COMITE VALMY

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source : site communistes

Retraites : de Marie-George Buffet à Olivier Besancenot, la "gauche radicale" jette le masque : pas question de s’en prendre au capitalisme (à propos d’une tribune libre collective)

mardi 29 juin 2010, par Comité Valmy


Sous le titre « réforme des retraites, l’autre solution », est parue le 15 juin une tribune libre dans le journal "Le Monde " sous la signature collective du plus beau linge de la gauche. On y retrouve, des dirigeants de partis politiques (PCF, PG, Verts, NPA et même gauche du PS), des syndicalistes (CGT, FSU, Solidaires), plus les inévitables penseurs du capitalisme aménagé : ATTAC et la fondation Copernic. Marie-George Buffet et Olivier Besancenot font partie de ces prestigieux signataires.

Ce texte présente au moins l’intérêt de dire (clairement ?) ce que pense cette fameuse gauche radicale du gouvernement Fillon. Un texte intéressant tant par ce qu’il dit que surtout par ce qu’il tait.

Il faut bien une réforme des retraites

Ainsi, avec le titre, nous nous trouvons d’emblée dans la problématique posée par le Capital : l’une des tâches les plus importantes ordonnées aux véhicules de l’idéologie dominante est de convaincre les salariés de ce pays qu’il y a absolument besoin d’une réforme des retraites. Or, indiquer qu’en matière de réforme, il existe une autre solution que l’actuelle, c’est valider l’idée qu’il en faut une à tout prix, fusse-t-elle différente de celle proposée par le gouvernement.

Une étude fine du texte permet de relever ici et là des phrases qui vont dans le même sens. La critique faite au gouvernement s’inscrit dans l’idée que le gouvernement serait incapable de trouver des solutions : « un projet aussi mystificateur qu’inefficace » ; « la réponse vaut ce que vaut le diagnostic : erreur magistrale »

Une fois de plus l’absence de différence politique entre la droite et le PS entraîne ce dernier à s’en prendre… à l’incompétence du gouvernement ! Le PS désormais rejoint par la gauche radicale qui pointe l’inefficacité du dispositif gouvernemental.

Il ne faut surtout pas expliquer les raisons qui font agir ce gouvernement

Venons-en donc à ce qui n’est pas dit. Il n’y a pas un mot pour dire pourquoi le gouvernement mène une telle politique. La critique de la manière de discuter du gouvernement participe de la même démarche. L’attaque porte sur la forme. Tout est bon pour ne pas parler de la lutte des classes.

Voici ce que ce texte ne dit pas : le gouvernement n’est pas inefficace, son but est de mettre en place les mesures que réclament les capitalistes qui soient de nature à diminuer le coût de la force de travail en l’occurrence, le but poursuivi est la fin définitive du système des retraites hérité de 1945. Totalement au service du Capital, le gouvernement combat donc très naturellement les intérêts des salariés. Au regard des capitalistes, il est très efficace, à la fois par les mesures qu’il prend et par sa capacité à y associer les directions syndicales. Car enfin, qui accepte d’aller négocier quand il est sûr que tout ce que fera le gouvernement sera au détriment des salariés ?

Ne parlons pas du capitalisme, ni de sa crise systémique

Le texte prend appui sur des déclarations du COR (Conseil d’Orientation des Retraites) sans aucune critique de cet organisme créé justement pour répandre la soupe idéologique. Le COR est chargé de faire passer la bonne parole, selon une conception de l’économie totalement inféodée aux critères du Capital. S’en réclamer et tenter de l’opposer au gouvernement, est soit un aveu de complicité soit une tentative d’escroquerie intellectuelle.

On y cherchera en vain le mot capitalisme. Il n’y est qu’une fois, affublé du qualificatif de néolibéral. Même la crise actuelle n’est pas considérée par nos auteurs "radicaux" comme celle du système, mais seulement comme une crise financière. Il n’y a aucune remise en cause de ce système, puisque les auteurs proposent de "réorienter les politiques économiques qui privilégient la finance", en clair, il s’agit d’aménager le système et surtout pas de le contester, encore moins le changer. L’analyse même occulte la réalité de la crise : on se borne à dire que « les tenants de la finance se refont une santé » mais pas un mot sur la cause fondamentale : la concurrence sauvage entre les multinationales d’Europe, d’Amérique et d’Asie, sur la quasi-obligation dans laquelle elles sont de réduire le coût de la force de travail. S’il fallait évoquer la baisse tendancielle du taux de profit, cela risquerait de choquer dans les chaumières de la gauche !

N’expliquons surtout pas les causes réelles du pseudo déficit

Le système de 1945 n’est pas expliqué ni défendu. Il n’est pas un mot pour nous dire d’où vient le déficit des caisses de retraite, pour dénoncer l’institutionnalisation depuis 1991 (par le gouvernement socialiste Rocard) de ce que nos journalistes appellent des "exonérations de charges", qui sont en réalité l’autorisation pour les capitalistes de voler notre salaire différé. Aujourd’hui, dans le privé, le patronat cotise à hauteur de 12 %, contre 50 % en 1945.

On chercherait en vain dans le texte de la "gauche radicale" la moindre injonction afin que ces voleurs remboursent, ce qui gommerait évidemment le soi-disant déficit. On chercherait même tout aussi en vain, une phrase disant que, désormais, ils ont assez fait leur beurre et qu’il est temps de supprimer ces exonérations.

Il n’est pas question de s’en prendre au capitalisme

Que les capitalistes soient rassurés : « Il s’agirait de n’amputer que les dividendes nets reçus par les actionnaires et non les capacités d’investissement des entreprises, et parce que cela ne renchérirait pas les coûts de production. » Nul ne souhaite vous prendre votre propriété, juste écorner un peu vos dividendes, taxer vaguement les revenus financiers, rien qui remette en cause le système. On pourrait par là-même séparer le bon grain de l’ivraie, les bons patrons qui investissent des mauvais qui donnent des dividendes.

Conservons la société capitaliste, c’est bien là toute la morale de ce texte. L’idéalisme philosophique y pointe son nez. On y trouve au passage les thèmes éculés de l’idéologie de l’écologie politique : le gouvernement est accusé de s’obstiner à « promouvoir une société engagée dans un cycle productiviste sans fin » et un vieux thème judéo-chrétien que la CFDT avait mis au centre de son orientation dans les années 80 : « le partage du travail ».

Les actionnaires peuvent dormir tranquilles, ni « l’organisation d’une juste répartition des richesses » ni « une redéfinition des finalités de l’activité économique » ne sont de nature à les faire trembler. Nous l’avons écrit ici à plusieurs reprises, le partage des richesses n’est pas de nature à combattre le capitalisme, au contraire, il valide l’existence des exploiteurs, quitte à ce qu’ils en lâchent un peu plus.

Mais la question fondamentale, ce qui fait l’existence même du capitalisme, la propriété privée des moyens de production et d’échange, n’est jamais remise en cause. La gauche, radicale ou pas, s’accommode décidément de ce système, il n’y a rien à en attendre. Seule la lutte nous permettra de gagner la survie de notre système de retraites, une lutte axée sur les vraies questions, avec pour objectif le retour au système de 1945, hérité du programme du Conseil National de la Résistance.

1 Message

  • Regardons la Chine, le pays ou ZE DONG MAO a fait crever un million de gens de famine qui aurait cru que la chine devienne la vitrine du Communisto-capitalisme ! La totale richesse pour les riches et la misère totale pour les pauvres : encore plus fort que le grand Satan ! En tant que français modeste et perdu, volé par le Nouvel Ordre Mondial et sa crise bienfaitrice (pour certains) j’ai navigué de z à l’Alter mondialisme et voila maintenant que ATTAC n’est pas clair ! : Eva R istons au service de Woertz ?!!...La force du peuple, de la populace (dont je suis) est son extrême niaiserie. Ce profond crétinisme entretenu sans efforts par des médias complices fait que n’importe quel manipulateur ayant quelques dons peut espérer prendre le pouvoir : souvenez-vous : on a même vu NS réciter du Jaurès ! Je crois que nous sommes mal partis et que s’il y a reprise nous n’en bénéficierons pas ! signé un lapin crétin.

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