COMITE VALMY

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SERVICE PUBLIC : le blog citoyen de l’hôpital Saint-Vincent-de-Paul

Ils nous promettent du sang et des larmes..., par Bernard Giusti

Editorial du Journal CGT de l’hôpital Saint-Vincent-de-Paul

lundi 26 juillet 2010, par Comité Valmy


A la suite du départ en retraite (bien méritée !) de Monique Gauthier-Blanchet, les militants et adhérents de la CGT de Saint-Vincent-de-Paul m’ont fait l’honneur de me confier la tâche du Secrétariat Général.

Nous ferons notre possible, avec tous nos camarades, pour que notre syndicat se maintienne jusqu’à la fermeture de notre hôpital. Nous serons là jusqu’au bout pour défendre le personnel, malmené par une « restructuration » qui, sur le plan collectif aussi bien qu’individuel, est source de souffrances morales et physiques, de stress, d’angoisse générée par l’incertitude de l’avenir...

Cette « restructuration » qui touche tous les hôpitaux de l’APHP [Assistance Publique – Hôpitaux de Paris], nous savons tous ce qu’elle signifie en réalité : la casse pure et simple de l’hôpital public, sacrifié sur l’autel des profits privés. L’argument si souvent avancé pour justifier une telle politique, à savoir la nécessité de « faire des économies », ne résiste pas une seconde à l’analyse. Quiconque connaît un tant soit peu le fonctionnement de l’APHP est en mesure de constater quasi quotidiennement le gaspillage engendré par certains modes de gestion. Il ne s’agit donc pas de faire des économies, mais bel et bien de réduire le personnel et l’offre de soin.

En outre, nous refusons cette idée si souvent brandie comme un étendard par les fossoyeurs des services publics, selon laquelle il faudrait « rentabiliser la santé ». Cette idée est déjà, pour l’ensemble des services publics, une aberration, dans la mesure où précisément le principe du service public est bien que les secteurs rentables doivent servir à alimenter les secteurs non rentables (et non à payer des actionnaires...), de telle sorte que tout citoyen de la république, où qu’il se trouve, puisse bénéficier partout des mêmes services. Le service public est un des piliers de notre République.

Ce qui vaut pour les services publics en général (par exemple une ligne de chemin de fer de campagne doit être financée par les grandes lignes rentables) est encore plus vrai pour ce qui concerne la santé. La santé est un domaine à part, dans la mesure où, si l’on pourrait toujours choisir entre le train, l’avion ou la voiture par exemple, on ne choisit pas d’être malade ou non (sauf rares exceptions !). L’hôpital n’est pas un bien de consommation, c’est une nécessité, et la qualité des soins dispensés ne doit pas dépendre de la localisation ou des ressources financières des patients.

Il n’y a pas d’argent ? Les doses de vaccin de Bachelot (achetés suite à une campagne lancée par des responsables de l’OMS dont certains, par la suite, ont été mis en examen pour avoir touché des pots-de-vin des laboratoires...) ont coûté plus cher que l’ensemble des déficits des hôpitaux... Nos impôts directs ou indirects augmentent sans cesse, à quoi passent-ils ? A payer des cigares aux ministres ou des voyages en jets privés ? Nos salaires non seulement n’augmentent pas mais, au vu de l’inflation, régressent depuis de nombreuses années, tandis que « la noblesse administrative » empoche primes et augmentations et bénéficie d’avantages... Etc., etc.

C’est dans ce contexte que se déroule la restructuration, et la fin annoncée de notre hôpital.

Attaque généralisée contre les services publics et contre tous les fondements de la République, incompatibles avec les objectifs de l’Europe libérale ; appauvrissement de la population (en 2005, l’ONU annonçait 7,5 millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté en France ; début 2010, on atteignait les 13 millions, ce qui n’inclut pas toutes les personnes qui survivent à peine juste au-dessus du seuil de pauvreté...) ; incertitude généralisée sur l’avenir, renforcée par la méfiance, voire la défiance, trop souvent justifiée, à l’égard des partis politiques et des représentants élus... ; remise en cause de nos retraites, quand les plus huppés de la République s’octroient des retraites dorées...

Certains voudraient nous faire croire que ce sont les effets de la crise, mais d’une part ces soi-disant effets étaient déjà sensibles avant la crise, d’autre part ce que nous vivons plus particulièrement à l’APHP était déjà annoncé dans le Plan Directeur de 2000... Et puis, comme le dit souvent un de mes amis chanteurs, « Pour nous, ça fait un bail que c’est la crise tous les mois ! ». Ce que nous vivons n’est pas la conséquence de « la crise », ce que nous vivons est la conséquence d’un choix : le choix politique d’un modèle économique. D’autres choix sont possibles.

Mais nos dirigeants n’ont aucunement l’intention de modifier leur politique. Au contraire, ils nous promettent du sang et des larmes, à l’instar de Churchill s’adressant aux Britanniques au début de la seconde guerre mondiale. Sauf que dans le cas présent, c’est le bourreau qui annonce le programme à ses victimes... Certes, à notre modeste niveau local et à nous seuls nous ne saurions inverser cette tendance. Mais nous ne sommes pas isolés : il suffit de parler un peu avec nos collègues, avec les gens dans la rue, pour savoir que nous sommes nombreux à refuser le fatalisme, à refuser ce que le libéralisme veut nous imposer. On voudrait nous convaincre que pour que la France aille mieux il faut que nous soyons plus pauvres... Travailler plus longtemps pour gagner moins, en quelque sorte. Or nous le voyons bien tous les jours : nous appauvrir ne sert qu’à enrichir les plus riches.

L’action syndicale ne saurait faire abstraction de ce contexte. Nous devons en tenir compte. Nous serons là, à Saint-Vincent-de-Paul, jusqu’à la fermeture, bien déterminés à vous défendre, à défendre les intérêts des patients et à défendre notre outil de travail à tous, le service public. Et pour cela, nous aurons besoin du soutien de tous.

Bernard Giusti

Secrétaire Général CGT de Saint-Vincent-de-Paul

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2 Messages de forum

  • Il y a longtemps que le discourt syndical sonne faux, il y a bien longtemps que les travailleurs auraient du reprendre leur destin en mains, car cette machine à détruire les acquis sociaux qu’est l’organisation syndicale en générale est responsable d’une grande partie de cette dégradation des conditions de travail que connaissent les travailleurs aujourd’hui ... et la perte de l’ensemble de nos acquis sociaux

    Nos retraites il va nous falloir les défendre sans les syndicats, sinon nous perdrons tout, car les accords entre le gouvernement et les syndicats sont déjà signés, le reste n’est que gesticulations, bombage de torse et simulacre de démocratie

    J’étais à la dernière manif pour défendre nos retraite, c’était plus une course aux adhérents à chacun dans son camp (CGT avec la CGT etc) aucun échange, on se croyait à la foire du trône avec les gros ballons et les musiques de bal du 14 juillet - c’est lamentable

    Nous devons nous prendre en mains et surtout ne laissez aucun partie politique ni aucune organisation syndicale nous récupérer, nous avons déjà trop perdus

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    • Tellement vrai ! L’insurrection qui vient ne laissera surement pas de place aux partis politiques et aux organisations syndicales. Cependant, n’oublions pas que seules certaines têtes sont à faire tomber dans ces partis et organisations. Le reste n’est pas encore totalement pourri.

      Mais cette fois-ci, et c’est LA GRANDE DIFFERENCE, c’est le coeur de la France qui va parler et déclencher un véritable tsunami. Quand ? Difficile à dire mais il existe un point d’inflexion inévitable : La chute totale de l’ordre établi avec sa phase choatique, moteur du nouvel ordre mondial.

      C’est précisément ce point de non retour à partir duquel TOUT EST POSSIBLE.

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