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S’affranchir de l’U.E., Bastille des peuples, bâtir l’union du peuple de France ! Claude Beaulieu

dimanche 10 mars 2019, par Comité Valmy


Juin 2010

A l’unisson des autres peuples de notre continent, le peuple de France a pour l’essentiel, maintenant pris conscience du fait que l’Union européenne supranationale est à la fois une dictature en plein essor et une prison dont il est impératif de se libérer au plus vite. En effet, par étapes et à travers une longue expérience commune des dégâts qu’elle provoque dans tous les domaines, les peuples ont majoritairement compris que l’Europe fédérale des Länder (régions), dans laquelle on les enferme et les assujettit, est sous le contrôle absolu d’une oligarchie financière mondialisée, à dominante germano-américaine. Progressivement, ils perçoivent mieux que cette « construction européenne » est intrinsèquement perverse et que son caractère irréformable est inhérent à sa nature de classe.

Dans le monde du travail, les illusions distillées depuis des décennies par la fausse gauche européiste et atlantiste, à travers le mythe d’une Europe pacifique et de progrès, tendent à s’estomper au fur et à mesure que s’affirme au contraire dans la vie quotidienne, l’expérience de la régression économique, sociale et démocratique que cette Europe des banques impose aux peuples. Ceux-ci ont saisi qu’il était exclu que cette Europe néolibérale, de la concurrence libre et non faussée, puisse un jour être métamorphosée en Europe sociale.

Ces progrès de la prise de conscience collective, idéologique et politique, manifestes dans le peuple, ont été confirmés par le non majoritaire au référendum sur la constitution européenne. Ensuite, après le viol de la souveraineté populaire, ils l’ont été par le choix majoritaire et militant de l’abstention, lors des dernières élections, dans lesquelles les citoyens lucides, ne pouvant discerner dans le jeu électoral truqué qui leur était proposé, la moindre perspective positive allant dans le sens des intérêts populaires, ont choisi de ne plus cautionner ce système.

Cette clairvoyance est en rupture et en contradiction flagrante avec la stagnation dogmatique qui perdure dans les partis et chez les personnalités européistes – de droite comme de gauche - plus ancrés que jamais dans leur entreprise de démolition tous azimuts, conséquence inévitable de la concrétisation de leur programme commun maastrichtien, d’essence néolibérale. Les suppôts du fédéralisme européen, prisonniers de leurs choix politiques, sont dans l’incapacité de trouver une réponse positive à la crise systémique actuelle du capitalisme, qui bien que n’étant pas seulement celle du néolibéralisme, se trouve en permanence aggravée par les pratiques délétères de celui-ci. Ils sont toujours entraînés plus loin dans un engrenage désintégrateur de la vie économique et sociale, de la souveraineté populaire et de l’indépendance nationale. Ce cheminement les amène aussi à trahir les principes républicains et à détruire les libertés démocratiques.

Ainsi, à l’étape actuelle de son entreprise dévastatrice, l’euro-dictature vient-elle d’éliminer un nouvel élément de la souveraineté populaire et de l’indépendance nationale, en imposant à des gouvernements volontairement serviles, la validation préalable par Bruxelles des futurs budgets nationaux. Tout aussi inacceptable que cette dictature budgétaire est l’obligation faite par la Commission européenne à la France officielle, d’appliquer de nouvelles mesures d’austérité, dans la plupart des domaines. C’est ainsi qu’afin de « rassurer les marchés », Nicolas Sarkozy, toujours télécommandé depuis Bruxelles, a entrepris de précipiter la réalisation de sa volonté d’imposer le recul de l’age de la retraite.

La colère sociale qui monte dans le peuple de France contre Nicolas Sarkozy et son gouvernement de laquais de la Commission européenne, est légitime. Elle ne doit pas pour autant conduire les citoyens à se laisser duper par la posture actuelle de Martine Aubry. Celle-ci ainsi, que les autres dirigeants du PS, comme ils savent si bien le faire lorsqu’ils ne sont pas au pouvoir, jouent à nouveau cyniquement, face à l’UMP et à ses complices, la partition trompeuse de l’opposition de gauche, et cherchent ainsi à appâter les Français avec le mirage d’une alternance de progrès pour 2012, lors de la prochaine élection présidentielle.

Cette démagogie sociale-démocrate n’est pas nouvelle. Le monde du travail y est exposé depuis des décennies et grâce à l’expérience qu’il en a acquise au fil du temps, il ne se laissera probablement plus manipuler facilement par des promesses de lendemains qui chantent, liées à la mythologie de l’union de la gauche, de la gauche plurielle, ou d’un autre pacte populaire à venir. De retour au pouvoir le Parti socialiste et ses alliés ne seraient à nouveau que des mandataires prétendument de gauche de l’oligarchie germano-américaine qui détient le pouvoir à Bruxelles. Il est évident qu’à la place du gouvernement vassalisé de droite, une Martine Aubry, un Fabius ou un Dominique Strauss Kahn que l’aristocratie financière tient en réserve, mèneraient leur activité foncièrement dans le même registre économique, politique et antisocial, décidé à l’échelle supranationale, en application du programme commun européiste de la vraie droite et de la fausse gauche.

Alors que le rejet républicain, patriotique et social de l’Union européenne et de ses conséquences désastreuses se fait de plus en plus clair, certaines forces qui se prétendent de gauche ou même « à gauche de la gauche » continuent à freiner le mouvement populaire qui se dessine, en semant des illusions sur le thème d’une autre Europe, à propos de laquelle ils ne précisent jamais qu’elle demeurerait fédérale. C’est notamment le cas de certains animateurs du Front de gauche, qui semblent enfermés dans les séquelles d’un ancien conditionnement dogmatique trotskyste, qui les conduit irrationnellement au nom d’une vision réductrice de l’internationalisme, à demeurer hostiles à la nation, alors que de nos jours, celle-ci, attaquée par la finance mondialisée et apatride, tend de plus en plus à se confondre avec le peuple.

Guillaume Guillon Lethiere - La Patrie en Danger

Le renoncement national a également corrompu l’esprit de certains dirigeants du Parti Communiste Français qui ont oublié que pendant des décennies et notamment pendant la Résistance, les communistes français ont conjugué patriotisme et internationalisme. C’est en particulier le cas parmi bien d’autres, de Marie George Buffet, de son clone Pierre Laurent ou encore de Francis Wurtz. Ce dernier, effectuant un virage à 180 degrés a renié totalement les idées favorables à l’indépendance nationale et hostiles à l’Europe supranationale, qu’il défendait avec force, en d’autres temps. Aujourd’hui il invoque « pour sauver l’euro et l’idée européenne », l’esprit de Robert Schuman qui a voté, en 1940, les pleins pouvoirs à Philippe Pétain.

Il n’est donc pas surprenant que, alors que le 35ème congrès du PCF vient de s’achever, cette vision antinationale demeure celle des dirigeants du PCF et de l’essentiel d’un appareil sélectionné de moins en moins démocratiquement. Ces dirigeants idéologiquement déracinés entendent persévérer dans la voie sans issue, d’une impossible refondation sociale de l’Europe supranationale. Ils proposent pour cela une nouvelle version de leur vieille démarche électoraliste synonyme de faillite, tout aussi chimérique que celles qui l’on précédée. C’est le sens de l’élaboration mise à l’ordre du jour, d’un « pacte d’union populaire » pour un « nouvel élan avec le Front de gauche ». Cette tentative sera donc nécessairement en retrait par rapport au niveau de la conscience acquis par le peuple de France. L’échec de cette démarche politique est dès maintenant prévisible, parce qu’elle n’entend pas lier la question sociale à celles de l’indépendance nationale et de la souveraineté populaire.

A droite la mythologie d’une autre Europe fédérale a aussi ses adeptes. Il y a quelques années, Dominique de Villepin pouvait être décrit comme un intermittent du Gaullisme en raison de sa juste attitude affirmant la souveraineté de la France à l’ONU, lors de l’agression américaine contre Irak et de ses déclarations politiques contradictoires et à géométrie variables. Nous disposons ainsi de discours favorables au « destin de la France » et à l’indépendance nationale, immédiatement contredits par d’autres, soutenant l’Europe fédérale, le traité constitutionnel rejeté par notre peuple, puis la ratification parlementaire illégitime, du traité de Lisbonne en violation de la souveraineté populaire. Pour Dominique de Villepin, qui défend « l’ardente nécessité du couple franco allemand », synonyme d’hégémonie germanique, « le besoin d’Europe n’a jamais été aussi évident », bref, d’après lui, « l’Europe est l’avenir du monde »…

A la suite du discours qu’il a prononcé le 19 juin, lors de la constitution de son parti dénommé République solidaire, un blogue gaulliste l’a qualifié avec une certaine pertinence, de néolibéral centriste.* On retrouve dans ce discours la contradiction habituelle qui altère sérieusement la crédibilité de sa démarche et lui interdit d’être raisonnablement qualifiée de gaulliste. Entre l’euro-dictature et l’indépendance nationale liée à la souveraineté populaire, il faut choisir. Dominique de Villepin, jusqu’à ce jour n’a pas véritablement choisi la France. S’il ne le faisait pas, il rendrait définitivement illusoire l’espoir qu’il représente pour certains.

Aucun parti politique de notre pays n’est donc aujourd’hui au diapason de notre peuple. La nation, selon nous, est prête à une insurrection républicaine et citoyenne, destinée à rétablir la démocratie, à reconquérir le droit inaliénable du peuple de France à disposer de lui-même et à imposer sa souveraineté. Construire une alternative véritable autour de ces objectifs, qui conditionnent la pérennité de la République et toute politique de progrès social, est donc plus nécessaire que jamais.

Le Comité Valmy et l’Arc Républicain de Progrès proposent une stratégie d’union du peuple de France c’est-à-dire, la construction, contre l’oligarchie financière et ses exécutants politiques, d’un front uni Républicain, patriotique, social et anti-impérialiste, s’inspirant du rassemblement de la Résistance et des principes toujours actuels, du programme du CNR. Cette démarche politique est potentiellement majoritaire, car elle répond aux intérêts objectifs essentiels du peuple-nation.

Le combat pour revenir au franc et se libérer de l’Union européenne, cette Bastille des peuples, est l’un des objectifs constitutifs et mobilisateurs de cette démarche révolutionnaire. Le positionnement par rapport à ce conflit, des personnalités et des organisations politiques, est devenu un critère qui va permettre aux citoyens de discerner sur le fond, et au-delà des attitudes de façade, des étiquettes ou des programmes mystificateurs, le contenu de classe véritable des ambitions et des finalités de chacun, tant il est vrai que les question sociale et nationale sont aujourd’hui indissociables.

Le 28 juin 2010

* ce texte est sur notre site


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