COMITE VALMY

Accueil du site > - ANTI-IMPERIALISME - Solidarité entre les peuples et nations (...) > L’OTAN UNE ALLIANCE DE PAPIER par John Laughland Ria Nonosti 27 août (...)

L’OTAN UNE ALLIANCE DE PAPIER par John Laughland Ria Nonosti 27 août 08

mardi 2 septembre 2008, par Comité Valmy

l’impérialisme US est un tigre en papier

Mao Tse Toung affirmait déjà en 1956 : « L’impérialisme américain est un tigre en papier », en estimant que les forces révolutionnaires et anti-impérialistes devaient en tenir compte tactiquement tout en le méprisant stratégiquement. « Aujourd’hui, les Etats-Unis sont puissants, mais à envisager les choses dans un cadre plus large, dans leur ensemble et à longue échéance, du fait qu’ils sont impopulaires, que leur politique est détestée et qu’ils oppriment et exploitent le peuple, le tigre est voué à la mort ».

A cela, d’autres communistes avec Kroutchev répondaient que « le tigre de papier avait des dents atomiques ». De concessions en abandons puis en capitulations cette vision défaitiste et opportuniste, n’est pas pour rien me semble-t-il, dans l’effondrement de l’URSS. L’OTAN aujourd’hui, c’est l’impérialisme américain avec ses vassaux euro- atlantistes, occidentalistes et ses autres supplétifs qui dans le monde entier, mènent en permanence des guerres d’agression.

Les dirigeants russes avec le soutien de leur peuple ont réagi légitimement et à bon escient à l’agression par marionnettes géorgiennes interposées, des néo-conservateurs U S conduits par Dick Cheney, que le vice président du parlement russe qualifie de principal ennemi de l’humanité.

Les peuples du monde ainsi que les nations libres - à l’exemple du Vénézuéla - devraient exprimer leur reconnaissance et leur solidarité envers la Russie agressée à travers l’Ossétie du sud. Ils sont également les bénéficiaires de ce coup d’arrêt porté à l’OTAN impérialiste et à sa frénésie de guerres tous azimuts. Claude Beaulieu.


L’OTAN EST UNE ALLIANCE DE PAPIER. Alors que la poussière commence à se disperser après le conflit en Ossétie du Sud et qu’au fur et à mesure ce sujet disparaît des gros titres de la presse occidentale, il devient parfaitement évident que la Géorgie n’adhérera jamais à l’OTAN et que le rapport des forces dans le monde a radicalement changé à la suite de cette petite guerre de cinq jours.

Au cours du conflit, de nombreux représentants des médias russes (comme, sur le plan général, la population du pays) n’ont cessé, semble-t-il, de penser aux conséquences de l’évaluation négative de la position de la Russie qui a prédominé dans les médias occidentaux.

Effectivement, les médias de toute l’Europe occidentale et de l’Amérique du Nord ont clairement accordé leur préférence à la position géorgienne et leurs commentaires avaient une tendance très antirusse. Il est également évident que cette évaluation négative est le résultat d’une longue période de détérioration des rapports entre la Russie et l’Occident qui a atteint son apogée aussitôt après le conflit en Ossétie du Sud, lorsque Condoleezza Rice s’est rendue à Varsovie pour signer l’accord sur le déploiement du nouveau système américain de défense antimissile sur le territoire de la Pologne.

D’autre part, bien que les réalités politiques soient aujourd’hui, pour beaucoup, créées de toute pièce par la réalité virtuelle de la télévision (ou, au moins, sous l’influence de celle-ci), le fait que les problèmes fondamentaux en politique - en particulier la question de savoir qui a le droit de diriger - soient habituellement réglés par la force apparaît comme un élément inévitable de l’histoire de l’humanité. Dans le cas de l’Ossétie du Sud, les déclarations de l’Occident dirigées contre Moscou (l’hypocrisie occidentale irrite beaucoup les dirigeants russes) font, en fait, office de compensation psychologique du fait que les leaders occidentaux savent, dans leur for intérieur, qu’ils ne peuvent entrer en guerre contre la Russie à cause de la Géorgie et qu’ils ne le feront pas.

La Russie occupe la deuxième place dans le monde pour le degré d’armement, elle est une puissance nucléaire redoutable. En outre, l’Occident mène une guerre prolongée en Irak et en Afghanistan, par conséquent, il a les mains liées. Puisque les pays de l’OTAN ne sont pas prêts à combattre contre l’armée russe à cause d’un petit lopin de terre autour de Tskhinvali dont les Occidentaux ne connaissaient même pas l’existence avant le début des hostilités, la Géorgie ne pourra jamais adhérer à cette alliance, dont les membres sont tenus de lutter pour l’intégrité territoriale de chacun de leurs semblables.

Autrement dit, les promesses faites depuis plus de dix ans à la Géorgie de l’inviter à rejoindre l’OTAN se trouvent maintenant reportées aux calendes grecques (bien que l’Occident ne le reconnaisse pas ouvertement). Bien plus, c’est non seulement l’admission de la Géorgie, mais aussi tout le processus d’élargissement de l’Alliance qui marque un coup d’arrêt. Si la Géorgie n’adhère pas à l’OTAN, l’Ukraine n’y adhérera pas non plus. L’admission de ces deux Etats riverains de la mer Noire à l’Alliance de l’Atlantique Nord faisait partie d’un même plan stratégique qui s’est volatilisé au moment même où les troupes russes sont entrées en Géorgie.

Ce n’est pas par hasard que les frictions au sein du bloc pro-occidental en Ukraine ont entraîné une grande tension aussitôt après le conflit ossète. Le président Viktor Iouchtchenko a accusé sa première ministre Ioulia Timochenko de trahison, celle-ci ayant tenté de s’assurer le soutien de Moscou dans ses ambitions présidentielles. Agissant selon les bonnes vieilles méthodes soviétiques, il a déclaré qu’il mettrait à ses trousses tous ses services secrets. Bien entendu, Ioulia Timochenko rejette ces accusations. Mais une chose est sûre : à l’instar de nombreux Ukrainiens, elle en est arrivée à la conclusion que son grand pays, essentiellement russophone, ne pourra jamais devenir membre d’une alliance militaire dont les missiles nucléaires sont dirigés contre les Russes résidant en Fédération de Russie.

Nous sommes face à un tournant dans l’Histoire. Après le démembrement de l’Union soviétique en 1991, l’Occident n’a cessé d’étendre son influence sur l’ancien territoire de l’URSS. Le Caucase, avec ses pipelines transportant du pétrole de la Caspienne vers l’Occident, a été l’une des principales régions concernées par cette expansion. Les troupes russes se trouvent actuellement à une heure de route d’un de ces pipelines et l’Occident ne peut rien y faire. D’ailleurs, il est fort peu probable que le fameux bouclier antimissile que les dirigeants russes qualifient à juste titre de projet antirusse devienne effectivement opérationnel. A présent que le projet d’expansion de l’OTAN est stoppé - et il n’est pas exclu que ce soit pour toujours - l’objectif de créer un monde unipolaire gravitant autour de la puissance américaine globale essuie un échec.

Tout cela aurait certainement pu être pressenti il y a longtemps, il suffisait d’écouter la célèbre chanson d’un Géorgien : l’OTAN ressemble aujourd’hui au soldat de papier de Boulat Okoudjava :

Il voulait refaire le monde,

Pour que chacun soit heureux,

Mais il ne tenait qu’à un fil,

Car il n’était qu’un soldat de papier.

John Laughland, historien et politologue britannique, est vice-directeur de l’Institut de la démocratie et de la coopération à Paris.

5 Messages de forum

  • Les conclusions de la présidence du Conseil européen extraordinaire sur la Géorgie sont à cette adresse :

    http://www.ue2008.fr/webdav/site/PFUE/shared/import/0901_conseil_europeen_e xtraordinaire/Conseil%20europ%C3%A9en%20extraordinaire%20de%20Bruxelles%20-%20Conclusions%20de%20la%20pr%C3%A9sidence%20_FR_.pdf

    « Le Conseil européen est gravement préoccupé par le conflit ouvert qui a éclaté en Géorgie, par les violences qu’il a entraînées et par la réaction disproportionnée de la Russie. Ce conflit a provoqué de grandes souffrances de part et d’autre. De telles actions militaires ne sont pas une solution et ne sont pas acceptables. Le Conseil européen déplore les pertes de vies humaines, les souffrances infligées aux populations, le nombre de personnes déplacées ou réfugiées, et les dégâts matériels considérables. »

    Pas un mot sur la responsabilité de la Géorgie.

    Pas un mot pour condamner l’agresseur.

    Pas un mot pour rappeler que la Géorgie a attaqué l’Ossétie du Sud le 7 août à 23 heures 30.

    Pas un mot pour rappeler que la Géorgie a attendu le début des Jeux Olympiques pour déclencher les hostilités.

    Pas un mot pour condamner la présence des militaires américains en poste dans l’armée géorgienne et leur participation aux bombardements de l’Ossétie du Sud.

    Pas un mot contre la Géorgie.

    Pas un mot contre les Etats-Unis.

    Décidément, l’Union Européenne a choisi son camp. L’Union Européenne est dans le camp des Etats-Unis, comme le rémora est dans le camp du grand requin blanc.

    • POUR JACQUES SAPIR économiste,directeur d’études a l’EHESS et spécialiste de la RUSSIE.La position de l’UE n’est pas légitime.voir les vidéos sur le site de DLR.L’attaque de la GEORGIE la nuit du 7 aout sur des troupes sous mandat de l’ONU.
      • Le plafond du Parlement européen qui s’effondre en août 2008, c’est un signe.

        A mon avis, l’Union Européenne est à l’image du plafond du Parlement européen : l’Union Européenne est en train de s’effondrer.

        Malgré des décennies de propagande, l’idée européenne n’a pas survécu en France. Malgré des décennies de propagande, l’idée européenne est morte en France.

        A propos, avez-vous lu cet article :

        « Un sondage de TNS-Sofres du 4 septembre 2008 pour le collectif "Civisme et démocratie" (CIDEM) indique que l’Europe n’est pas une réalité concrète pour une majorité de Français. La connaissance des droits européens serait également très incomplète.

        Seuls 38 % des Français se perçoivent comme des citoyens de l’Europe, tandis que 62 % d’entre eux indiquent ne pas se sentir "citoyen de l’Europe".

        Ces chiffres sont issus d’un sondage TNS Sofres sur les Français et la citoyenneté européenne commandé par le CIDEM et présenté à l’occasion du Forum civique européen de La Rochelle - Paroles d’Européens - les 4, 5 et 6 septembre.

        http://www.latribune.fr/info/ID8FAF894A057EBD99C12574BB004C7D06

  • Certes, mais pouvons-nous nous réjouir pour autant ? Les bêtes malades sont agressives et dangereuses. Défaits sur le front géorgien, les atlantistes ne sont pas pour autant prêts à renoncer à leur plan de gouvernement unipolaire. Assujettis à une idéologie marchande et en proie aux contadictions fondamentales qu’elle comporte, ils voient la guerre en soi comme un débouché possible à la récession, quelles qu’en soient les conséquences, y compris pour eux-mêmes. Les marchands sont incapables de raisonner sur le long, ni même sur le moyen terme. En termes d’économie réelle, leur vision est fondamentalement irrationnelle. Là réside l’essentiel des dangers qui nous guettent dans le proche avenir.

    La propagande européiste a évidemment oublié de mentionner la double nationalité américano-géorgienne d’une bonne partie du gouvernement de Saakatchvili. Elle a également oublié le précédent créé par la politique menée au Kososvo qui rend son argumentation de principe intenable sur le fond. Mais ce ne sont là que des détails.

    Dans l’immédiat, la collusion des forces euro atlantistes constitue un véritable complot contre les principes les plus élémentaires du droit et de la démocratie et celui-ci est bel et bien en train d’aboutir avec, hélas, l’assentiment objectif des peuples d’Europe et des Etats Unis, de plus en plus convaincus de leur impuissance face à ce qui leur est présenté comme une fatalité, quand ils ne sont pas purement et simplement pénétrés de la justesse des vues qu’on leur inculque.

    Un travail de terrain énorme reste donc à faire pour contrecarrer l’idéologie dominante dont l’impact est d’autant plus redoutable qu’on s’efforce de la faire passer par des canaux qui court-circuitent très généralement la pensée rationnelle et qui rendent cette dernière très largement inopérante.

    Pour ce qui nous concerne, il ne s’git pas d’être défaitistes mais d’agir en fonction des paramètres tels qu’ils se présentent.

    • International RIA Novosti ABM : Moscou entend implanter des armes de haute précision à la frontière polonaise 19:18 | 04/ 09/ 2008

      KALININGRAD, 4 septembre - RIA Novosti. La Russie pourrait déployer de nouveaux types d’armes de haute précision dans une région frontalière de la Pologne, qui a accepté d’accueillir des éléments du bouclier antimissile américain (ABM), a annoncé aux journalistes Viktor Zavarzine, président du comité de la Douma pour la Défense.

      Le 20 août dernier, les Etats-Unis et la Pologne ont signé à Varsovie un accord prévoyant la mise en place d’une base de missiles intercepteurs dans les environs de la ville polonaise de Slupsk.

      "Nous disposons de nouveaux types d’armes et envisageons de les installer à proximité des zones de positionnement qui seront déployées en Pologne. Cette question est actuellement à l’étude", a déclaré le président du comité parlementaire à l’issue d’une réunion intersectorielle consacrée à la modernisation du dispositif militaire dans la région de Kaliningrad en raison de l’élargissement de l’OTAN vers l’est.

      "Les systèmes de haute précision - pour l’aviation et les troupes terrestres - ne manquent pas en Russie. Il s’agit seulement d’en acquérir des lots supplémentaires pour les déployer dans les régions opérationnelles appropriées", a précisé M. Zavarzine.

      Interrogé sur l’implantation possible d’armes nucléaires tactiques dans la région de Kaliningrad, le parlementaire a répondu que "ces propositions avaient été formulées".

      "Les armes nucléaires tactiques (ANT) ont fait l’objet d’un grand nombre de nos échanges de vues avec les Etats-Unis. Le fait est qu’elles ne figurent pas à l’ordre du jour des négociations sur la stabilité stratégique que nous menons avec Washington. Lorsque j’étais représentant militaire de la Russie auprès de l’OTAN, les Américains nous ont souvent demandé si nous avions l’intention de déployer des ANT dans la région de Kaliningrad. Nous leur avons posé une question en retour : pourquoi des armes nucléaires tactiques ont-elles été implantées en Europe de l’ouest ? En Belgique, par exemple", a fait savoir M. Zavarzine.

      Selon lui, il n’est pas actuellement nécessaire d’installer des armes nucléaires tactiques dans la région de Kaliningrad.


Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | Espace privé | SPIP | squelette
<>