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Le Capital n’a pas de patrie

LA LUTTE DE CLASSE A PRIS UN CARACTERE NATIONAL
Claude Beaulieu

La voie du peuple : c’est la Nation républicaine laïque, démocratique et sociale

mercredi 22 février 2017, par Claude Beaulieu


Voir en ligne : LA NATION, REALITE VIVANTE ET EVOLUTIVE par Antoine Casanova, Historien, membre du bureau politique du PCF (1992)

Lorsque Cohn-Bendit, Négri, Strauss-Kahn, Rocard, Giscard et les autres fédéralistes européens expriment leur haine de la nation, c’est en réalité une haine du peuple et de la République qu’ils manifestent. C’est une haine de classe au service de l’Europe supranationale, qui n’est qu’un instrument destiné à pérenniser la dictature d’une globalisation capitaliste, menée par la finance mondialisée. Une haine de classe car de nos jours, l’oligarchie financière n’ayant plus de patrie, les Etats-Nations sont devenus, au service de la classe ouvrière et des peuples, les principaux obstacles à la domination de cette tyranie sous hégémonie germano-américaine, qui entend bien les détruire.

Pourtant, la réalité nationale est bien vivante. En France, avec la République, la laïcité et la question sociale, desquelles elle est indissociable, la nation reste au cœur du combat populaire pour la liberté, la paix, la démocratie, le progrès et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

Longtemps, le PCF a défendu une stratégie politique qui était naturellement à la fois internationaliste et nationale. Le rôle éminemment patriotique des communistes, notamment dans la Résistance et, un peu plus tard, contre la CED, en témoigne.

En septembre 1952, lors d’une réunion du Comité Central à Montreuil, Jacques Duclos lançait même un appel "Pour un puissant Front National Uni" contre la CED, projet d’Europe supranationale de la « Défense » et relais déjà, de la menace américaine et atlantiste.

Cette permanence de la soumission de cette Europe supranationale à l’impérialisme américain ainsi qu’à sa politique d’agression et de guerre, n’a jamais été démentie. Elle se trouvait encore confirmée, dans le projet fédéraliste de « Constitution européenne », ultra-libéral, totalitaire et toujours atlantiste. Il serait utile d’étudier cela d’un point de vue historique...

A une autre époque, pour ces mêmes raisons, Georges Marchais et d’autres responsables du PCF furent tentés par un changement d’alliance et de stratégie, symbolisée par le mot d’ordre d’Union du peuple de France. Je suis de ceux qui pensent que si cette ligne politique n’était pas restée velléitaire, si elle avait été développée, elle seule aurait pu permettre de résister efficacement et, à la mobilisation populaire, d’avancer sur des objectifs conformes à la réalité concrète.

C’est le contraire qui s’est produit en conséquence de la stratégie délétère d’"union de la gauche" qui a placé les forces populaires sous la direction des dirigeants atlantistes d’un parti socialiste, social libéral, antinational et maastrichtien.

Cette stratégie inspirée de la Résistance, tentée par Jacques Duclos en 1952 et envisagée plus tard par Georges Marchais, reste aujourd’hui pertinente. Elle seule peut ouvrir le chemin d’un rassemblement populaire majoritaire.

Pendant longtemps sur des positions de principe, lorsque les partisans du nihilisme national insistaient sur la phrase tronquée de Marx "les prolétaires n’ont pas de patrie", les communistes répliquaient que la classe ouvrière n’était pas hostile à la nation, mais qu’elle devait avoir pour objectif d’y conquérir le pouvoir politique accaparé par la bourgeoisie dominante. Marx et Engels prévoyaient lucidement que le moment viendrait où la classe ouvrière devrait s’ériger en classe nationalement dirigeante, « devenir elle-même la nation. »

Aujourd’hui, prenons-en conscience, en Europe particulièrement, ce sont les capitalistes financiers qui n’ont plus de patrie.

Les dirigeants américains, tout en étant eux-mêmes des nationalistes bellicistes, entendent détruire les Etats-Nations, qui sont pour les peuples les bases de leur résistance et deviennent le cadre privilégié du combat démocratique.

La lutte de classe a pris un caractère national.

Le peuple laborieux, dans le combat actuel, doit s’unir et reconquérir la souveraineté populaire et nationale, rétablir la République et la démocratie. C’est le seul chemin vers le progrès social et l’émancipation.

Par opposition aux pratiques de soumission de la social-démocratie maastrichtienne, le moment est venu d’une rupture franche. Celui de la construction d’une alternative populaire, démocratique, anti-impérialiste, patriotique, républicaine et sociale. L’internationalisme passe par la résistance populaire des nations et des peuples, par leur alliance.

Toute Europe supranationale est incompatible avec le progrès social comme avec le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Un rassemblement pluraliste, du type de celui de la Résistance, est à l’ordre du jour.

Claude Beaulieu, militant communiste, président du Comité Valmy. janvier 2006

Les ouvriers n’ont pas de patrie. On ne peut leur ravir ce qu’ils n’ont pas. Comme le prolétariat de chaque pays doit en premier lieu conquérir le pouvoir politique, s’ériger en classe dirigeante de la nation, devenir lui-même la nation, il est encore par là national, quoique nullement au sens bourgeois du mot. ...Abolissez l’exploitation de l’homme par l’homme, et vous abolirez l’exploitation d’une nation par une autre nation. Du jour où tombe l’antagonisme des classes à l’intérieur de la nation, tombe également l’hostilité des nations entre elles
(Marx et Engels, le Manifeste du Parti communiste.)

1 Message

  • Bonsoir Monsieur. Merci pour votre article, merci pour votre appel. Si je ne suis pas en plein accord avec l’orientation communiste que vous développez, par contre je rejoins pleinement votre appel à la Résistance. Militant de l’Union Populaire Républicaine, par atavisme (mon père est un ancien d’un réseau NAP, et d’un réseau FTPF), et par passion pour le programme du CNR, que j’estime être le seul qui puisse nous permettre de rétablir la souveraineté de notre pays, tant sur le plan social que sur le plan international, je pense, et comme vous le savez puisque vous nous avez soutenu pour les élections régionales de façon très sympathique, et nous y avons été très sensibles, que l’union de tous les français dans un grand mouvement de résistance est en effet indispensable, autour du programme du CNR réactualisé, qui est une bonne base de départ (je me permet de vous rappeler que seuls les représentants de la SFIO s’étaient opposés à ce programme lors de sa rédaction, il nous faudra peut-être en parler). Même si je ne suis pas toujours d’accord avec les options marxistes, il est indéniable qu’un parti communiste fort est indispensable à notre pays, car, au mieux, il sert de "chien de garde social"pour éviter les dérives libérales et néolibérales. En attendant,j’espère que nous nous retrouverons souvent sur le terrain de la lutte pour rétablir la grandeur de la France. Cordialement. Bernard PS Ne prenez pas mal le "chien de garde", mais je n’ai pas trouvé d’autre image pour illustrer la position du PCF jusque dans les années 70-80

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