COMITE VALMY

Accueil du site > - L’ENNEMI COMMUN DES PEUPLES : l’impérialisme étasunien > Wikileaks : Le programme de surveillance généralisée de la CIA qui ne semble (...)

L’ennemi commun des peuples

Wikileaks : Le programme de surveillance généralisée de la CIA qui ne semble gêner personne
par Karine Bechet-Golovko

samedi 11 mars 2017, par Comité Valmy


Wikileaks : Le programme de surveillance généralisée
de la CIA qui ne semble gêner personne

Alors que Wikileaks vient de révéler l’ampleur du programme de surveillance et de piratage télécommandé par la CIA, les réactions sont d’un calme ... anormal. L’inquiétude porte principalement sur le fait que ce programme soit si mal protégé et que sa divulgation risque d’entraver le bon fonctionnement du renseignement américain. Mais pas de sursaut d’une société civile muette, de politiques soumis, d’individus blasés. Rien. L’humanité a-t-elle déjà été transformée en une cohorte de moutons acceptant leur sort et se mobilisant sur commande pour défendre les intérêts d’un système manipulateur et liberticide ?

Wikileaks vient de divulguer un système de surveillance généralisé mis en place par la CIA contre n’importe quel citoyen dans le monde dont l’ampleur dépasse l’imaginable et rejoint les plus grands fantasmes des oeuvres de sciences fictions.

Ainsi, la CIA peut s’immiscer dans n’importe quel objet utilisant IOS, le système d’exploitation d’Apple (IPhone, Ipad etc), mais aussi Androïd avec les smartphones. Sont également concernées les applications WhatsApp, Telegram, Signal, puisque les messages peuvent être interceptés avant d’être codés. Les téléviseurs connectés à internet sont transformés en micro ambiant. La CIA utilise des cyber-armes qui permettent de pénétrer n’importe quel ordinateur utilisant Windows, IOS ou Linux sous couverts de hackers situés en dehors du territoire. Et les ordinateurs n’ayant jamais été connecté à internet ne sont pas protégés pour autant, ils peuvent être infectés avec des programmes. Cette armée de 5000 hackers utilisant un millier de cyber-armes est basée à Francfort. Ce mécanisme présente, en plus, un problème de sécurité évident, au minimum parce que ces hackers sont fréquemment approchés pour vendre ces cyber-armes, mais le point inquiétant pointé par Wikileaks est que tout ce programme n’est pas classé confidentiel. Selon ces sources, la CIA aurait perdu le contrôle sur son programme de surveillance.

Ces révélations ont provoqué une réelle inquiétiude au sein des services américains. Le FBI part à la chasse de la taupe qui a fait sortir ces informations au grand jour. Comme toujours, le messager inquiète plus que le message. Il est intéressant de remarquer que le Washington Post tente de minimiser l’importance de ces révélations, presque de les banaliser : la diffusion des secrets étant un élément de notre mode de vie moderne. Intéressante vision des choses.

Et afin de détourner l’attention, comme lors de l’intervention du Parti Démocrate pour faire gagner les Primaires à H. Clinton, le spectre de la Russie réapparaît. Le procédé devient d’une extrême banalité. L’incontournable sénateur J. McCain déclare que Wikileaks est lié à la Russie ... donc tout vient bien de la Russie. Et si cela vient de la Russie, il ne faut pas parler du fond ... mais de l’immixtion de la Russie dans la politique interne des Etats Unis. Voici ses paroles :

"I can’t say that [the Russians are responsible], but it’s clear that
WikiLeaks has had a Russian connection,"

En effet, la Russie ne semble pas loin. En tout cas, V. Poutine. Mais pas dans le sens où le sénateur l’entend. La CIA a appelé un certain nombre de ses serveurs PocketPutin, c’est une véritable idée fixe :

Que la presse américaine cherche à minimiser le scandale, on peut encore, à la limite, le comprendre, vue sa totale implication dans le jeu politique. Ce qui est moins compréhensible est l’absence de critique et de réaction en Europe. Pourquoi la société civile ne va-t-elle pas manifester ? Pourquoi n’y a-t-il pas de convocation des ambassadeurs américains pour qu’ils expliquent officiellement le comportement de leur Gouvernement ? Les Etats Unis sont-ils à ce point au-dessus de toute règle que l’on n’ait même l’idée de leur demander des comptes ? Est-ce parce qu’ils violent systématiquement les droits élémentaires de l’homme qu’il ne faille plus leur demander de compte ? L’immoralité vaut-elle absolution ?

Nos Etats sont-ils à ce point soumis, notre presse docile et nos sociétés lobotomisées pour se mettre au pas sur commande, scander des slogans sur commande, s’indigner sur commande, se mettre à baver devant leurs écrans en attendant la commande ?

Karine Bechet-Golovko
mercredi 8 mars 2017

Russie politics


Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | Espace privé | SPIP | squelette