COMITE VALMY

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LA GRANDE ABSENTE DES MANIF’S SYNDICALES : L’EUROPE !
Jean Lévy

jeudi 11 novembre 2010, par Comité Valmy


Et si le PCF retrouvait ses racines ?


Par millions, les salariés ont arpenté, par sept fois, les rues de nos villes. Ils ont crié, haut et fort, leur colère face au hold-up contre leur droit à une retraite à 60 ans – un repos pourtant bien gagné.

Dans plus de 250 villes, dans tous les départements, des foules, chaque fois fidèles aux rendez-vous, ont scandé leur attachement à une vie libre attendue après une vie de travail de plus en plus harassante. Les rues vibraient de la détermination populaire de s’opposer à une réforme qui s’inscrit dans une offensive généralisée. Une offensive qui vise en réalité toutes les conquêtes sociales arrachées par une lutte permanente, menée tout au long du XXème siècle.

Car la rage ouvrière dépassait largement la seule question des retraites.

Le chômage qui brise les vies ; les « petits boulots » qui vous interdisent toutes perspective et tous projets ; les salaires au pouvoir d’achat dramatiquement réduit depuis trois décennies ; la santé menacée sur les lieux de travail par des cadences inhumaines ; le droit de se soigner revu fois à la baisse ; des hôpitaux conçus pour être d’abord rentables ; le bagne dans l’entreprise, où le patron fait régner la terreur sur les salariés, privés de tout droit de se défendre – tout concourt à générer l’angoisse et la colère.

D’où les manifestations massives se succédant depuis début septembre et l’embrasement d’un peuple, solidaire des révoltes, quand il ne peut y participer.

Mais, au-delà des manifestations, débordant les mots d’ordre confédéraux, le nouveau de cette immense bataille sociale, ce sont les multiples initiatives prises « à la base », les barrages sur les routes, autour des raffineries, bloquant ports et dépôts de marchandises, les « actions coup de poing » de collectifs de salariés en lutte, des coordinations qui maintiennent la pression du nord au midi, hors de directives des centrales syndicales.

Les grèves professionnelles ont peut-être cessé, mais l’action démultipliée, qui se poursuit, démontre que la très grande mobilisation populaire continue sous d’autres formes.

Mais une question se pose :

pourquoi les mouvements de septembre-octobre, d’une telle ampleur, n’ont-ils pas débouché sur une victoire sociale ?

La raison en est simple : les confédérations, dont la CGT, et les partis qui se revendiquent de la « gauche », qui disent soutenir les salariés mobilisés, ont tout fait pour restreindre la cible, au-delà d’un simple aménagement d’un texte, seulement qualifié « d’injuste », au seul pouvoir politique en place, à Nicolas Sarkozy personnellement, et à son gouvernement. En jouant du naturel réflexe des colères accumulées contre l’hôte de l’Élysée.

Mais l’offensive antisociale n’est-elle qu « hexagonale », ne touche-t-elle que la France ? Bien sûr que non. De Madrid comme de Rome, de Lisbonne comme de Bruxelles, de Lisbonne ou d’Athènes montent les mêmes clameurs des travailleurs contre les plans d’austérité mis en place dans les 27 Etats de l’Union européenne.

Rien d’étrange à cette concordance d’offensives tout azimut contre les salaires, la protection sociale, et bien entendu, la retraite. Tous ces plans ont été concocté dans le cadre de l’UE par tous les gouvernements concernés, qu’ils se disent de droite ou affectent d’être « de gauche ». Cela vaut en particulier pour le recul de l’âge de la retraite, orientation européenne scellée à Barcelone en 2002, paraphée par Lionel Jospin et Jacques Chirac.

Cette unanimité européenne s’explique aisément : l’UE a été mise en place pour satisfaire les exigences du grand patronat. Le syndicat de celui-ci – Business Europe – est présidé par notre baron Seillière. En effet, le grand patronat vise, au plus vite, rentabiliser le capital dans le contexte d’une concurrence mondiale effrénée.

Pour atteindre ces objectifs, les grandes entreprises pèsent sur le prix de leur main d’œuvre et imposent aux gouvernements européens, très « compréhensifs », de détourner l’argent public (Santé, Education, Services public) à leur profit exclusif.

Tel est le but des privatisations transférant les biens de la Nation au capital privé.

Tel est le fond de la « crise », qui sert de justificatif à l’offensive antisociale généralisé.

Et rien de ces questions n’effleure dans les manifestations. Pas un mot sur « l’Europe ». Pas un mot d’ordre mettant en cause les responsabilités de l’Union européenne.

Cette absence pèse lourdement sur la suite du conflit, qui demeure confiné dans les simples rapports entre les citoyens de notre pays et Nicolas Sarkozy.

Cette approche restreinte fait bien sûr le jeu politicien du PS, qui peut envoyer ses leaders dans les manifestations, en pensant aux suffrages à engranger en 2012. La direction confédérale de la CGT ne pense pas autrement depuis son « recentrage » de collaboration de classe. Rappelons-nous la position de Bernard Thibault, lors du référendum de 2005, refusant de répondre NON à l’Europe.

Rien pour nous étonner, donc.

Mais ce qui pose problème, c’est le silence parallèle de la soi-disant « extrême gauche », qui a beau s’appeler « anticapitaliste », c’est le mutisme du PCF (opposition interne incluse) sur l’Europe.

Tous limitent la batille sociale à un combat anti-Sarkozy.

Certes, des groupes de militants, ceux du PRCF, du Front Syndical de Classe, du Comité Valmy et de l’Arc Républicain de Progrès, de divers blogs amis, tentent d’éclairer l’opinion populaire sur les responsabilités de l’Union européenne.

Nous posons publiquement la question aux milliers de communistes, toujours membres du parti :

Pourquoi ce silence de votre part ?

Pourquoi cette absence de référence à l’Europe dans vos analyses, vos débats intérieurs, vos réunions publiques ?

Seulement ainsi nous gagnerons la bataille !

Jean Lévy 1er novembre 2010

6 Messages de forum

  • Jean Lévy a parfaitement raison. Il n’a jamais été fait mention du sommet de Barcelone ni du livre vert de l’Union sur les retraites par les centrales syndicales ou les partis politiques les plus connus qui participaient aux manifestations. Si l’Union européenne a été si peu mentionnée dans les mots d’ordre des manifs on peut y trouver plusieurs raison dont la moindre n’est pas les subventions reçus par les partis ayant une organisation européenne. Il faut y ajouter l’aspect national : les partis les plus à même de dénoncer le rôle de l’UE sont "coincés" pour avoir des élus, par des obligations d’accords avec le Parti socialiste (PS), partisan farouche de l’Europe. C’est la logique de la constitution de la Vème république qui les y oblige, sauf d’avoir le courage politique de s’en démettre. Ce qui supposerait dire Non au parti de "gauche" dominant, de proposer une autre constitution, de proposer un retrait de l’Union européenne, de proposer une autre répartition des richesses. Je me permets de signaler que l’article de Slavoj Zizek sur le Monde Diplomatique de novembre intitulé "Pour sortir de la nasse" me semble un excellent complément à celui de Jean Lévy.
    • Sortons de l’euro, sortons de l’UE,

      Affligeant constat en effet que l’absence de mise en cause de l’UE dans ce combat pour le maintien effectif du droit à la retraite.

      Au minimum nous aurions apprécié le rappel du Livre vert de Commission intitulé : Vers des systèmes de retraite adéquats, viables et sûrs en Europe (7 juillet 10) et de la déclaration de José Manuel Barroso (3sept.09 repris dans l’introduction : « ... La crise a montré l’importance de l’approche européenne en matière de régimes de retraites... Elle a mis en évidence que les fonds de pension étaient un élément important du système financier ».

      Faut-il s’étonner de cet « oubli », malheureusement non, comme le démontre la récente étude signalée ci-après :

      « CONSENSUS EUROPÉISTE ...La conclusion principale de cette investigation, que nous trouvons particulièrement inquiétante, est qu’il existe un consensus implicite entre presque toutes les organisations étudiées : Attac, CFDT, CGT, FO, FSU, MEDEF, MoDem, NPA, PCF, PG, PS, UMP, Union syndicale solidaires, Verts..." http://www.m-pep.org/spip.php ?article1934

      * Un tract au moins fut édité affichant clairement la direction à prendre POUR FINANCER LES RETRAITES, SORTONS DE L’EURO ! http://www.m-pep.org/spip.php ?article1928

      * Nous ne serons jamais trop nombreux à revendiquer clairement, nettement notre exigence de recouvrer l’indépendance nationale de la France.

      Signez l’Appel des 1 000 pour sortir de l’Euro et construire une monnaie commune http://www.m-pep.org/spip.php ?article1911

  • Bien sûr, c’est là où le bât blesse. L’UE est le chef d’orchestre de ce qui se passe partout en Europe, c’est peut-être pour celà que le Capitalisme a fondé cette UE d’ailleurs !!
  • Pour le PCF retrouve ces racines, il faudrait qu’il replace la dictature du prolétariat dans ces priorités. Les seuls communistes en France sont les camarades de l’URCF et du PRCF, le reste n’est que dérivation droitière.
  • LA GRANDE ABSENTE DES MANIF’S SYNDICALES : L’EUROPE !
    Jean Lévy

    9 novembre 2010 21:08, par Jean-Michel DARIOSECQ

    Il existe hélas un large consensus européiste, y compris dans les organisations (partis, syndicats, associations) "de gauche", que ce soit par aveuglement, par intérêt direct (subventions, places d’élus,...) ou tractations plus ou moins claires avec le PS.

    Et pour se donner bonne conscience, ces soi-disants opposants au capitalisme, font semblant de croire qu’on pourrait changer les choses de l’intérieur de l’UE pour quelle devienne "sociale", alors que tous les traités l’interdisent FORMELLEMENT.

    Il serait donc temps que les véritables opposants au néolibéralisme européen s’unissent. Mais c’est un constat qu’il faut accepter, (car c’est une réalité contemporaine) : le temps n’est plus au parti unique mais plutôt aux multiples "chapelles" plus ou moins spécialisées par thèmes, qui témoignent de la vitalité des mouvements sociaux mais ont l’inconvénient de la dispersion.

    Aujourd’hui, les partisans de la sortie de l’euro et de l’UE (les "nouveaux résistants" ?) existent déjà, mais ils sont dispersés, et il est peu imaginable qu’ils se regrouperont tous dans une seule et même organisation. En revanche, il pourrait être pertinent de constituer sinon un "front" très structuré, du moins une simple "Alliance provisoire et hétérogène pour la sortie de l’Euro et de l’Union européenne", entre organisations diverses restant parfaitement autonomes par ailleurs.

    Il me semble que c’est à la construction de cette alliance que nous devrions nous attacher maintenant, sans attendre que les grandes organisations complices de l’UE aient une révélation...

    • Le Comité Valmy travaille avec l’Arc Républicain de Progrès à la construction pas à pas de ce front que nous appelons union du peuple de France ou encore, dans certaines de nos analyses, front patriotique de progrès. Il s’agit de bâtir une alternative nouvelle autour de la reconquête républicaine de la souveraineté populaire et de l’indépendance nationale sans lesquelles nous le voyons bien, depuis tant d’années, il n’y a plus aucune perspective de progrès économique et social ni même, de vie démocratique. Ce rassemblement passe par la prise de conscience populaire de la nécessité de rejeter l’Europe fédérale, néolibérale et atlantiste. Aujourd’hui, les progrès de cette volonté de refuser et de rejeter cette Europe anti-sociale sont très rapides. Le temps approche où ous verrons les rats opportunistes quitter l’euronavire en prévision de la grande tempête qui s’annonce. CB.

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