COMITE VALMY

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L’ennemi commun des peuples

Selon Ali Akbar Velayati, les Etats-Unis vont pâtir de la décision insensée de Trump concernant Jérusalem*
Commentaires d’Alain Corvez

mardi 12 décembre 2017, par Comité Valmy


Selon Ali Akbar Velayati, les Etats-Unis vont pâtir de
la décision insensée de Trump concernant Jérusalem

Commentaires sur la déclaration de Son Excellence Ali Akbar Velayati
du 7 décembre 2017.

En renonçant à reporter la décision votée en 1995 par le Congrès des Etats-Unis de déplacer l’ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem, comme l’ont fait tous les présidents américains tous les six mois depuis, et lui-même en juin dernier, Donald Trump a soulevé contre son pays une vague de protestations dont la véhémence est diverse mais dépasse le seul monde musulman où cependant elle prend une forme violente que chacun peut comprendre et que les experts américains auraient dû deviner.

Cette insulte aux Palestiniens dont les droits légitimes sont violés depuis 1948 ne pouvait qu’entraîner cette violence, déconsidérant définitivement les Etats-Unis comme médiateurs éventuels du dossier israélo-palestinien et soulevant contre Washington une haine des 1,5 milliard de musulmans dans le monde qui ne le portaient déjà pas vraiment dans leur coeur. Mais au-delà des musulmans, c’est l’ensemble des pays n’appartenant pas à l’Alliance Atlantique-et qui représente l’immense majorité des habitants de la planète-qui manifeste sa réprobation face à une nouvelle violation flagrante des résolutions de l’ONU.

Le principal Conseiller en relations internationales du Guide de la République Islamique d’Iran, Ali Akbar Velayati, connu pour la finesse de sa pensée et sa connaissance des dossiers internationaux a fait une déclaration jeudi dernier 7 décembre, lors de la conclusion de la conférence annuelle pour l’unité islamique qui se tenait à Téhéran depuis trois jours, par un hasard du calendrier car elle était programmée depuis un an, qui en peu de mots énonce l’essentiel de ce qu’il faut dire de cette décision aberrante du Chef d’Etat américain. (Voir plus loin la version anglaise de cette déclaration).

Il faut préciser que cette conférence rassemble de hauts responsables politiques et religieux musulmans du monde entier, sunnites comme chiites , tous ayant compris depuis longtemps que le pivot de la défense des Palestiniens, majoritairement sunnites mais avec une minorité chrétienne ardente, se trouve à Téhéran, que certains médias occidentaux aiment pourtant présenter comme un état chiite opposé au sunnisme et soutien du terrorisme takfiri, alors que chaque jour meurent des Iraniens en Syrie, et des Libanais chiites du Hezbollah, pour défendre le gouvernement laïque de Syrie contre les terroristes sunnites qui ont dévoyé leur religion, manipulés à des fins stratégiques par des puissances occidentales, les monarchies du Golfe et Israël.

Lors d’une conférence internationale précédente à laquelle j’avais participé à Téhéran, les 21 et 22 février 2017, rassemblant aussi de très nombreux responsables politiques et religieux du monde entier, dont beaucoup venus de pays non musulmans, l’Iran avait apporté la preuve qu’il était le seul état à défendre activement la cause palestinienne, sunnites et chiites se réunissant sous son égide pour organiser la résistance à l’oppression israélienne en Palestine occupée, démontrant que les rivalités religieuses au sein de l’islam étaient dépassées, -et en fait instrumentées par les ennemis des musulmans- , pour unifier les efforts en vue de la cause commune. (Voir PJ)

SE Velayati a lié cette décision du Président Trump a l’éradication de DAESH en Syrie et en Irak qui constitue un échec de la stratégie américaine et israélienne au Moyen-Orient, puisque tous les experts savent de façon documentée que l’organisation terroriste a trouvé le soutien des Etats-Unis et de ses alliés occidentaux du Golfe ainsi que d’Israël pour chasser du pouvoir le président légal de Syrie. Cette alliance hypocrite trouve d’ailleurs ses origines dans le soutien aux djihadistes qui combattaient autrefois les soviétiques en Afghanistan.

Avec juste raison, SE Velayati estime que les Etats-Unis vont subir le contrecoup de cette décision qui ligue contre eux la majorité du monde, y compris certains de leurs alliés, en remettant au premier plan la lutte pour la défense des droits des Palestiniens liée au règlement de la question israélo-palestinienne que la lutte contre DAESH avait un peu fait oublier, déqualifiant définitivement la première puissance mondiale aux yeux de tous les musulmans, l’écartant définitivement de l’éventuel rôle de médiateur que les Présidents précédents avaient essayé de jouer.

Persuadé par la brillante campagne qu’il a menée pour être élu que Donald Trump est un homme intelligent qui a compris les nouveaux rapports de force dans le monde (voir mon analyse en PJ) et que l’intérêt des Etats-Unis consistait à les prendre en compte et à parler avec les nouveaux pôles de puissance en cessant les interventions militaires récurrentes, onéreuses en hommes et en argent, je ne peux comprendre ses revirements catégoriques depuis son installation à la Maison Blanche que par le fait qu’il n’est pas libre de mener la politique qu’il préconisait : il est menacé par des forces souterraines mais puissantes au minimum d’être destitué s’il n’obéit pas. Ces revirements brutaux, comme le bombardement de la base de Sheirat le lendemain même d’une attaque chimique à Khan Sheilkum imputée évidemment à l’armée syrienne sans la moindre enquête sur le terrain, quelques semaines après son intronisation à la Maison Blanche, en était la preuve, tant elle contredisait sa volonté affichée pendant la campagne de s’entendre avec les Russes pour mettre un terme à la guerre en Syrie.

Vraisemblablement l’organisation qui défend les intérêts des juifs américains les plus riches et soutient totalement la politique extrémiste de l’actuel état d’Israël, l’AIPAC, bien que regroupant beaucoup moins de juifs que d’autres associations mais qui n’ont pas le même impact car elles n’ont pas la force de frappe de la finance qui détient les médias, a été furieuse que le Président Trump n’ait pas pris la décision qu’il vient de prendre lors de l’échéance de juin dernier, et a exigé qu’il n’y ait pas un autre report de six mois de la mise en oeuvre du vote du Sénat de 1999.

De nombreuses associations juives américaines ont à nouveau manifesté leur opposition à l’AIPAC et à la politique d’Israël, dénonçant des positions qui ne peuvent en aucun cas ouvrir un chemin vers une paix juste entre Israéliens et Palestiniens.

Mais la force de frappe financière est du côté de l’AIPAC ; quand on voit le CRIF en France applaudir à la décision de Donald Trump et demander au Président français d’en faire de même, on comprend que nous sommes dans une situation analogue à celle des Etats-Unis car de nombreux amis juifs français sont révoltés par la politique brutale d’Israël qui ne peut en aucun cas permettre l’établissement d’une paix durable en Palestine, et désapprouvent aussi la décision de transférer l’ambassade américaine à Jérusalem.

Alain Corvez
11 décembre 2017

*US to regret Trump’s ’foolish’ embassy decision : Velayati


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