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LIBAN : Michel Aoun Président.

PRESIDENTIELLE LIBANAISE :
LE MYTHE DE LA CAVERNE…
par Richard Labévière

mardi 1er novembre 2016, par Comité Valmy


Michel Aoun élu président au second tour, avec la majorité aboslue des 83 voix sur les 128

PRESIDENTIELLE LIBANAISE :
LE MYTHE DE LA CAVERNE…

Beyrouth, le 30 octobre.

Sauf coup de théâtre (toujours possible), Michel Aoun doit devenir, dans l’après-midi de ce lundi 31 octobre 2016, le treizième président de la République libanaise depuis l’indépendance du 22 novembre 1943. La magistrature suprême du Pays du cèdre était vacante depuis la fin du mandat de Michel Sleiman : le 25 mai 2014.

Les nombre de voix et de tours de scrutin nécessaires à la validation de cette élection seront déterminants pour mesurer l’amplitude de ce qui risque d’imposer la prochaine crise institutionnelle et politique du pays, à savoir la formation du prochain gouvernement.

En responsabilité et pour regagner un peu de dignité dans un débat qui, jusqu’à présent – il faut bien le reconnaître – n’a pas volé très haut, le chef des Marada Sleiman Frangieh (51 ans) a appelé tous les députés qui ne font pas confiance à Michel Aoun à voter « blanc », évitant ainsi de brandir des noms alternatifs afin d’éclaircir les rapports de force qui conditionneront l’avenir.

Dans tous les cas de figures, ces deux ans et demi de crise ont passablement brouillé les lignes politiques et les alliances traditionnelles comme s’il fallait tout changer pour que rien ne change… « C’est à n’y plus rien comprendre », commente L’Orient-le-jour (le quotidien de la droite et de l’extrême-droite)1, les camps du 14 mars et du 8 mars ont éclaté, « les ennemis d’hier s’enlacent et les alliés s’insultent », ajoute le même journal dont la ligne éditoriale est, elle-aussi, particulièrement chahutée, sinon devenue incompréhensible…

RETOURS SUR IMAGES

L’Alliance dite du 14 mars regroupait les personnalités et mouvements ayant participé à la « Révolution du cèdre » à la suite de l’assassinat de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri, le 14 février 2005. L’appellation « 14 mars » fait référence à la date de la manifestation qui a rassemblé plusieurs centaines de milliers de personnes à Beyrouth réclamant le retrait des troupes syriennes du pays et une enquête rigoureuse sur les commanditaires de l’assassinat de l’ancien Premier ministre. Cette Alliance rassemblait : le Courant du Futur, dirigé par le député sunnite Saad Hariri (fils de Rafic) ; les Forces libanaises (FL) de l’ancien chef de milices chrétiennes Samir Geagea ; le parti Kataëb du député Samy Gemayel ; le Parti national libéral de Dory Chamoun ; le Bloc national (BN) de Carlos Eddé ; le Mouvement de la gauche démocratique du député Elias Atallah auquel appartenait le journaliste assassiné Samir Kassir ; le Mouvement du renouveau démocratique de l’ancien député Nassib Lahoud et le rassemblement de Kornet Chehwane, alliant diverses personnalités dont l’ex-ministre Nayla Moawad, les députés Boutros Harb, Samir Frangieh et Gébrane Tuéni, lui aussi assassiné. Bien qu’ayant pris part à la « Révolution du Cèdre », le Courant patriotique libre (CPL) de Michel Aoun a quitté l’Alliance du 14 mars à la suite de dissensions survenues dans le cadre des alliances électorales de 2005.

L’Alliance du 8 mars agrège les personnalités et mouvements politiques ayant soutenu le gouvernement formé par le Premier ministre Najib Mikati (juin 2011/mars 2013). Son nom correspond à la manifestation de masse qui a répondu à la « Révolution du Cèdre ». Ses objectifs : remercier la Syrie d’avoir stoppé la guerre civile libanaise (1975-1990), consolider la stabilisation du Liban et soutenir la Résistance contre l’occupation et les agressions israéliennes récurrentes. Le CPL de Michel Aoun a rejoint le 8 mars ayant signé une plateforme politique d’entente avec le Hezbollah (Chi’ite). En janvier 2011, le Parti socialiste progressiste de Walid Joumblatt (druze) se raccroche lui aussi au 8 mars, permettant ainsi à Najib Mikati de former son gouvernement avant de changer d’orientation, ce parti communautariste suivant traditionnellement la direction changeante des vents dominants…

Au final, le 8 mars se compose du CPL de Michel Aoun ; du mouvement Amal (Chi’ite) du président du parlement Nabih Berry ; du Hezbollah (Chi’ite) d’Hassan Nasrallah ; du Parti démocratique (Druze) ; du mouvement Marada (Chrétien) ; du mouvement Majd (Sunnite) ; du Tashnag (Arménien) ; du Parti social national syrien (PSNS) ; du Parti Baath et du Parti Solidarité (Chrétien).

Depuis le début de la course à la présidence, cette cartographie a connu nombre de glissements de terrains, d’inondations et d’éruptions plus ou moins volcaniques sans doute liées au réchauffement climatique des egos des uns et des autres. Mais aucun de ces caprices de la nature humaine n’éclaire fondamentalement le ralliement de Saad Hariri à la candidature de Michel Aoun (84 ans), allié chrétien privilégié du Hezbollah, formation qui continue à subir les attaques quotidiennes du Courant du Futur, le parti d’Hariri… Curieuse aussi la guerre d’usure menée par Nabih Berry à la candidature de Michel Aoun, pourtant candidat « officiellement » soutenue par le Hezbollah, tout comme la soudaine lune de miel entre Samir Geagea et Michel Aoun qui se tiraient dessus à Babda (palais présidentielle) en 1990. Ne parlons pas de l’entourage de Michel Aoun, qui n’a cessé de traîner dans la boue le chef des Marada Sleiman Frangieh, alors que ce jeune plusieurs fois ministre constituait son principal et fidèle allié !

AU SECOURS PLATON !

Dans son Editorient d’aujourd’hui Guillaume Berlat nous invite à relire Le Cratyle de Platon, le fameux dialogue qui traite de la rectitude des noms pour savoir si la langue est un système de signes arbitraires ou naturels apte à restituer une relation intrinsèque avec ce qu’ils représentent ; ça peut aider… Mais c’est aussi un autre sommet des dialogues – le mythe de la caverne (Livre VII de La République) -, qui peut, sans doute, éclairer notre compréhension de l’élection présidentielle libanaise. Cette allégorie met en scène des hommes enchaînés dans une caverne. Ils tournent le dos à l’entrée et ne voient que leurs ombres projetées sur la roche.

Socrate : « représente-toi de la façon que voici l’état de notre nature relativement à l’instruction et à l’ignorance. Figure-toi des hommes dans une demeure souterraine, en forme de caverne, ayant sur toute sa largeur une entrée ouverte à la lumière. Ces hommes sont là depuis leur enfance, les jambes et le cou enchaînés, de sorte qu’ils ne peuvent bouger ni voir ailleurs que devant eux, la chaîne les empêchant de tourner la tête. La lumière leur vient d’un feu allumé sur une hauteur, au loin derrière eux. Entre le feu et les prisonniers passe une route élevée. Imagine que le long de cette route est construit un petit mur, pareil aux cloisons que les montreurs de marionnettes dressent devant eux, et au-dessus desquelles ils font voir leurs merveilles… »

Sur les parois de la caverne, Saad Hariri affirme ne pas commettre de « suicide » politique en soutenant la candidature de Michel Aoun. Simultanément, le chef du CPL se réjouit de son élection future après avoir obtenu le soutien de… Walid Joumblatt, celui-ci n’ayant toutefois pas annoncé le retrait de la candidature du député Henri Hélou qui bénéficiait jusque-là du soutien du chef druze ! Walid Joumblatt et son allié du moment Samir Geagea proclament de concert que le prochain président serait « made in Lebanon ». Michel Aoun a remercié ses deux anciens ennemis, affirmant que son mandat servirait à « améliorer la situation du Liban et les conditions de vie des Libanais » (sic). C’est rassurant !

Plus tôt dans la journée, Walid Joumblatt avait été reçu à Aïn el-Tiné par le président du Parlement Nabih Berry. « J’ai expliqué au président Berry ma position concernant l’élection présidentielle », a déclaré Joumblatt à l’issue de l’entretien. Mais il a également fait savoir qu’il existe des « divergences » entre sa position et celle de Nabih Berry, tout en rendant un vibrant hommage à l’inoxydable patron du Parlement, affirmant que Nabih Berry « est l’homme d’Etat qui tient le plus à la marche et à la stabilité des institutions ». Au même moment, Michel Aoun était reçu au Grand Sérail par le chef du gouvernement, Tammam Salam. En fin d’après-midi, c’est le Courant du futur de Saad Hariri qui a réitéré son soutien à son chef qui votera pour Michel Aoun. « Le soutien de Saad Hariri à la candidature du chef du CPL (Michel Aoun) à la présidence a permis à l’Etat de rétablir son prestige et sa capacité à rester à l’écart des conflits régionaux (…) », a affirmé sans rire le Courant du futur à l’issue de sa réunion hebdomadaire.

Durant la même journée, Saad Hariri a également exprimé son soutien au chef du Parlement, Nabih Berry, pourtant opposé à l’élection de Michel Aoun : « je respecte le président Berry qui est un ami et un frère, et nous avons été à ses côtés et nous le serons toujours. Il n’a pas de problèmes avec moi ». Interrogé sur l’existence d’éventuelles divergences entre Nabih Berry et le Hezbollah, Saad Hariri s’est contenté de répondre que « cela est possible … » Tout cela est d’une parfaite clarté et les Libanais sont, un fois encore, tout à fait rassurés.

MACHINE INFERNALE MADE IN LEBANON
ET… SAUDI ARABIA

Une « présidentielle purement libanaise » selon Geagea et les Aounistes ? A voir ! Arrivé jeudi dernier à Beyrouth, l’émissaire saoudien Samer el-Sabhan, ministre d’Etat chargé des Affaires étrangères, a effectué vendredi une tournée des responsables politiques libanais. Après avoir rencontré les anciens chefs de gouvernement, Saad Hariri, Fouad Siniora et Nagib Mikati, l’ancien président Amine Gemayel, le chef du PSP Walid Joumblatt et le mufti de la République Abdellatif Deriane, el-Sabhan s’est entretenu à Rabieh avec Michel Aoun. L’émissaire saoudien a ensuite été reçu par le patriarche maronite, Béchara Raï, au siège patriarcal de Bkerké. Il a également rencontré le vice-président du Conseil supérieur chi’ite, cheikh Abdel Amir Kabalan, avant de se rendre à Meerab pour un entretien avec le chef des Forces libanaises, Samir Geagea. A la sortie de cet entretien qui a duré plus de deux heures, Samer el-Sabhan a souligné « la solidarité du royaume » avec le Liban et son peuple.

A propos de cette dernière visite, les meilleurs observateurs de la scène libanaise – qui ont toujours insisté sur le veto saoudien à l’encontre de Michel Aoun – estiment que c’est son récent rapprochement avec Samir Geagea qui aurait débloqué la situation. Depuis son amnistie et son miraculeux retour à la vie politique, Samir Geagea est devenue l’une des cartes majeures du royaume wahhabite au Liban, les Saoudiens cherchant depuis longtemps à mettre la main sur la rue chrétienne à coups de pétrodollars ou en utilisant d’autres moyens moins avouables. Très en cour aussi à Tel-Aviv, Samir Geagea incarne parfaitement la convergence politique actuelle entre l’Arabie saoudite et Israël. Ces deux pays restent plus mobilisés que jamais contre un Iran accusé d’impérialisme chi’ite et le Hezbollah, l’une des seules organisations régionales en mesure d’infliger quelque défaite militaire à la soldatesque israélienne.

Par conséquent, cette fabrication présidentielle libanaise, qui a été gérée – de bout en bout – par la section Middle East Affairs du Secrétariat d’Etat américain, Riyad et Tel-Aviv poursuit d’autres objectifs au premier rang desquels une mise en porte-à-faux du Hezbollah ainsi que des autres formations chi’ites. Il sera intéressant de voir quels seront les ministres des Forces libanaises de Geagea qui pourront cohabiter au sein du même gouvernement (s’il voit le jour un jour) avec des ministres du Hezbollah… Mais au-delà de cette tambouille qui fait insulte à la cuisine libanaise traditionnelle, la présidence Aoun vise de toutes autres objectifs et pourrait générer des conséquences bien plus désastreuses pour le Pays du cèdre.

En effet – et même s’il a pu momentanément débloquer la situation -, le rapprochement Geagea/Aoun risque d’enclencher une machinerie incontrôlable et très préjudiciable à l’avenir, non seulement des Maronites libanais, mais de l’ensemble des Chrétiens du Proche-Orient. Avec Beaucoup de naïveté, les Aounistes pensent pouvoir manger les FL toutes crues, digérer, sinon intégrer les anciens miliciens de Samir Geagea dans leur parti susceptible d’unifier « le fusil chrétien… », comme le proclamait Bachir Gemayel au début des années 1980 ! Malheureusement pour eux, c’est tout l’inverse qui risque d’arriver, et ce pour trois raisons.

Le parti aouniste tient à la personnalité historique du général Aoun – le résistant de Babda de 1990 – qui a toujours prôné l’impérieuse nécessité de « faire de la politique autrement », c’est-à-dire émancipée des clans familiaux et de la corruption ordinaire. Les années passant, le général s’est mis à faire tout le contraire, confiant le parti à l’un de ses gendres. Selon de bonnes sources, il s’apprêterait même à nommer sa fille Mireille ministre, cooptant son deuxième gendre et trois de ses neveux à des postes de responsabilité. Deuxième faiblesse : le nouveau chef du parti aouniste, actuel ministre des Affaires étrangères – Gibran Bassil – (celui qui salue des foules imaginaires en levant les bras comme le général de Gaulle, toute proportion gardée !) est détesté, non seulement par beaucoup de Libanais, mais surtout à l’intérieur de son propre parti où la disparition du général entraînera, sans doute, une guerre de succession qui pourrait lui être fatal. Troisième rouage de cette folle machine : fort de l’appui de Riyad et Tel-Aviv, Samir Geagea attend son heure, posté en embuscade et certain de rafler la mise.

On touche ici à la malédiction historique qui frappe depuis toujours l’histoire tragique des Maronites, et leur sens inné de l’autodestruction sinon du suicide. Car, avec un Samir Geagea en embuscade, le piège de la présidence Aoun se refermera fatalement sur une rue chrétienne enfin arrimée aux intérêts de Washington, de Riyad et de Tel-Aviv, réalisant ainsi la vieille prophétie de Ben Gourion selon laquelle il suffirait d’acheter la fidélité d’un sous-officier chrétien pour contrôler définitivement le Liban. Dans le prolongement de cette vieille idée impériale – diviser pour régner -, c’est aussi le plan Oded Yinon qui triomphe. Cet analyste du ministère israélien des Affaires étrangères affirmait substantiellement dans une note stratégique qui date de 1982, que l’intérêt stratégique de Tel-Aviv est de casser tous les Etats-nations arabes de la région en les fragmentant en micro-Etats « purifiés » ethniquement et religieusement. Si le pire n’est jamais fatal, son spectre plane désormais non seulement sur l’avenir du Liban, mais aussi sur celui de la recomposition en cours dans l’ensemble des Proche et Moyen-Orient.

POST-SCRIPTUM :
POUR QUI ROULE ALAIN GRESH ?

Dans ce contexte des plus caverneux, prochetmoyen-orient.ch apprend que l’essayiste Alain Gresh est invité à participer cette semaine à une table ronde sur la Syrie au salon du livre francophone de Beyrouth patronné par l’ambassadeur de France au Liban, le très néo-conservateur Emmanuel Bonne. Dans ses bagages, Gresh amène avec lui François Burgat, l’une des Madone de la « révolution syrienne ». Cet ancien directeur de l’IFPO de Damas (Institut français du Proche-Orient) est passé avec armes et bagages dans le camp du soutien aux différentes factions salafo-jihadites qui veulent faire la peau de Bachar al-Assad ainsi qu’à son « régime ». Grand admirateur des Frères musulmans et du wahhabisme auxquels il consacra un livre apologétique en 1995 (L’Islamisme en face), François Burgat a, maintenant rejoint Bernard Kouchner et Christine Ockrent dans un cercle Foreign Affairs européen qui rétribue bien mieux que l’IFPO… Ecce homo !

En tous cas, Alain Gresh s’inquiète d’ores et déjà de ce prochain débat qui pourrait tourner au vinaigre, les organisations nationalistes arabes libanaises et régionales n’entendant pas laisser le champ libre à la propagande néo-libéralo-salafiste sans réagir. On dit aussi Emmanuel Bonne très inquiet… En affaires depuis de nombreuses années avec son ami Tariq Ramadan, Alain Gresh, qui a été écarté de la direction du Monde Diplomatique, exerçait une censure très vigilante sur la chronique des livres notamment. Désormais, il anime un blog ouvert à tous les vents, au point que beaucoup se demande « pour qui ce vieux néo-stalinien roule désormais… », selon les propres termes de l’un de ses anciens collègues. Certainement pour les sponsors de son blog… Et selon d’autres dernières nouvelles en provenance de sources autorisées et crédibles, Alain Gresh aiderait maintenant son vieux complice Tariq Ramadan à obtenir la nationalité française pour que celui-ci se présente à l’élection présidentielle de 2022. On n’arrête pas le progrès !

Il sera alors nécessaire et urgent de solliciter de nouveau notre cher Platon à coups de Gorgias et de Sophiste notamment, pour riposter à ces petits maîtres en rhétorique et tromperie qui abusent la jeunesse et les jeunes femmes naïves… Dans tous les cas de figures, ce débat post-élection-présidentielle à Beyrouth sur la guerre en Syrie ne risque pas – avec de tels intervenants – d’éclairer la caverne. Dans sa République, Platon voulait mettre les philosophes et la connaissance au pouvoir. Sans insulter l’avenir, gageons que la présidence libanaise qui vient, ne nous engage pas spontanément dans cette direction prometteuse. Quelle commence déjà par ramasser les ordures, assurer l’électricité, l’eau, la sécurité alimentaire et l’éducation d’une majorité de Libanais, ce ne serait déjà pas si mal pour commencer à sortir de la caverne… C’est au pied du mur qu’on voit le maçon, Michel Aoun s’étant engagé à améliorer la condition des Libanais. Voyons cela et à très bientôt !

Richard Labévière
31 octobre 2016

1 L’Orient-le-Jour, 26 octobre 2016.

Proche&Moyen-Orient.ch
Observatoire Géostratégique


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