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Qui est responsable
du « nettoyage ethnique » au Myanmar ?
Par Gearóid Ó Colmáin

mardi 3 octobre 2017, par Comité Valmy


Qui est responsable
du « nettoyage ethnique » au Myanmar ?

Les Rohingyas : Nouvelle Cause de l’Impérialisme [1ère partie]

Le 15 septembre, les cadavres de toute une famille ont été découverts par les forces de sécurité birmanes à Mayu Mountain, dans l’État d’Arakan. La famille aurait appartenu à la minorité Daingnet. Les meurtres ont été imputés à l’Armée du Salut Rohingya d’Arakan [ARSA, Arakan Rohingya Salvation Army, anciennement Harakah al-Yaqin, NdT], un groupe terroriste doté de liens avec l’Arabie Saoudite et le Pakistan.

L’État d’Arakan au Myanmar connaît une vague de violences depuis que des terroristes de l’ARSA ont attaqué des forces de sécurité le 25 août dernier, tuant 10 officiers de police, 9 officiers de la sécurité et plusieurs civils.

Les attaques de l’ARSA ont clairement été organisées pour coïncider avec la présentation du rapport du Comité Consultatif à propos de l’Arakan devant l’Assemblée Générale de l’ONU par l’ancien Secrétaire-Général de l’organisation, Kofi Annan. Le Dr. Annan avait été mandaté par le gouvernement birman pour superviser une enquête indépendante sur les violences dans cette région troublée.

De nombreux rapports de témoins oculaires au Myanmar déclarent que des terroristes ont incendié les villages provoquant ainsi un exode pendant que d’autres, y compris la presse cooptée occidentale, avancent que les feux ont été allumés par les militaires birmans (Tatmadaw). Il n’y a pas de preuves concluantes pour identifier les responsables de l’exode tragique des communautés ethniques « musulmanes bengalies » du Myanmar hors du nord de l’État d’Arakan. Mais l’ancienne chargée d’affaires de l’Ambassade US au Myanmar, Priscilla Clapp, a contredit les agences occidentales lorsqu’elle a déclaré à France 24 English que pour elle, ce sont des terroristes takfiris qui sont responsables de ces incendies de villages, ainsi que de la dissémination de mines antipersonnel dans la région.

Si les affirmations de Clapp sont vraies, elles suggèrent fortement que l’insurrection islamiste dans le nord de l’État d’Arakan prend de l’ampleur. Cette insurrection islamiste dénombre, selon les estimations, entre 20 et 30 000 combattants. Il y a de nombreux récits provenant de villageois bouddhistes, musulmans et hindous, relatant comment ils ont été encerclés puis attaqués par les terroristes takfiris.

Selon le chercheur américano-birman Rick Heizman, presque tous les habitants du village de Ye Bauk Kyar, à cinq kilomètres de la frontière bangladaise, ont été tués à coups de machette, d’épée et de hache par des terroristes islamistes « bengalis ». 92 Hindous ont aussi été massacrés au village de Kha Maung Seik.

Des charniers contenant surtout des cadavres de villageois hindous ont été découverts près de la frontière avec le Bangladesh. Il est estimé d’après leurs dépouilles qu’ils ont été assassinés pendant l’insurrection d’août 2016.

Des centaines de villageois hindous sont toujours portés disparus. Certains d’entre eux, capturés par les terroristes, ont refait surface dans des camps de réfugiés au Bangladesh.

Aucun de ces éléments factuels n’a été mentionné dans la presse occidentale « grand public ». La souffrance atroce de milliers de personnes a été délibérément et cruellement ignorée. En lieu et place, on nous bassine avec un refrain larmoyant sur « la communauté la plus persécutée au monde » et sur un « génocide perpétré contre les Rohingyas ». Les slogans camouflent ce qui est sans doute une réalité beaucoup plus troublante, nommément que ceux qui crient au génocide sont ceux-là mêmes qui sont responsables des massacres ! Le modus operandi est familier pour ceux qui ont suivi les guerres syrienne et libyenne où des atrocités sous faux drapeau, conçues pour attirer le maximum d’attention médiatique pour en faire porter le chapeau au gouvernement ciblé, étaient la norme.

La découverte du massacre de Mayu Mountain survient peu de temps après que l’Asian Centre for Human Rights [ACHR, Centre Asiatique pour les Droits de l’Homme, NdT] ait appelé l’ONU à congédier son Rapporteur Spécial pour les Droits de l’Homme, le Professeur Yanghee Lee, pour de « sérieuses violations à la Résolution 5/2 du Conseil de l’ONU sur les Droits de l’Homme portant sur le ‘Code de Conduite des Titulaires de Mandat de Procédure Spéciale du Conseil des Droits de l’Homme’, article 3, sur les ‘Principes Généraux de Conduite’ « .

Le Professeur Lee est accusé d’avoir omis de mentionner les groupes terroristes responsables des atrocités. Lee a également été accusé d’avoir outrageusement gonflé les bilans des morts « bengalis » (rohingya).

L’ACHR accuse le Rapporteur Spécial de l’ONU d’avoir échoué à dénoncer les groupes takfiris pour les meurtres de 3 villageois de l’ethnie Mro en août 2017, de 5 villageois de l’ethnie Daingnet du village de Kyandoe le 26 août, et de 7 personnes de l’ethnie Mro dans le village de Kan-Taing, dans la municipalité de Maungdaw le 28 août dernier.

L’opération anti-terroriste au Myanmar est loin d’être terminée, des milliers de terroristes se cachant toujours dans la jungle des Monts Mayu, selon les rapports. La localisation de milliers de victimes reste un mystère. Parmi les réfugiés bouddhistes et hindous qui avaient fui Sittwe la capitale de l’État d’Arakan suite aux violences, certains ont été ramenés dans leurs villages par des transports militaires. De nombreux réfugiés bouddhistes, qui sont minoritaires dans la munucipalité de Maungdaw au nord de l’État d’Arakan, affirment qu’ils ne retourneront jamais s’installer là-bas, de peur de nouvelles attaques.

Il demeure des milliers de réfugiés musulmans au Bangladesh. De nombreux meneurs de ces communautés refusent de coopérer avec le processus de vérification d’identité des autorités birmanes, ce qui rend leur rapatriement impossible. De nombreux Musulmans subissent également des pressions de la part de groupes terroristes tels qu’ARSA à l’intérieur même des camps de réfugiés. La moitié de la communauté musulmane du nord de l’État d’Arakan est restée dans la région. Mais les terroristes de l’ARSA se sont mis à assassiner aussi des Musulmans, accusés de collaborer avec les militaires birmans (Tatmadaw). L’All Myanmar Islamic Religious Organisation [Organisation Islamique de Tout le Myanmar, NdT] a condamné les terroristes et pressé tous les Musulmans de collaborer avec le gouvernement.

Les militaires birmans ont été accusés d’avoir torturé et décapité des enfants. Ces allégations sont hautement improbables. En fait, il est beaucoup plus probable que de telles atrocités sont commises par les terroristes takfiris eux-mêmes. Le Tatmadaw est composé de soldats hautement entraînés, principalement armés de fusils d’assaut Browning Hi-power, Heckler & Koch G3 et MP5. Des photographies de milliers de victimes massacrées ont été rendues publiques par le gouvernement birman. Les corps sont gravement mutilés et portent de profondes plaies nettes faites à la machette, à l’épée et au couteau – les armes de prédilection des terroristes takfiris. La presse occidentale s’efforce de mettre un bémol sur la sauvagerie des terroristes de l’ARSA, en affirmant qu’ils ne sont que « légèrement armés ». Il n’y a rien de « léger » à propos d’une machette ou d’une épée entre les mains d’un terroriste takfiri enragé !

Depuis les violences inter-communautaires de 2012, où des mosquées et des temples avaient été attaqués menant aux meurtres de Bouddhistes et de Musulmans, le Myanmar est la cible d’une insurrection islamiste en prise de vitesse appuyée depuis l’étranger dans le nord de l’État d’Arakan, où des « Musulmans bengalis » constituent la majorité ethno-religieuse.

La majorité bouddhiste du Myanmar redoute que si « l’immigration bengalie illégale » n’est pas freinée, ils puissent subir les mêmes persécutions que leurs coreligionnaires du Bangladesh. Des meurtres et des viols de Bouddhistes par des terroristes takfiris sont régulièrement documentés au Bangladesh, où le culte mortifère wahhabite reçoit un copieux financement provenant d’Arabie Saoudite.

Depuis la destruction des anciennes statues de Bouddha en Afghanistan par les Talibans en 2001, il y a eu des tensions religieuses croissantes en Asie du Sud-Est. L’objectif stratégique de l’impérialisme occidental en Asie est d’exploiter ces tensions en attisant la haine sectaire – un « choc des civilisations » huntingtonien fournissant le prétexte pour des « interventions humanitaires » ou des « opérations antiterroristes » contre-insurrectionnelles, exécutées par les États-Unis et leurs alliés. Les tensions croissantes entre Bouddhistes et Musulmans donnent à l’Oncle Sam le prétexte dont il a besoin pour contrer l’essor de la Chine. Ce n’est que dans ce contexte qu’il nous est possible de comprendre la nouvelle cause humanitaire de l’impérialisme – les « Rohingyas ».

Par Gearóid Ó Colmáin
30 septembre 2017

Source :
https://ahtribune.com/world/asia-pacific/rohingya-genocide/1928-ethnic-cleansing-in-myanmar.html

Traduit par Lawrence Desforges


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