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Le PCF fait dans l’écologisme ! Gilles Mercier

mercredi 29 septembre 2010, par Comité Valmy


Les débats à la fête de l’Huma laissent pantois quant à l’absence de toute analyse critique de cette idéologie et des organisations qui la véhiculent par le PCF et le journal l’Humanité

Le capitalisme contre la planète !

1°) Tel était le titre d’un débat dont le contenu est retranscrit dans le N° du 17 septembre du quotidien.

Participaient à ce débat.

Danielle Mitterrand,

Représentante de l’Association France Libertés dont elle est la présidente. Notons au passage que le ministère de l’Intérieur, celui des affaires étrangères et celui des finances sont représentés au CA de l’association !

Yannick Jadot.

Ancien président de Greenpeace France, député européen d’Europe Ecologie (Le Modem peint en vert !). Greenpeace dont les positions anti-nucléaire civil sont connues se livre régulièrement à des tentatives d’intrusion sur les sites des centrales d’EDF. Greenpeace s’est félicité avec d’autres associations écologistes de l’ouverture à la concurrence du marché de la distribution de l’électricité. Y Jadot fut un partisan de la taxe carbone, reprochant au gouvernement son abandon. Concernant le réchauffement climatique, le même Y Jadot ne fait pas dans la dentelle « Les scientifiques disent qu’il y a aujourd’hui 300 000 morts par an à cause du réchauffement climatique ». Ce nombre étayé par aucune étude scientifique né d’un rapport du Forum humanitaire mondial (une fondation humanitaire) est largement repris par les ONG, les médias alarmistes. Le financement de cette multinationale environnementaliste dont l’organisation interne est très autoritaire, est très opaque. Concernant Greenpeace USA, les fonds proviennent notamment des pétroliers via diverses fondations.

Corinne Lepage.

Ancienne du Modem passée très rapidement à Europe Ecologie après le score calamiteux de Bayrou aux européennes. Dirige avec son mari un cabinet d’avocats spécialisé dans les affaires d’environnement, est présidente du parti politique CAP21 (Citoyenneté Action Participation pour le 21e siècle), présidente du CRIIGEN (Comité de recherche et d’information indépendantes sur le génie génétique) dont 95% du financement est assuré par Carrefour. Les trois raisons sociales sont à la même adresse. Elle est aussi fondatrice de l’Association Intelligence verte organisatrice des entretiens de Millançay, la Mecque du bio, de la promotion de la traction animale qui n’hésitent pas suivant les années à flirter avec les médecines alternatives et l’ésotérisme. Elle a récemment écrit un livre intitulé « Sans le nucléaire on s’éclairerait à la bougie, et autres tartes à la crème du discours technoscientifique » afin de dénoncer « les dérives de la technoscience » !

Elisabeth Peredo

Présidente de la Fondation Walter-Solon, membre du Comité pour le tribunal de justice climatique, Bolivie. Sur son site internet la Fondation se définit comme “A space for art and free thinking against existing dogmas.” Un espace pour l’art et le libre pensée contre les dogmes existants”. On peut y lire que « La Fondation Walter Solon est un espace qui vise à mettre en question le système économique et politique à partir de différentes perspectives et de différents fronts : art, vidéo, recherche, promotion des droits de l’Homme, de droits des femmes, la lutte contre l’injustice » !

Le texte du Comité pour le tribunal de justice climatique est disponible sur le site http://www.e-joussour.net/fr/node/5725. Je ne ferai pas de commentaire sur ce texte, qui nous ramène aux bouillies de José Bové faisant l’apologie d’un avant pré-moderne.

Accompagnant ces intervenants aussi bigarrés le député communiste André Chassaigne.

La discussion fut bon chic bon genre faite de monologues parallèles, de truismes, et de déclarations généralistes convenues, tout ce qui pouvait lézarder le consensus de façade sur le capitalisme fut évité. Le nucléaire ne fut pas mentionné. L’environnement c’est bien connu est une cause non seulement nationale mais planétaire qui transcende les clivages politiques, surtout dans la perspective de 2012.

Ce qui est particulièrement inquiétant c’est la teneur des propos d’André Chassaigne qui mettent en cause le productivisme qui ferait partie de l’héritage du PCF. « Notre culture et notre pensée ont été influencées par l’idée que le progrès scientifique et technique engendre mécaniquement le progrès humain ». « Nous avons raison de dénoncer et de vouloir dépasser le capitalisme. Mais il faut aussi s’interroger sans à priori sur la nature du mode de production que nous voulons construire ». « On peut être communiste et antiproductiviste. On peut être communiste et se poser la question de la décroissance » « Les questions de la biodiversité ou de la gestion des ressources naturelles sont à reconsidérer sur la base de cycle long du renouvellement de la nature. Le capitalisme fonctionne en cycle courts » « dans mon livre je m’attelle à démystifier le capitalisme vert. Il faut démystifier le discours moral sur la responsabilité individuelle vis-à-vis de l’environnement » « Le discours sur la responsabilité individuelle vise avant tout à camoufler la responsabilité du système ».

Reprenons tout cela dans l’ordre !

Apparu au début du XXe siècle, le productivisme se définit selon le Dictionnaire historique de la langue française comme « un système d’organisation de la vie économique dans lequel la production est donnée comme objectif premier ». Le capitalisme n’a pas pour objectif premier de produire, mais de faire du profit à travers la production. Ce qui n’est pas la même chose. Le profit se créé par la transformation de la plus value, produite par le surtravail, en valeur réelle par la vente des marchandises produites. La réalisation du profit passe par la vente. Le capitaliste qui produit pour produire sans se soucier de la valeur d’usage de ce qu’il produit se retrouve avec ses marchandises sur les bras sans pouvoir transformer la plus value, produite par ses salariés, en profit. Il est immédiatement dégagé par ses concurrents. La production ne peut s’écouler que si elle répond à des besoins. La satisfaction de ces besoins n’est pas un but mais un moyen de réaliser le profit. Le marché qui est la mise en concurrence des marchandises et des services suivant leur valeur d’usage et leur coût de production est structuré par les stratégies de profits du patronat. Ce qui signifie que si le patronat considère le taux de profit t insuffisant (rapport entre profit réalisé et capital avancé), il n’investira pas dans telle branche. La recherche du taux de profit maximum surtout dans la phase actuelle de suraccumulation limite les capacités du capitalisme à affronter les enjeux du développement.

Adoptant le terme productivisme c’est fort logiquement qu’A Chassaigne adopte le terme de décroissance. Même s’il y met les formes « On peut être communiste et se poser la question de la décroissance », (notons au passage le procédé qui consiste à poser une question sans avancer de réponse) le député communise s’est engagé dans un terrain très glissant. Engagé sur le terrain de l’écologisme, c’est tout naturellement qu’André Chassaigne renie l’histoire et la nature du mouvement révolutionnaire en mettant en cause le progrès scientifique et technique. J Bové et les dirigeants d’Attac dont le journal l’Humanité est devenu quasiment le quotidien ont fait un émule !

L’altermondialisme dont le PCF n’a cessé d’être le propagandiste est l’expression protestataire de couches sociales qui subissent la prolétarisation et salariales qui voient leur rôle social remis en cause par l’accroissement de leur exploitation (je pense notamment aux enseignants). Au lieu de s’en prendre à la nature de classe de la société, elles s’en prennent à ce qui leur apparaît la cause de leur abaissement social ; la technologie. Cette dernière est rendue responsable de l’ordre des multinationales. Il ne s’agit pas de combattre l’ordre capitaliste mais de revenir à une situation antérieure à la mondialisation voire à des formes précapitalistes de production et d’organisation sociale. L’altermondialisme dans son combat contre la technologie rejoint l’écologisme dans sa déification de la nature défigurée par l’activité humaine.

Revenons à A Chassaigne. Comment l’Humanité peut elle se développer si ce n’est par le progrès scientifique et technique ? Au cours du 20e siècle ce dernier fut considérable dans tous les domaines de l’activité humaine. Les peuples des pays en voie de développement veulent atteindre notre niveau de développement et au nom de la conservation d’une nature déifiée, ils n’y auraient pas droit. La terminologie du développement durable fut inventée dans la lignée du rapport « Halte à la croissance » du club de Rome pour limiter la croissance des pays en voie de développement. A Chassaigne nous fait retourner « aux Luddites ».

Parler de productivisme et de décroissance quand on est communiste est particulièrement scandaleux quand près de 8 millions de nos concitoyens essayent de survivre avec moins de 950 euros/mois. Concernant la biodiversité, sujet à la mode, il faut remettre les choses à leur juste place. Dans la pensée écologiste la biodiversité évoluerait favorablement sans les hommes. La nature qui nous entoure, est artificielle, elle est le fruit de l’activité humaine. En fonction de ses besoins l’homme introduit sélectionne et privilégie la diffusion de certaines espèces suivant des critères qualitatifs. Il modifie son environnement en fonction des espèces qui lui sont utiles. La biodiversité est construite orientée et entretenue par l’Homme.

L’agriculture est la source infinie de biodiversité. Les espèces domestiquées ont donné lieu à une diversité variétale quasiment infinie. Combien d’espèces de choux de formes, de saveurs différentes sont cultivées en Europe alors qu’elles proviennent toutes d’une même espèce sauvage (brassica oleracea). L’homme crée et entretient la biodiversité. Cette conception est à l’opposée de la pensée catastrophique dominante. Toutes les sociétés modifient leurs écosystèmes en fonction de leur développement technique, économique et social et de leurs besoins du moment. Ainsi, le manioc, le manguier, le maïs, le cocotier, la jacynthe d’eau, l’avocatier, l’eucalyptus etc, qui appartiennent aux paysages africains n’en sont pas originaires. L’état zéro de la biodiversité n’existe pas. Beaucoup de milieux considérés comme naturels sont le produit d’une longue histoire entre les hommes et leur cadre de vie.

A Chassaigne veut déconstruire le capitalisme vert et refuse le discours sur la responsabilité individuelle dans la conservation de la planète. Fort bien, mais c’est un peu court. Il ne fallait pas alors approuver le Grenelle de l’environnement dont le seul but était d’introniser en France le capitalisme vert et il faut aussi cesser d’être le porte parole des idées des Greenpeace, WWF, FNE, etc.

Tout cela sent l’opportunisme, si ce n’est le populisme.

2°) Un second débat était organisé à la fête de l’Huma avec un membre du GIEC.

Le GIEC n’est pas une institution scientifique. C’est une création politique mêlant des scientifiques et des politiques tous nommés par les Etats. Il s’agit d’une instrumentalisation par le politique de scientifiques qui ont une démarche militante. Le GIEC a été pris en flagrant délit de falsification pour son quatrième rapport avec la courbe des températures en crosse de hockey et très récemment mis en cause dans les prévisions fantaisistes de disparition des glaciers himalayens copier coller d’un rapport fantaisiste de WWF, d’autres « erreurs » ont été soulevées qui toutes vont dans le même sens celui du catastrophisme. Jean Jouzel son vice président, si souvent interviewé par l’Huma, a été nommé par Sarkozy à la présidence du Haut Conseil national pour la Science. Le pouvoir sait récompenser ceux qui le servent. Le GIEC comme la plupart des multinationales environnementalistes annonce un réchauffement climatique aux effets désastreux. Il en rend responsable l’Homme et sa consommation de combustible fossile. Il demande à l’humanité de limiter de façon drastique sa consommation d’énergie quitte à limiter sa croissance. Ce discours qui est celui du développement durable s’adresse bien entendu essentiellement aux pays en voie de développement.

Pourquoi le PCF cherche-t-il à mettre en valeur une institution dont les méthodes de travail viennent d’être sévèrement critiquées par l’Inter Academy Council (institution qui regroupe les académies des sciences de nombreux pays) qui a été chargée par l’ONU d’expertiser le GIEC ?

3°) Un troisième débat était organisé intitulé Développement ou environnement, faut-il choisir ?

Etaient invités notamment l’inévitable représentante de l’association bon chic bon genre Attac, le président de WWF-France et Francis Wurtz, ce dernier étant là pour leur passer les plats,.

L’Altermondialisme étant mort, le PCF fait maintenant dans l’écologisme. Il n’est pas très regardant sur les organisations dont il ne cesse de reproduire l’idéologie. Libre à lui, mais alors qu’il ne parle de capitalisme. WWF (World Wide Fund For Nature ou Fonds mondial pour la nature) est la plus grande organisation de protection de la nature au monde. Elle intervient dans plus de 100 pays, emploie près de 4000 personnes, dispose d’un budget de 320 millions de dollars et finance environ 2000 projets de conservation de la nature. A la différence d’organisations comme Greenpeace ou les Amis de la Terre, engagées dans des actions spectaculaires et des campagnes assez agressives, le WWF a toujours privilégié les négociations et les partenariats, que ce soit avec les institutions comme l’ONU, la Banque mondiale ou l’Union européenne, et les entreprises, comme Coca-Cola, Carrefour ou Lafarge. Il est vrai que quand on regarde la liste des responsables du WWF, on trouve des anciens PDG de multinationales, des hommes d’affaires, des diplomates et des personnalités du bottin mondain. Parmi les présidents successifs du WWW-International, nous trouvons le prince Bernhard des Pays Bas, actionnaire de référence de la Royal Dutch Shell, le prince Philip, duc d’Edimbourg, John H Loudon ancien président de la Royal Dutch Shell et de la Fondation Ford. Aux Etats-Unis, Kathryn Fuller, directrice d’Alcoa, deuxième plus grand producteur mondial d’aluminium, a présidé le WWF pendant quinze ans. En Belgique, le président du WWF est Ronald Biegs, ancien directeur général de Coca-Cola en France et en Allemagne. Le précédent président du WWF-France est Daniel Richard, ancien PDG des Trois Suisses et de Sephora (groupe LVMH), lequel a succédé à Luc Hoffmann, ancien vice-président du groupe pharmaceutique Hoffmann-Laroche. Bref, que du beau linge.

Sans doute, pour faire moins aristo WWF-France a nommé à sa tête Serge Orru, venant du milieu associatif. Pourtant le milieu des affaires ne lui est pas indifférent. Le 24 octobre 2008 le groupe boursier New York Stock Exchange Euronext (NYSE Euronext) a lancé un nouvel indice européen baptisé « Low Carbon 100 Europe », présenté dans les médias comme un « indice vert ». Loin de représenter des sociétés à activités « écologiques », cet indice mesure la performance des 100 plus grandes sociétés européennes émettant le plus faible niveau de CO2 dans les secteurs ou sous-secteurs auxquels elles appartiennent. Dans le même temps, BNP Asset Management a adossé à cet indice un fonds d’actions qui donne aux particuliers comme aux professionnels la possibilité d’investir dans ces sociétés. Selon un article du Figaro (30 octobre 2008), ce fonds (ainsi que l’indice) « est né des volontés de trois militants du développement durable : Yann Arthus Bertrand, le photographe et président de GoodPlanet.org, Robert Lion, le président d’Agrisud International et ancien directeur général de la Caisse des dépôts et Consignations, et Serge Orru, directeur général de WWF France ». Ce même Robert Lion a été élu quelques semaines plus tard président de Greenpeace France qui a désormais à sa tête un des gestionnaires de ce fonds financier.

L’écologie est la clef de voute de l’organisation sociale aussi pour Serge Orru « Vivre et construire ensemble une écocitoyenneté peut-être un remède à la violence de ces derniers jours » Les Echos 30 mars 2007 Voilà ce qui manque aux grandes cités frappés par le chômage et la désertification des services publics !

Ce monsieur est bien inquiétant, on le retrouve souvent dans des réunions du genre « Terre de ciel » ou les entretiens de Millancay. Concernant ses sources de financement WWF-Europe a reçu en 2009, 662 000 euros de subvention de l’Europe. En 2008, Lafarge avait renouvelé son contrat de financement avec l’association. En 2005, Lafarge versait 1 million d’euro/an. Lafarge a n’en pas douter n’est pas aussi généreux envers ses salariés.

Les campagnes de WWF interrogent sur la philosophie de cette organisation.

Elle a mené campagne avec un charlatan le Dr David Servan-Schreiber, promoteur des médecines alternatives ! contre l’eau du robinet. Cette campagne a obligé la direction générale de la santé, les Académies de médecine et de pharmacie et l’Académie de l’eau à se lever contre le WWF.

WWF et Greenpeace, en partenariat avec le MDGRF (Mouvement pour le droit et le respect des générations futures), ont lancé en 2008 une grande campagne de sensibilisation intitulée « Anti moustique : je dis non » dont l’objectif était de réduire de manière drastique l’utilisation des produits anti moustique qui présenteraient, selon ces associations, un risque (non prouvé par une quelconque étude) pour la santé humaine. A la place des produits anti moustique, il était conseillé de s’enduire le corps d’huile d’ortie.

Le DTT est la seule molécule de lutte efficace contre les moustiques. Les autres produits n’ont pas la même efficacité et développement des résistances. L’OMS a recommandé de le pulvériser à l’intérieur des habitations (convention de Stockolm de mai 2004). Chaque année 3 millions d’être humains meurent de la malaria. Greenpeace WWF n’ont pas cessé de mener campagne pour son interdiction et la fermeture des usines le produisant. Il s’agit sous prétexte de la protection de l’environnement pour ces multinationales écologistes de limiter et le développement des PVD, de contrôler la gestion de leurs ressources. Inviter de telles personnes pour avoir avec elles un discours convenu est proprement scandaleux ! Ou les journalistes de l’Huma sont incompétents ou il s’agit d’une orientation politique.

Au cours de ces débats, le PCF n’a cessé de servir la soupe à des associations et à des personnalités œuvrant à la pérennité de l’ordre capitaliste occidental. Le développement durable auquel le PCF adhère n’a pas d’autre ambition.

Gilles Mercier

Chargé de recherche Inserm

Syndiqué CGT

3 Messages de forum

  • Je vous signale ma contribution indirecte à la question de la taxe carbone sous la forme d’un livre à paraître bientôt :

    Le réchauffement climatique en Europe, depuis quand ? Pourquoi ? édité par De BOECK (voir nouveautés sur son site).

  • Le PCF fait dans l’écologisme ! Gilles Mercier

    3 octobre 2010 16:25, par Jean-Michel Dariosecq

    Cet article ne constitue pas une réflexion très sereine sur la religion du "Progrès-Productivisme-Croissance", qui depuis la naissance du capitalisme, a peu à peu remplacé les religions précédentes.

    Et malheureusement, cette nouvelle religion a contaminé (et continue visiblement de contaminer) y compris des défenseurs sincères du peuple, parce qu’elle promet un "paradis sur Terre", où les humains seraient débarassés des dangers et ennemis naturels : phénomènes physiques, maladies, pénibilité des tâches, pénuries,...

    Or la réalité, c’est que tout "progrès" apparent pour un groupe d’individu donné (en l’occurrence le plus souvent certains habitants des pays les plus riches) se paie toujours par des externalités négatives. Et jusqu’à présent, la grande habileté du capitalisme (privé ou d’Etat) a été de faire payer ces externalités par la Nature, par les plus pauvres ou par les générations futures. Mais dans un monde limité, il arrive qu’on atteigne un jour des... limites...

    Les générations futures n’ont pas la possiblité de dire leur mot. Les pauvres encaissent, souffrent et meurent en silence, de pollutions incontrôlées mais aussi parce que le modèle productiviste les détourne de cultures vivrières locales adaptées. C’est finalement la Nature qui se révolte la première, ou plutôt qui s’effondre la première, et renvoie la facture, y compris aux riches.

    C’est donc évidemment d’abord parce que les riches sont également menacés que les gouvernants se préoccupent désormais un peu d’écologie. Mais il est vrai aussi que le gaspillage des ressources et la pollution de l’environnement ont provoqué une telle raréfaction des biens communs directement consommables (non encore marchandisés et encore propres) que de nouveaux marchés juteux s’annoncent !

    Pas étonnant dès lors que fleurissent de faux écologistes vrais marketteurs ou vrais "green-washers" (lessiveurs verts), dont la fonction est d’entretenir la croyance dans le-progrès-technique-et-la-croissance-productiviste-qui-vont-nous-sauver, simplement en les repeignant en vert. Et que prolifèrent aussi toutes sortes d’arrivistes politiques sur ce dernier "créneau" électoraliste.

    Mais il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain. Certes l’inégale répartition des richesses reste un problème central. Mais leur quantité et leur nature même doit aussi être discutée. Continuer à croire qu’une croissance infinie de la production (et de la démographie) est possible sur une planète limitée (en ressources comme en cycles régénérateurs) est une folie suicidaire à terme.

    Personnellement, je serai probablement mort avant, mais ce n’est pas une raison pour ne pas le dire. Je trouve donc tout à l’honneur du PC d’accepter (enfin) de mettre la question sur la table, même si inviter des lessiveurs verts et des politicien-ne-s opportunistes n’est peut-être pas la meilleure idée...

  • Le PCF fait dans l’écologisme ! Gilles Mercier

    3 octobre 2010 16:35, par loïc
    La question du capitalisme et de l’écologie est bien complexe. Votre article est intéressant concernant celle du productivisme certes il est utile de produire des produits, des services qui sont à la base même des richesses, mais il y a aussi la production des marchés qui doit être questionnée car si c’est là que sont échangés les produits c’est aussi là il me semble que le travail est estimé ou pas. Et il me semble qu’une régulation à ce niveau est à la fois plus que souhaitable et minimaliste, ce qu’une taxe sur les transactions financières comme celle proposée par attac cherche à réaliser. Elle permettrait peut-être par ses recettes de faire du crédit productif et pourquoi pas réaliser du nucléaire propre ou corriger les inégalités les plus criantes. Bref je me définis comme écologiste mais pas anti-productif et je pense pas non plus que le changement climatique soit contestable après que se soit chaud ou froid c’est à surveiller et sûrement pas à aggraver avec plus de consommation fossile comme c’est le cas aujourd’hui à l’échelle mondiale même si en europe cette consommation suit un plateau du fait de la démographie et de moteurs plus performants... Il faut donc démêler le vrai du faux et c’est certainement pas facile pour moi-même également, mais ne pas oublier non plus que le capitalisme originellement s’est développé grâce l’exode rural et la création du prolétariat dont le sort n’était peut-être pas des plus enviables... alors si le capitalisme a évolué qu’il est devenu essentiellement spéculatif il n’est peut-être pas à jeter complétement puisque il a aussi contribué avec les ouvriers à la société encore riche dans laquelle nous vivons. Je pourrais continuer aussi pour dire que la chimiothérapie à outrance n’est pas non plus une solution mais je ne veux pas asséner une vérité mais participer à votre débat. Tout ça pour dire que l’écologisme n’est pas forcement un anticommunisme !

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