COMITE VALMY

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La conference d’ouverture de ICHEP : le Président et le Kadi
Jacques Maillard

mardi 21 septembre 2010, par Comité Valmy


Nicolas Sarkosy nous fit l’honneur d’ouvrir notre congrès de physique des particules qui se tint à Paris du 22 au 28 juillet 2010. Il fît la conférence d’"ouverture" le lundi 26 juillet. Hommage très grand à une communauté tant décriée (les chercheurs) que cette présence.

En réalité son discours me fit penser à celui que nous fît, en août 1973, le kadi (préfet) de El Hajeb, au Maroc, en nous recevant.

Je participais, lors de ma vacances d’été, à un chantier de jeunesse du Service Civil International au Maroc. Cette ONG organise des chantiers dans le monde entier pour promouvoir les échanges entre jeunes. J’avais choisi le Maroc, terre proche, francophone et intéressante à bien des égards (Islam, sous-développement, vieille culture, dictature ...). Le Kadi nous fît donc l’honneur de nous recevoir : discours très pondéré, très ouvert,énarque du coin bien élevé et poli, voulant le bien et l’intérêt général, compréhensif des problèmes, et en français bien sûr.

Mais mes camarades du chantier, tous magrhébiens, me racontèrent en ricanant après que le matin du même jour il les avait reçus, et le discours qu’il leur avait servi, en arabe bien sûr, consista essentiellement en des injures et des menaces : terroristes, athées, communistes, marxistes, etc, qui ne doivent attendre que le peloton d’execution ou la prison (avec les traitements "spéciaux"...). Toutes choses qui d’ailleurs, pour la plupart d’entre eux, se réalisèrent. C’est ainsi que dans ces pays, à la plus grande satisfaction des "protecteurs occidentaux" des rois, oligarques et divers despotes qui y régnaient, seules les mosquées restèrent pour exprimer une contestation, même petite.

Revenons à Paris et à notre grand président. Ainsi son discours était un éloge à la science, à la liberté académique, l’égalité des scientifiques, la fraternité internationale (prétexte à la promotion de la nécessité appuyée de la gouvernance mondiale chère à l’Union Européenne, à la Commission Trilatérale, au FMI, à l’OCDE, aux clubs de pensée de droite ou de gauche comme Terra Nova, Confrontation).

Il vilipenda l’"obscurantisme" qui tua Giordano Bruno et mit en prison Galilée, sans doute pour promouvoir la prochaine guerre contre l’Iran et celles que l’on mène en Afghanistan et en Somalie.

Il assura qu’aujourd’hui on ne brûle ni ne met en prison les chercheurs (mais certains avaient autrefois essayé d’en mettre en asyle, et un directeur du CNRS regrettait en 2000 que l’on ne puisse les tuer).

Il flatta les physiciens , en les qualifiant d’"élite", d’exemple de dévouement et de dépassement (pour vanter au passage sélection et compétition...).

Ce discours, en français mais traduit en anglais, séduisit, il faut l’avouer, nos collègues étrangers, très flattés. Ils lui firent une "standing ovation" à son départ. Mais il était accompagné d’une adresse beuacoup moins accomodante pour les français.

Appartenant à des organismes aux statuts "obsolètes", "dépassés" (CNRS, Universités), ayant reçu plusieurs milliards d’euros, et devant en recevoir d’autres, nous sommes "invités" à aller tous sur le plateau de Saclay, qui, désormais, accueillera tous les laboratoires de physiques des particules, à savoir ceux de l’Ile de France, (ceux de province existent-ils encore ?). Le Monde, dans l’après midi même, par son apologie du dit plateau, confirma l’annonce faite aux chercheurs, à savoir leur coulage dans le grand moule d’un institut où ils seraient bien formatés (pour les sélectionnés).


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