela ne peut pas être qualifié de simple attaque. « C’est un crime organisé contre des gens innocents qui manifestent contre l’injustice. Nous espérons que la politique internationale envers Israël changera après ce crime. Il faut que la communauté internationale avertisse Israël et l’oblige à résoudre la situation en assurant une solution égale », a-t-il dit.

Question – La colère d’Israël face à la Turquie a entraîné cette attaque, où alors emmènera ce massacre ?

Général Michel Aoun – Je ne peux pas le qualifier d’attaque puisqu’une attaque est normalement contre une personne égale. Il s’agit plutôt d’un crime organisé commis par Israël contre des personnes innocentes qui s’opposaient aux injustices.

Je pense que ce crime est très dangereux et va sans doute faire trembler le monde. Nous espérons voir des changements dans la politique internationale et pas seulement locale. Car, on ne peut plus se contenter des théories des conseils d’orientation à Israël, cela ne changera pas du tout son attitude, mais à partir d’aujourd’hui, il doit y avoir des moyens de dissuasion, avec un ultimatum pour Israël pour adopter une solution, et non seulement des moyens pacifiques qui eux peuvent durer des décennies.

C’est ce que nous espérons, que ce crime réveille la conscience de l’humanité, que pour une fois, la communauté internationale agisse sérieusement et conformément aux droits et à la justice avec Israël. C’est ce que je peux dire maintenant, et j’espère que ce sera le dernier crime avant d’imposer une solution à Israël.

Question – Comment vous commentez les images transmises sur les chaines télévisées concernant ce massacre à l’encontre de civils pacifistes ?

Général Aoun – Nous savons tous, et nous libanais en particulier, comment Israël s’est comportée pendant ses guerres au Liban où des actes de vengeances contre des civils se sont commis. Celui qui est capable de bombarder les enfants de Cana à deux reprises est en mesure d’entreprendre toutes autres opérations militaires, que ce soit contre des civils ou contre tout autre être humain.

Mais la différence est qu’Israël, au départ, essayait de trouver des prétextes et des argumentations pour se justifier, par exemple, elle dit qu’il y a eu une erreur technique ou une erreur dans l’identification de la cible, ou encore qu’il y a eu des tirs de roquettes… Et celui qui veut aider Israël laisse entendre que cette excuse est vraie.

Aujourd’hui, il n’y aurait aucune excuse pour permettre aux troupes israéliennes d’attaquer un navire et de tuer ses passagers lors d’une manifestation pacifique en pleine mer. Il n’y a aucune justification. Cela montre au monde le vrai visage d’Israël, nous étions convaincus depuis longtemps que ces actions israéliennes sont chose commune pour eux.

Question – Le Liban est actuellement président du Conseil de Sécurité des Nations-unies, et il y a une audience pour le conseil des ministres libanais dans lequel vous avez des ministres. Allez-vous évoquer ce massacre et inciter le Liban à agir en convoquant une réunion du Conseil de sécurité ?

Général Aoun : Je pense que c’est à l’État affecté d’abord d’être initiateur. La Turquie, par conséquent, devrait déposer une plainte contre Israël suite à l’agression contre ses ressortissants et ses navires.

Partant de là, le Conseil de sécurité doit se réunir à la demande de son président, qu’il soit le Liban ou tout autre pays. Nous espérons que le Liban aurait une position à cet égard.

Question – Au sujet des élections municipales dans sa phase finale dans le Nord, est-il un inventaire. Comment considérez-vous ce qui s’est passé hier dans le Nord ?

Général Aoun – Il y a eu une vague massive de popularité. Elle n’a pas commencé dans le Nord, mais dans la vallée du Bekaa et qui s’est déplacée vers le sud et a rebondi vers le Nord.

Je crois que ces résultats favorables sont venus parce que les gens commencent à faire la différence entre ceux qui veulent vraiment réformer et ceux qui portent le slogan et les discours réformateurs mais sans toutefois chercher à l’appliquer.

Le peuple a voulu donc finir avec ceux qui volent les slogans et a voulu appuyer ceux qui veulent réellement appliquer les principes de la réforme et la lutte contre la corruption.

En tout cas, à partir de maintenant, ce mouvement sera toujours évolutif et ce jusqu’à l’infini, si Dieu le veut. Nous avons fini avec l’ère des oscillations et de l’immobilisme pour renter dans une nouvelle ère de rigueur et de lutte contre ce rythme et cette façon de gouvernance avec laquelle nous n’irons pas très loin.

Question – Avant les élections de Batroun vous avez dit que cette bataille sera la plus importante de toutes. Alors que le Courant Patriotique Libre l’a menée et l’a gagnée, vos adversaires sous-estiment son importance et disent qu’ils ont le contrôle de tout le caza alors que vous avez gagné la ville de Batroun seulement.

Général Aoun – Il y a nos résultats positifs dans toutes les villes et nous ne voulons pas rentrer dans les détails, mais la bataille de Batroun a pris en compte l’Histoire de la ville avec ses familles Akl et Daou. Le présent de la ville de Batroun étaient Cheikh Boutros Harb, les Forces Libanaises, les Phalanges Libanaises ainsi que le Courant du Futur, sauf qu’ils ont tous perdu la bataille ensemble.

C’est le vrai sens de la bataille et les résultats vont aussi dans le même sens pour les autres capitales des casas du Nord : Batroun, Amioun, Zgharta, Tripoli, où nous étions dans la coalition éléctorale, ainsi que les capitales de Douniyyé et Akkar, à Bcharré également, nous avons gagné 4 mairies.

Il ne s’agit donc pas de la ville de Batroun mais d’une société qui change, et ce changement se fait autour des idées fondamentales que nous proposons humblement et que nous défendons jusqu’au bout.

Question – Les élections ont eu un caractère inter-chrétien en général, même dans le Nord, mais la communauté sunnite a connu les mêmes boulversements dans le Nord et dans le Bekaa. Considérez vous qu’il y a un changement dans le caractère électoral sunnite et est-ce qu’il est lié au rapprochement entre M. Hariri et la Syrie ?

Général Aoun – Ce n’est pas le caractère électoral sunnite qui a changé, mais l’opinion publique a compris que les slogans portés lors des précédentes élections n’ont pas été respectés ni appliqués. On ne peut plus continuer à alimenter la société de belles paroles mais vides de toutes actions qui permettent d’améliorer le quotidien des citoyens au niveau sécuritaire et économique…

C’est ce qui explique ce changement, et je pense que d’autres changements irréversible vont se déclencher, plus vastes et plus importants et que personne ne pourra plus les arrêter.

Question – Mon général, pensez-vous que l’incident de Dahr El-Aïn remet à la case départ la réconciliation entre les Forces Libanaises et les Marada, et gèle aussi la réconciliation interchrétienne en général ?

Général Aoun – Je pense que l’incident de Dahr al-Ain ressemble à une série d’incidents qui ont déjà eu lieu, sauf qu’aucun ne peut triompher au Liban s’il éduque les nouvelles générations à la haine et à la violence. Je voudrais donner un seul conseil : celui qui enseigne la violence et la haine sera celui qui paiera le prix. Et voici les conséquences de cette éducation qui commence à apparaître.

Question – Est-ce les élections municipales dans le Nord ont renforcé la relation entre les Marada et le Mouvement patriotique libre ?

Général Aoun – Pas du tout. Les relations étaient déjà fortes depuis l’établissement de notre coalition en 2005, et maintenant on ne voit que ses fruits. Si ces fruits n’étaient pas attendus par certains, mais pour nous ils étaient prévisibles. Ces résultats s’inscrivent dans le cadre de ce que nous avons conçu à l’avance.

Question – Est-ce que les résultats des élections municipales ont un effet sur le climat politique et gouvernemental ?

Général Aoun – Oui, certainement. Il était voulu par ces élections de frapper certaines positions de force bien précises chez l’opposition, or, il s’est avéré que ces positions de force étaient plus fortes qu’on ne le pensait. Ceux qui voulaient dominer le pays en imposant des élections brutales avec des délais courts se retrouvent très déçus aujourd’hui. On ne cesse de les surprendre, et les surprises nous sont toujours favorables.

Question : Certaines victoires électorales étaient prévues pour l’opposition tandis que d’autres victoires ont surpris vos adversaires, notamment les chrétiens ?

Général Aoun – Bien sûr. Pour nous, les élections du Bekaa et Jezzine étaient un indice pour ce qui allait se passer dans le Nord. Le mouvement transformateur a gagné toutes les régions libanaises, notamment le changement constaté dans le public du Courant du Futur.

Les slogans et discours éléctoraux utilisés pour inciter leur public au vote n’étaient pas vrais. Il y avait une sorte de tromperie et de désinformation dans leur discours médiatique. Il se trouve aujourd’hui que ce discours est épuisé et il ne reste que la vérité qu’on regarde dans sa forme réelle.

Tout d’abord, en 2005, ils ont commencé par dire que « celui qui votre contre les listes du martyr (Rafic Hariri) tire une nouvelle balle sur le martyr », ensuite ils ont parlé de « vengeance et de tribunal pour le martyr »… Il y a aussi la propagande utilisée dans les régions chrétienne, celle qui dit que « le CPL va imposer le voile aux chrétiennes, et que le Hezbollah va envahir les chrétiens, que l’Iran et la Syrie vont attaquer le Liban », ils ont mêmes distribué des tracts qui parlent d’une attaque militaire syro-iranienne…

On les voit aujourd’hui tous courir vers la Syrie, d’autant plus il n’y a aucun fondement pour cette campagne hostile menée contre la Syrie. Le déroulement des évènements a montré que la propagande était fausse et que depuis le début, nous avions raison dans nos choix politiques.

On pourrait avoir des bénéfices circonstanciels des mensonges, mais une fois la vérité exposée, leurs mensonges se sont retournés contre eux. Ils sont en train de payer le prix de leur fourberie que leurs médias ont utilisée pour inonder le public libanais.

Question – Peut-on dire que la perte de crédibilité de vos adversaires leur a fait perdre ses élections ? Qu’en pensez-vous vous également de l’argent électoral ?

Général Aoun – Bien sûr, il a été constaté avec le temps et les faits qui ont émergé que j’avais raison et que j’ai toujours dit la vérité à mes concitoyens. Mes paroles sont prouvées par des faits qu’on peut voir sur le terrain, tandis que leurs prétentions sont restées fausses et ne se sont jamais concrétisées.

Quant à l’argent électoral, le rachat des voix et des consciences aurait donné l’effet inverse également, même si une grande partie des libanais reste dans le besoin.

Je pense que le citoyen commence à connaître et à identifier la peur et le besoin que lui font subir certains politiciens, et il commence à se rebeller et à avoir le courage de rejeter cette situation. Nous avions donné des garanties à nos citoyens qu’aucun politicien ne peut plus les « toucher » illégitimement.

Question – Que dites-vous aux déçus et choqués de ces élections ? Les appelez-vous à changer leur façon de travailler ?

Général Aoun – Qu’ils soient choqués, ça ne me regarde pas, mais je peux leur donner un conseil qui sera utile à la fois pour eux et pour nous : je ne leur demande pas d’adhérer à notre parti, mais je leur dis que tout ce que vous fondez sur la haine, l’animosité et la violence va se retourner contre vous, et que la haine finit par tuer celui qui le porte.


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