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UN SAAKACHVILI PEUT METTRE LE FEU A LA PLAINE ! Par Claude Beaulieu

dimanche 24 mai 2015, par Comité Valmy


Voir en ligne : Nino Bourdjanadze : La Géorgie au seuil d’une révolution - RIA Novosti

Un Saakachvili peut mettre le feu à la plaine !

Union des peuples du monde contre la menace américaine qui grandit !

Nombreux sont les commentateurs politiques qui considèrent que Mikhaïl Saakachvili, s’il est bien responsable du carnage provoqué en Ossétie du Sud par l’intervention militaire et les bombardements géorgiens qu’il a déclenchés, n’en est pas le principal initiateur.

Dans Libération, Bernard Guetta par exemple a estimé que : « Mikhaïl Saakachvili n’est pas le seul coupable. Ses responsabilités sont immenses. Il s’est lancé à la reconquête de l’Ossétie sécessionniste sans penser le coup d’après, sur un coup de dés, sans être certain que l’Occident l’appuierait face à l’inéluctable réaction russe. Il a créé une crise internationale de première ampleur et mené son peuple à une défaite assurée, mais la profondeur même de cette aberration dit qu’elle ne peut pas relever de sa seule erreur ».

Saakachvili n’est qu’un agent américain installé à la tête de l’Etat géorgien par les services étasuniens, comme d’autres dirigeants actuels dans d’autres ex- pays de l’Union Soviétique. Il est impensable qu’il ait pu se lancer dans cette aventure belliqueuse de sa propre initiative et sans y avoir été incité. Coïncidence : Condoleeza Rice était précisément à Tbilissi les 8 et 9 juillet 2008, où elle devait préparer « le coup du 8 Août et rencontrer très officiellement la marionnette ossète, Dimitri Sanakojew, chef du « gouvernement ossète en exil » fabriqué par Saakhachvili, qui aurait dû être installé à Tshkinvali après l’éviction manu militari, voire la liquidation physique, de l’actuel gouvernement de l’Ossétie du Sud » (voir l’article "Les Gros sabots de l’impérialisme" de Comaguer.)

Des manœuvres militaires américano-géorgiennes auxquelles participaient, outre les nombreux « instructeurs » présents en permanence, 1000 autres soldats US venus d’Italie et d’Allemagne, ont été terminées en Géorgie la veille de la provocation militaire menée par les mercenaires des Américains contre l’Ossétie. Manifestement tout était planifié, y compris, assez probablement, la déconfiture inéluctable de ce supplétif des Américains qu’est Saakhachvili. Celui-ci semble avoir été manipulé par les néo-conservateurs étasuniens afin de relancer leur stratégie de guerres préventives.

Depuis l’effondrement de l’URSS et la dissolution du Pacte de Varsovie (1er juillet 1991), l’impérialisme américain et l’OTAN n’ont jamais cessé de mener une stratégie anti-russe d’encerclement. Ainsi, en mars 1999 l’OTAN a intégré la République tchèque, la Hongrie, la Pologne, puis la Roumanie en 2004. Après avoir financé et organisé aux portes de la Russie les pseudo révolutions « oranges » en Ukraine et en Géorgie, les dirigeants étasuniens y ont installé, avec l’aide des euros-atlantistes, des gouvernements fantoches qui, eux aussi, demandent d’intégrer l’OTAN, ce qui ne correspond ni à l’intérêt de leurs peuples, ni à celui de la paix dans le monde.

Les attentats du 11 septembre 2001 sur lesquels la lumière reste à faire, ont aussi servi de prétexte à la sortie des USA du traité ABM de 1972, conclu entre Nixon et Brejnev et qui empêchait les bellicistes américains de poursuivre leur militarisation de l’espace. Annoncé le 13 décembre 2001, ce retrait du traité ABM a immédiatement permis à G.W. Bush de relancer la « guerre des étoiles » et la constitution unilatérale, pour le moment, d’un bouclier antimissile destiné à renforcer la domination militaire américaine. L’un des objectifs de la crise déclenchée par les va-t-en-guerre étasuniens semble avoir été de profiter de celle-ci pour accélérer la signature d’un accord sur le déploiement d’éléments de ce système américain antimissile sur le territoire polonais. « L’Amérique a tout simplement réalisé son plan », a déclaré à l’agence RIA Novosti un analyste politique russe.

L’intervention militaire géorgienne est aussi une affaire de pétrole. Elle offrait aussi, pensaient les atlantistes, l’objectif stratégique de sécuriser l’oléoduc BTC (pour Bakou-Tbilissi-Ceyhan) qui conduit du pétrole depuis l’Azerbaïdjan jusqu’à la Turquie via la Géorgie – 260 km dans ce pays sur un total de 1776 km. A noter que 20% du pétrole consommé par Israël provient de cet oléoduc dont il est partenaire.

Les dirigeants étasuniens ont fait de la Géorgie, depuis des années, l’un des postes avancés de leur stratégie d’agression et de guerre. Quelles sont leurs intentions actuelles ? Concernant la signification de l’encouragement des USA et de l’OTAN à l’agression de l’Ossétie du Sud par la Géorgie, la question posée par Michel Chossudovski est pertinente : « Est-ce une provocation délibérée destinée à déclencher la réponse militaire des Russes, pour les aspirer dans une confrontation militaire élargie avec la Géorgie (et les forces alliées), qui pourrait dégénérer en guerre » ?

Certains considèrent en effet que les Etats-Unis sont déjà dans un processus conduisant à une troisième guerre mondiale. Mais la pire des hypothèses n’est pas encore certaine. La donne géopolitique a changé et les Etats-Unis, encerclés par la réprobation hostile des peuples du monde dont ils sont l’ennemi commun, ne sont plus certains de vaincre ni d’avoir les moyens de réaliser leur ambition (c’est-à-dire pérenniser leur domination mondiale), même s’ils peuvent toujours détruire la planète.

Le secrétaire américain à la Défense, Robert Gates, a déclaré jeudi 14 août lors d’une conférence de presse qu’ « il ne voulait pas de retour à l’époque de la "guerre froide", bien que les relations américano-russes puissent être affectées négativement pour les années à venir »… En réalité, les dirigeants étasuniens n’ont jamais cessé leur « guerre froide » contre la Russie, qu’ils ont plutôt eu tendance à réchauffer comme l’a montré la triste histoire du sous-marin russe Koursk.

Depuis plus d’un siècle, les impérialistes américains développent leur stratégie de domination mondiale. Durant la seconde guerre mondiale par exemple, ils ont entrepris la constitution en France d’une cinquième colonne, euro-atlantiste avant l’heure, qui monopolise le pouvoir d’Etat depuis la Libération ( les seuls gouvernements favorables à l’indépendance nationale et à la souveraineté populaire auront été ceux du Général de Gaulle -avec ou sans ministres communistes-).

Les déclarations actuelles de certains dirigeants étasuniens sur leur non-intervention militaire dans le Caucase n’ont aucune crédibilité et n’engagent que ceux qui les prennent au sérieux. Les Etats-Unis se sont installés dans une logique de guerre, dans un engrenage que seul un vaste front anti-impérialiste des peuples du monde et des nations libres pourra mettre en échec.

Il sera, de ce point de vue, intéressant d’observer, au sujet de la crise caucasienne, quelles seront les réactions éventuelles de solidarité envers la Russie de l’Organisation de Coopération de Shanghai, restée silencieuse jusqu’ici et objet de manigances étasuniennes Son sommet annuel est prévu pour le 28 août. La République populaire de Chine n’ignore pas qu’elle est également directement concernée par la volonté américaine d’encerclement et de conflits militaires.

L’Union européenne supranationale est germano-américaine. Pour l’essentiel elle est vassale des Etats-Unis. Dans une certaine mesure cependant, elle vit des contradictions inter-impérialistes. Les intérêts de l’Allemagne, qui construit méthodiquement son hégémonie nationaliste sur l’Europe, ne coïncident pas toujours avec ceux des Américains. Ainsi, en avril 2008, l’Allemagne, suivie par la France, a amené le sommet de l’OTAN à repousser jusqu’en décembre l’examen du projet d’intégration de la Géorgie et de l’Ukraine. L’ancien chancelier allemand Gerhard Schröder a déclaré le 16 août à Berlin que les hostilités qui ont éclaté dans le Caucase ont été provoquées par « l’invasion géorgienne de l’Ossétie du Sud ».

Sarkozy l’Américain, au nom de la France vassalisée, a déjà fait savoir qu’il soutiendrait les dirigeants américains en cas d’attaque contre l’Iran. Il ne fait guère de doute que si les USA s’engagent plus avant dans le processus qu’ils ont entrepris et qui mène à un affrontement militaire avec la Russie, ils pourront compter sur les militaires de l’armée française en tant que supplétifs et comme chair à canon. Les Français savent que les dirigeants du Parti Socialiste sont tout aussi atlantistes que ceux de l’UMP. Rétablir la souveraineté populaire du peuple français contre le renoncement national et républicain de l’UMPS est à l’ordre du jour.

Il est ainsi devenu extrêmement urgent que le peuple de France construise une alternative politique nouvelle autour de la République, du peuple-nation, du progrès social et de la lutte anti-impérialiste pour la paix mondiale.

C’est dans cet objectif que le Comité Valmy a contribué à la création, le 21 juin dernier, de l’Arc Républicain de Progrès.

De façon urgente, l’intérêt supérieur de la France exige de :

• Rétablir son indépendance nationale

• Reconquérir la maîtrise de sa politique intérieure et extérieure

• Sortir de la logique UMPS de vassalisation

• Quitter l’OTAN et l’Europe supranationale.

Claude Beaulieu
Août 2008

5 Messages de forum

  • Un désarroi grand comme une civilisation.

    18 août 2008 — Est-ce le président turc Abdullah Gül qui voit juste lorsqu’il annonce que les USA doivent désormais envisager de “partager leur pouvoir” devant les nouvelles nécessités du monde ? « A new world order, if I can say it, should emerge », dit-il dans son interview du 16 août au Guardian. Le journal de Londres précise la pensée du président turc en ces termes, qui décrivent l’importance de la crise russo-géorgienne selon son point de vue : « The conflict in Georgia, Gül asserted, showed that the United States could no longer shape global politics on its own, and should begin sharing power with other countries. »

    Les observations d’Abdullah Gül constituent une des premières appréciations circonstanciée et digne d’intérêt d’un dirigeant politique de ce que pourrait ou devrait être la situation du monde après la crise russo-géorgienne, – lorsque la crise russo-géorgienne sera finie, si elle finit avec nous sains et saufs… En attendant, elle se poursuit et la marque principale de la situation politique, du côté occidental, c’est sans aucun doute le désarroi. Si l’on suit Abdullah Gül, ce désarroi serait l’expression de la douleur de l’accouchement du “nouveau monde” (« A new world order, if I can say it, should emerge »). L’aspect remarquable de la crise russo-géorgienne, et la marque de son importance, c’est son élargissement constant à partir des événements de la crise elle-même, à partir de ce qu’on aurait pu croire être la fin de la crise elle-même (le “cessez-le-feu” et tout ce qui s’ensuit).

    Effectivement, depuis le 9-10 août, on observe un processus de déstructuration de la situation, ou plutôt de dissolution des caractéristiques de cette situation puisqu’il s’agit d’une situation déstructurée elle-même, du monde tel qu’il était imposé par la politique américaniste depuis le 11 septembre 2001. Les acteurs principaux y tiennent leur rôle…

    • La prudence mesurée avec nécessité de garder tous les contacts avec les Russes des “vieux” Européens (France et Allemagne principalement, mais aussi avec l’Italie s’affirmant proche des positions russes). Cette position des “vieux” Européens ne se réalise pas dans l’allégresse mais plutôt dans un état de pression très inquiète, tant il est manifeste qu’elle rend compte, même si inconsciemment ou avec des pincettes, de la grande fracture en cours que décrit Abdullah Gül. Pour ces “vieux” Européens, l’évolution possible de la crise déclenchant la mise en place d’un “new world order” signifie nécessairement, d’une façon ou l’autre, une mise en cause du très confortable quoiqu’assez peu honorable (on parle de la servilité européenne vis-à-vis des USA) statu quo qui caractérise la sphère transatlantique depuis 1945.

    • L’inquiétude fiévreuse des “nouveaux” Européens (Pologne, pays baltes) affirmant leur solidarité avec un président géorgien en permanence au bord de la crise de nerfs, – et pour les meilleures raisons du monde, cette proximité de la crise de nerfs ; ces “nouveaux” Européens pressant d’autre part les USA d’affirmer une puissance que les USA n’ont plus du tout, – dur apprentissage des réalités du monde pour les “nouveaux”. Leur inquiétude est compréhensible parce que, en ce moment où il s’engage plus que jamais dans un schéma de néo-Guerre froide où ils auraient une place de choix, dans tous les sens du mot, ils se demandent si un “new world order” (Abdullah Gül) n’est pas en train d’émerger où leur “patron” US n’aurait pas du tout la place qu’ils auraient cru lui voir occuper.

    • L’activisme tardif, diplomatique et rien d’autre, d’une Amérique qui n’a plus les moyens de ses ambitions, mais qui aimerait faire subsister intactes ses ambitions. Pourtant, la réalité de l’Amérique, c’est qu’elle ne prendra pas de risques outre mesure, risques qu’elle n’a d’ailleurs plus les moyens d’assumer ; la réalité des USA, c’est bien plus le Secrétaire à la Défense Robert Gates annonçant que les relations Russie-USA vont être affectées “pendant des années” par la crise, mais répondant à une question d’un journaliste : « Il n’y aura pas d’intervention militaire US en Géorgie, est-ce clair ? »

    • L’énigme russe, la Russie à la fois vilipendée par la machine de propagande occidentale, – autre nom donné en Occident au “quatrième pouvoir” qu’est la presse, qui joue son rôle d’“adjoint du pouvoir” politique en l’occurrence , – à la fois jouant un jeu étrange de retrait-avancement de ses forces en Géorgie, d’occupation larvée ou de retrait qui prend son temps, tout en affirmant qu’elle est en train d’appliquer les consignes de l’accord de cessez-le-feu qu’elle a approuvé, puis signé semble-t-il, – mais l’a-t-elle vraiment signé (« oui c’est fait depuis le 15 août », assure Medvedev au téléphone de son ami “Nicolas”, dit Sarko), – et de quel accord s’agit-il, et que dit-il exactement cet accord ? Et ainsi de suite, avec cet air d’une confusion involontairement ou, après tout, savamment et machiavéliquement entretenue.

    Mais le fait est que, lorsque GW Bush “durcit le ton” (le 11 août), comme disent nos gazetiers si obligeant à la bonne diffusion de la bonne parole, c’est certes pour annoncer qu’il a donné aux forces armées US l’ordre de lancer une mission “robuste” en Géorgie, – mais c’est certes qu’il s’agit d’une mission humanitaire et de rien d’autre.

    L’USAF s’arrange d’ailleurs, par de multiples consultations avec les Russes, pour que ses C-17 passent sans encombre dans l’espace aérien géorgien, marrie à l’avance de tout incident de parcours. On mesure alors que les temps changent. Désormais, lorsqu’un brave Premier ministre polonais signe avec un non moins brave haut fonctionnaire du département d’Etat un accord commandité par le Pentagone et par l’industrie d’armement US (“business as usual”) pour quelques missiles anti-missiles opportunément anti-iraniens, c’est pour s’entendre dire par l’ambassadeur russe à l’OTAN Dmitri Rogozine que ce beau système n’est rien d’autre qu’un “chat crevé”, – et par un général russe que son pays risque désormais une attaque nucléaire, “à 100 %”…

    « …Russia’s deputy chief of staff turned on Warsaw and said it was vulnerable to a Russian rocket attack because of Thursday’s pact with the US on the missile defence project. “By deploying, Poland is exposing itself to a strike – 100 %,” warned Colonel General Anatoly Nogovitsyn. He added that Russia’s security doctrine allowed it to use nuclear weapons against an active ally of a nuclear power such as America. »

    Les Russes ne font plus dans le détail. Cela peut ne pas nous plaire, avec moult raisons, et l’on peut déplorer une certaine rudesse, une attitude un peu cavalière avec la fameuse “légalité” internationale (well, old chap, qui t’a fait roi ?). Il faut observer que nous avons bien préparé le terrain à la chose, en les traitant plus qu’à leur tour comme des “chiens crevés”. En un sens, nous sommes à l’heure des comptes, parce que l’alternative c’est très vite la perspective d’un affrontement avec une puissance dont tout le monde commence à se rappeler sans le dire tout haut qu’elle dispose actuellement d’un tout petit peu plus de 7.300 têtes nucléaires.

    Le désarroi occidental, que chaque parti exprime à sa façon, c’est bien celui d’une position rentière héritée de la Deuxième Guerre mondiale et poussée jusqu’à des extrêmes extravagants par la folie américaniste conduite par une logique de système marchand et bureaucratique, complexe militaro-industriel en tête, cette position soudain mise en question avec les arguments les plus brutaux et les plus contraignants. Le confort n’est plus de mise, la crise irakienne à côté, c’était du nanan puisqu’on ne tuait que des Irakiens. (Pardonnez-nous cette rudesse du propos, mais c’était bien le fond de leur pensée confortable.) Ils sonnent vrais et justes, les gémissements d’un Saakachvili au bord de la crise de nerfs, lors de sa conférence de presse du 15 août, au côté d’une Rice rentrée paresseusement de vacances : « Even as Rice stood with Georgian President Mikhail Saakashvili in a show of solidarity, he asked, “Who invited the trouble here ? Who invited this arrogance here ? Who invited these innocent deaths here ?” Shaky and near tears following a difficult, nearly five-hour meeting with her, Saakashvili answered his own question : “Not only those people who perpetrate them are responsible, but also those people who failed to stop it.”

    Nous sommes passés, en quelques jours, au bruit et à l’odeur puante des chars T-80 de la 58ème armée russe, de la “faith-based community” à la réalité terrible et révoltée du monde. Sortie de virtualisme, rien d’autre, mais rien de moins… Pendant ce temps, McCain clame, avec une incroyable ingénuité, « We are All Georgians », – sans bouger le petit doigt et avec les mains propres, on s’en doute, lui toujours dans le virtualisme complètement localisée des élections US.

    Dans son commentaire du 15 août, Patrick J. Buchanan note justement, cette parole d’or d’un connaisseur : « Americans have many fine qualities. A capacity to see ourselves as others see us is not high among them. » (A peu près : “Les Américains ont beaucoup de qualités, mais certainement pas celle de se mettre à la place des autres pour voir les Américains comme les autres voient les Américains”.)

    Les Russes en Géorgie, c’est une tragédie de plus de notre histoire agitée, et certainement pas la pire. Mais c’est bien autre chose. C’est, soudain, l’Occident américaniste et américanisée mis devant un miroir et forcé à se contempler. Le spectacle est, somme toute, intéressant, pour nous qui contemplons la chose en train de se contempler.

    Car il est vrai que, par instant, l’on commence vraiment à paniquer. Lisez le Times de Londres, c’est intéressant. Complètement “neocon”, à l’image de son patron Rupert Murdoch, viscéralement et hypocritement anti-russe au-delà de tout, mais parfois, désormais, avec un frisson de lucidité car le Times reste britannique. Au milieu de l’avalanche de propagande, lisez l’article du 15 août, de Michael Binyon décrivant, le souffle coupé, la façon dont le maître Poutine, joueur d’échecs au regard glacé, a mis l’Ouest échec et mat (« Vladimir Putin’s mastery checkmates the West ») ; puis, un jour plus tard, le 16 août, la très rapide analyse de Richard Beeston, qui exprime un sentiment qui commence à se répandre à Londres : « A catastrophe in the making ».

    Le sentiment de la “catastrophe”, à considérer l’“agenda” des semaines et des mois à venir, notamment la voie où s’est engagée l’OTAN, qui sera sans doute absurdement confirmée car la vaniteuse et satisfaite civilisation occidentale ne recule jamais dans son entreprise de démocratisation des barbares des franges extérieures, jusqu’à l’Ukraine bien entendu : « If the West was surprised by the ferocity of Russia’s action in Georgia, the struggle over Ukraine will be far more intense. Many Russians regard their western neighbour as part of their homeland, a view shared by many Russian-speaking Ukrainians. Moscow and Kiev are already locked in a bitter dispute about the future of the Black Sea Fleet base at Sevastopol. Nato membership would exacerbate the row. Any outbreak of violence could have huge repercussions. »

    C’est-à-dire, observe Beeston, effaré, à partir de la crise géorgienne agissant comme un détonateur, un incendie qui ne s’arrêterait plus : « This conflict threatens to trigger a struggle that, if badly handled, could consume an entire continent. »

    Bien, nous ne partageons pas nécessairement cette sombre appréciation de notre destin pour les semaines et les mois à venir. Nous serions plutôt pour un mélange d’Adullah Gül, qui commençait notre propos, et de Beeston, qui le termine. Nous pensons également, plutôt que d’applaudir à une extraordinaire performance de Poutine dans la crise géorgienne comme fait Binyon, que cette crise est surtout, voire exclusivement pour son fondement due à l’absurdité de la politique occidentaliste sous inspiration américaniste, qui empile partout des puissances agressives sans leur donner aucun moyen de réaliser leurs objectifs ; c’est elle qui enfanta Saakachvili, qui l’arma et qui l’équipa, qui lui donna l’illusion de puissance qui le conduisit à sa grossière erreur du 7 août, et c’est elle, bien entendu, qui ne fit rien pour tenir la promesse implicite de soutien qu’elle lui avait faite. Les circonstances opérationnelles et la résolution politique font que la Russie était absolument prête à saisir l’occasion qui s’offrait à elle. Elle la saisit. L’affaire géorgienne est beaucoup plus une défaite majeure de la politique américaniste qu’une victoire de la politique russe.

    Il reste que cette circonstance dramatique établit de nouvelles conditions, également dramatiques, qui peuvent justifier certains aspects de la vision apocalyptique de Beeston, – de son point de vue d’atlantiste, sans aucun doute, mais gardant à l’esprit qu’il s’agit d’un point de vue, qui implique une politique bien précise. Il reste que le moment est sans aucun doute historique. En un sens qui paraphrase le soldat-poète Alan Deere à Verdun, “nous avons rendez-vous avec l’Histoire” (Alan Deere, lui, écrivait qu’il avait “rendez-vous avec la mort”, et qu’il ne manquerait pas ce rendez-vous, “fidèle à la parole donnée”, – ce qui fut fait car, en ce temps-là, on avait encore une parole).

    Nous rencontrons la tragédie du monde, avec toutes ses inconnues et ses incertitudes terribles, – mais tout, tout vaut mieux que les épouvantables mensonges, que le conformisme collant comme du miel, que la fermeture de l’esprit de cette intoxication mortelle de la psychologie qu’est leur virtualisme.

    Voir en ligne : http://www.dedefensa.org/article-un...

    • Commençons par ce que ne raconte pas le « témoignage » de BHL : les conditions de la balade. Mercredi 13 août, rendez-vous est pris à l’aéroport du Bourget devant l’aérogare de Darta, une compagnie d’aviation privée. Le philosophe a loué un jet pour rallier Tbilissi, qui n’est plus desservie.

      Il est accompagné par son vieux complice, l’éditeur Gilles Hertzog, le documentariste Raphaël Glucksmann et un journaliste de France Culture, Omar Ouamane. Plus un garde du corps. Le jet se pose vers midi en Géorgie, « juste pour le déjeuner », précise Raphaël Glucksmann. Prévenue par son ambassadeur à Paris, la présidence géorgienne a dépêché l’un de ses traducteurs pour accompagner BHL durant tout son séjour.

      Celui-ci sera court, puisque Bernard-Henri Lévy repartira samedi matin, à 8 heures, de Tbilissi. Il aura donc passé deux jours et demi en Géorgie. L’équipage descend au Marriot Tbilissi, un hôtel cinq étoiles fréquenté par les journalistes et les diplomates.

      Plusieurs journalistes français, surpris par sa présence, interrogent dès son arrivée l’intellectuel qui ne cache pas les motifs de son voyage : défendre la liberté en Géorgie contre l’ogre russe. Plusieurs radios, comme France Inter, France Info ou RFI, diffuseront des extraits de ces interviews.

      Dans un minibus blanc climatisé, direction Gori, l’une des villes occupées par les troupes russes. Première « chose vue », sur la route : « Le fait est que la première présence militaire significative à laquelle nous nous heurtons est un long convoi russe, cent véhicules au moins, venu tranquillement faire de l’essence en direction de Tbilissi. »

      L’envoyé spécial du Nouvel Observateur, Christophe Boltanski, qui emprunte la même route, le même jour, a compté les véhicules de cette colonne. Il en a recensé trente : six camions de troupes, six camions citernes, sept blindés APC, trois camions essence, six chars, deux ambulances.

      Encore quelques kilomètres et l’équipage retrouve un groupe de journalistes, bloqués à un barrage tenu par la police géorgienne. Les journalistes ont suivi Alexandre Lomaia, le conseiller géorgien pour la sécurité nationale, qui avait décidé courageusement de se rendre à Gori, accompagné de l’ambassadeur d’Estonie. Le convoi est bloqué à quelques kilomètres au sud de la ville. BHL descend alors de sa camionnette blanche.

      Vincent Hugeux, grand reporter à L’Express, s’étonne : « J’ai reconnu sa silhouette. Il était accompagné de Gilles Hertzog et Raphaël Glucksmann. BHL a même lancé à un journaliste français : ‘Ah, mais nous sommes confrères !’ »

      BHL franchit le barrage, dans des conditions sur lesquelles nous reviendrons, et racontera dans Le Monde la scène suivante :

      « Nous arrivons à Gori. Nous ne sommes pas au centre-ville. Mais, du point où Lomaia nous a laissés avant de repartir, seul, dans l’Audi, récupérer ses blessés, de ce carrefour que contrôle un char énorme et haut comme un bunker roulant, nous pouvons constater les incendies à perte de vue. Les fusées éclairantes qui, à intervalles réguliers, illuminent le ciel et sont suivies de détonations brèves. Le vide encore. L’odeur, légère, de putréfaction et de mort. « Et puis, surtout, le bourdonnement incessant des véhicules blindés et, une fois sur deux à peu près, des voitures banalisées remplies de miliciens reconnaissables à leurs brassards blancs et à leurs cheveux retenus par des bandanas. « Gori n’appartient pas à cette Ossétie que les Russes prétendent être venus « libérer ». C’est une ville géorgienne. Or ils l’ont brûlée. Pillée. Réduite à l’état de ville fantôme. Vidée. »

      Problème : BHL n’est jamais « arrivé à Gori », et les Russes n’ont pas « brûlé » la ville.

      Que s’est-il passé ? Avec son équipe, il s’est débrouillé pour passer ce premier barrage en compagnie d’Alexander Lomaia et de quelques autres personnes (l’ambassadeur estonien, la députée européenne Marie-Anne Isler-Béguin et la journaliste du Washington Post Tara Bahrampour).

      Deux heures plus tard, vers 22h30, dans la nuit noire, BHL est de retour au premier barrage où attend la presse. Il sort du véhicule, le visage grave, et avec sa voix de Malraux, il témoigne devant les journalistes :

      « La ville est nettoyée, Gori est une ville fantôme, il y a des flammes partout ; apparemment pas âme qui vive, Gori a été vidée de sa population. C’est ce que les Russes appellent la pacification. »

      L’eurodéputée Marie-Anne Isler-Béguin intervient alors pour démentir : « mais non, on n’était pas à Gori », dit-elle aux journalistes, « on a été bloqués à un barrage à 1,5 kilomètre de la ville ». Elle connaît cette région depuis huit ans. Seuls les champs brûlaient, ajoute-t-elle. Les armées brûlent parfois les champs pour éviter le risque des snipers embusqués.

      Déléguée du Parlement européen pour le Caucase Sud, Marie-Anne Isler-Béguin revient sur l’épisode pour Rue89 : « Je viens de découvrir son témoignage. Je suis un peu surprise qu’il n’ait pas tout à fait dit comment ça c’était réellement passé. Mais il a peut-être oublié… J’ai vu Bernard-Henri Lévy pour la première fois lors de ce voyage au check-point où étaient bloqué tous les journalistes, à cinq kilomètres de Gori. « Si Bernard-Henri Lévy est monté avec Lomaia et moi, c’est parce que j’ai intercédé en sa faveur. C’est lui qui m’a demandé : « Madame la députée, je voudrais me joindre à la délégation. » Et c’est moi qui ai obtenu l’accord de l’ambassadeur d’Estonie. Dommage qu’il ait oublié ce petit détail… En plus, c’est le seul qui soit monté dans la voiture avec son garde du corps. « Et il y a d’autres approximations. S’il arrive à distinguer les militaires des paramilitaires, il est plus doué que moi. S’il a senti une odeur de putréfaction, moi pas. Il écrit aussi que Gori a été brûlée, pillée et réduite à l’état de ville fantôme, mais à ce moment-là, on ne pouvait pas le dire, tout simplement parce que personne n’y était encore allé. Enfin, nous nous sommes arrêtés à 1,5 kilomètre de Gori. »

      Gilles Hertzog, fidèle compagnon de route de BHL, confirme lui aussi la version de l’élue : « Non, on n’est pas rentrés dans la ville, on est resté à l’orée de la ville, je ne sais pas à combien de kilomètres de Gori. Il faisait nuit, on apercevait vaguement des bâtiments quand il y avait des fusées éclairantes, mais on n’était que sur le bas-côté d’une route. Il y avait des champs qui brûlaient autour de nous, on nous a dit que c’était du ‘farming’ [des feux allumés par des cultivateurs, ndlr], mais je ne l’ai pas cru. »

      Et même divergence avec BHL sur l’odeur de putréfaction : « Personnellement, je n’ai rien ressenti, mais peut-être que mon ami Bernard-Henri Lévy, lui, l’a ressentie. »

      Dans son reportage, la journaliste du Washington Post raconte elle aussi cette virée, mais en précisant bien clairement, en début de l’article, qu’elle n’a pas vu la ville. Le « byline », l’indication du lieu et de la date du reportage placée au début du texte, est très clair : « OUTSIDE GORI, Georgia, Aug. 13 » (« En dehors de Gori, le 13 août »).

      Et que penser de la seconde tentative pour se rendre à Gori le vendredi ? BHL écrit dans Le Monde :

      « Vendredi matin. Nous décidons, avec Raphaël Glucksmann, Gilles Hertzog et la députée européenne, de revenir à Gori que, suite à l’accord de cessez-le-feu rédigé par Sarkozy et Medvedev, les Russes auraient commencé d’évacuer et où nous sommes censés rejoindre le patriarche orthodoxe de Tbilissi en partance, lui-même, pour Shrinvali, où des cadavres géorgiens seraient livrés aux porcs et aux chiens. « Mais le patriarche est introuvable. Les Russes n’ont rien évacué. Et nous sommes même, cette fois, bloqués vingt kilomètres avant Gori quand une voiture, devant nous, se fait braquer par un escadron d’irréguliers qui, sous l’œil placide d’un officier russe, fait descendre les journalistes et leur arrache caméras, argent, objets personnels et, finalement, leur véhicule. « Fausse nouvelle, donc. L’habituel ballet des fausses nouvelles dans l’art duquel les artisans de la propagande russe semblent décidément passés maîtres. Alors, direction Kaspi, à mi-chemin entre Gori et Tbilissi, où l’interprète de la députée a de la famille et où la situation est, en principe, plus calme. »

      Le documentariste Raphaël Glucksmann conserve un souvenir différent de ce « braquage ». Le convoi de trois voitures est stoppé au dernier barrage de la police géorgienne où on leur déconseille fortement de continuer :

      « Les policiers nous ont raconté qu’une voiture de l’UNHCR [le Haut commissariat aux réfugiés des Nations unies, ndlr] venait de se faire dépouiller au barrage russe. Nous avons donc rebroussé chemin. Je n’ai pas vu cette scène. C’est simple, la route fait un coude et juste après, à 500 mètres environ de là où nous sommes, il y a le barrage russe, mais on ne le voit pas. »

      La version de l’eurodéputée sonne, elle aussi, bien différemment de celle de BHL. Contrairement à ce qu’affirme l’intellectuel, elle n’était pas à ses côtés à ce moment précis : « Le jeudi, les autorités géorgiennes m’ont assuré que je pourrais aller le lendemain à Gori avec un convoi humanitaire. Mais, le vendredi, on attend une heure, deux heures, et on n’obtient toujours pas d’accord des Russes pour faire partir le convoi humanitaire. « Je n’ai donc pas pris de voiture en direction de Gori avec Bernard-Henri Lévy. Je n’ai pas non plus cherché le patriarche, qui a eu l’autorisation de se rendre à Shrinvali pour aller récupérer des corps de Géorgiens, car je savais où il était, mais j’ai seulement regretté de ne pas l’avoir contacté avant. « Je n’avais toujours pas bougé de Tbilissi quand, avec mon assistante géorgienne, on décide alors de se rendre au village de Kaspi, qui n’est pas en zone occupée. Et c’est là que Bernard-Henri Lévy revient vers moi et me dit : « On a fait équipe hier, est-ce qu’on continue à faire équipe ? »

      Gilles Hertzog, n’était pas non plus avec BHL : « Moi, je ne sais pas, je n’étais pas dans la même voiture que lui. Je ne sais plus exactement… Vous savez, on laisse faire nos chauffeurs, ce sont eux qui décident, qui savent où on peut aller. »

      Les autos partent en fait à Kaspi pour constater la destruction d’une usine électrique que filmera Glucksmann.

      Vendredi, seconde rencontre du philosophe avec le président géorgien Mikheïl Saakachvili. Bloqué depuis plusieurs jours dans sa résidence, le chef d’Etat interroge BHL et Raphaël Glucksmann : « Il nous a demandé comment c’était à Gori et Kaspi. Puis, ils ont un échange sur le thème : « Pourquoi l’Occident ne répond pas ? » Dans le récit qu’il a rapporté pour VSD, Hertzog raconte : « Bernard-Henri Lévy tente de leur remonter le moral. Pourquoi ne pas inciter les pays de l’Otan qui ont appuyé la demande de la Géorgie à se prononcer solennellement ? Pourquoi ne pas tenir vos conseils des ministres dans une ville menacée ? Saakachvili retrouve un instant le sourire. ‘Très bonnes idées !’, lance-t-il. » Ensuite, selon Glucksmann, les deux hommes parlent philosophie : « Saakachvili a lu ‘La Pureté dangereuse’ et puis il a eu une prof de philo, ancienne correspondante de Sartre, et comme BHL a écrit sur Sartre… »

      Retour à l’hôtel à l’aube, fin de l’escapade, tout le monde reprend l’avion vers 8h du matin. Direction Nice, où BHL a un rendez-vous. La folle vie continue.

      Le journal britannique The Independant ne s’est pas trompé sur la leçon à tirer de toute l’histoire. Dès lundi 18 août, il écrivait :

      « Les Américains ont envoyé des couvertures, les Estoniens des médecins, mais ce sont les Français qui, assurément, sont venus au secours des gens de l’Ossétie du Sud en proposant d’envoyer leur « nouveau philosophe » [en français dans le texte, ndlr] Bernard-Henri Lévy. »

      Julien Martin, Pascal Riché et David Servenay.

      http://www.rue89.com/2008/08/22/bhl-na-pas-vu-toutes-ses-choses-vues-en-georgie

      Voir en ligne : http://www.rue89.com/2008/08/22/bhl...

      • Sur l’article traitant de la "prestation" de BHL, j’ai le commentaire suivant à faire : La société française a pu et peut encore compter parmi ses membres de"vrais intellectuels", mais il est clair que BHL a été corrompu par le puissant reflet de sa propre image véhiculée dans les médias. Mais entasser dans le même panier la philosophie (la métaphysique), les couvertures, et autres bricoles humanitaires (et nos interventions "humanitaires" sont déjà perçues, elles aussi, comme des manoeuvres colonialistes...), fait piètre cas de ce qui, précisément, fait rempart contre le déferlement matérialiste qui nous submerge d’outre Atlantique. La philosophie fait partie des "humanités", ou aurions-nous oublié cela à une époque où la "science" cherche désespérément SA raison d’être ?
  • Je publie dans quelques jours un bouquin sur l’Abkhazie. Il faut se méfier de l’idée selon laquelle Saakachvili ne serait qu’un "pantin" des Etats-Unis. Parce que ce serait infantiliser le peuple géorgien qui l’a élu et oublier que ce peuple reste très mobilisé sur la question des séparatismes. Et puis n’oublions pas la thèse de Badie selon laquelle dans les cas de la Géorgie et d’Israël les vassaux finissent par gouverner leur propre maître (http://www.parutions.com/services/ ?pid=1&rid=4&srid=97&ida=9321&type=imprimer). Mon avis personnel est plutôt que les Etats-Unis (les Occidentaux en général) s’ils le souhaitaient auraient pu avec une certaine énergie détourner Saakachvili de ses intentions belliqueuses (comme ils ont neutralisé Nkunda au Congo par exemple), et que cette intention a fait défaut de leur part, parce que les néocons n’ont jamais été de très ardents pacifistes, c’est le moins qu’on puisse dire. Mais ça ne signifie pas pour autant que ce sont eux qui ont poussé Saakachvili à guerroyer. La guerre avec les sécessionnistes a toujours été sur l’agenda de l’armée géorgienne. Y compris à l’époque de Chevardnadze. FD

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