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Source : décap’actu

L’UE détruit les peuples mais rate son suicide - Jean - Yves Crevel

vendredi 5 novembre 2010, par Comité Valmy


Voilà des décennies que la construction européenne tourne au fiasco économique et sociétal. Ses thuriféraires expliquent doctement aux peuples qu’il ne faut pas rester au milieu du gué, que la seule solution aux maux engendrés par cette "construction" serait d’aller plus vite, plus fort et plus loin, toujours dans la même direction, sans ne jamais remettre en cause le Dogme européiste.

Parallèlement, beaucoup d’euro-sceptiques, de souverainistes divers et variés, sont très fiers d’annoncer la chute de l’ensemble par un divin processus d’autodestruction. Ils démobilisent ainsi leurs maigres troupes en les convaincant qu’il suffirait de rester au balcon pour contempler le spectacle en glosant.

Voilà des décennies que ces deux discours accompagnent le fiasco européen qui se renforce de ses échecs en devenant une dictature de plus en plus assumée.

Il est maintenant évident que la prison européenne ne va pas s’effondrer d’elle-même. Si l’heure n’est pas à la résignation prônée par les européistes, l’inaction contemplative à laquelle conduit l’erreur d’analyse de ces souverainistes est aussi contre-productive. Ce n’est que lorsque nous serons assez forts et habiles pour en sortir et la détruire que nous provoqueront son effondrement.

Si ce n’est pas gagné, ce n’est pas perdu non plus : c’est la responsabilité historique du peuple français de percer une brèche dans cette bastille, en recouvrant la maîtrise de son destin, d’abord pour quitter (article 50 du TUE) puis pour détruire la prison des peuples.

La brillante analyse de Jacques Myard qui suit relève de la seconde catégorie : le Président de Nation & République, député UMP classé "souverainiste" croit que l’UE est "en train de se suicider" sans réaliser que l’Union européenne agit comme les dangereux malades qui abattent froidement femmes et enfants, puis qui se rendent à la police en expliquant qu’ils n’ont pas eu le courage d’aller jusqu’au bout de leur plan qui prévoyait leur suicide en apothéose finale et rédemptrice, les assassinats précédents n’étaient motivés que par le souci de ne pas laisser souffrir leurs familles.

Comme ces assassins laissés en liberté, l’Union européenne peut tout détruire, dès lors qu’on laisse faire... ou qu’on s’en fait complice !

J Y C. novembre 2010


JACQUES MYARD :

L’Union européenne est en train de se suicider.

Ce suicide n’est certes pas commis par un tir à bout portant, mais il est inéluctable et il est engendré par l’idéologie intégriste qui sévit depuis vingt ans à Bruxelles.

Il prend trois formes : le suicide institutionnel, le suicide économique et le suicide monétaire de l’Europe.

Le suicide institutionnel, d’abord. Qui peut dire que l’Union européenne fonctionne bien aujourd’hui ?

Personne !

On assiste à une paralysie totale du système.

La boulimie législative ne se dément pas.

Les textes les plus complexes, les plus tatillons, sont moulinés les uns après les autres. La machine technocratique, sûre d’elle-même et dominatrice, bat son plein : 700 documents sont produits chaque année et transmis à notre Assemblée, dont plus de 300 relèvent de la loi. Mais si la machine mouline sans arrêt des textes, elle est en revanche incapable de prendre rapidement les décisions qui s’imposent.

La question des prix agricoles en est un exemple. La France bataille depuis près de deux ans pour obtenir la stabilité des prix agricoles, dont la baisse inacceptable provoque des manifestations légitimes dans l’ensemble de l’Europe. La machine est totalement grippée et le passage à la majorité qualifiée n’y change rien, alors que cette procédure devait être, selon ses thuriféraires, la clé de voûte de l’efficacité du système.

Le deuxième suicide est un suicide économique.

La religion économique de Bruxelles est le “tout-concurrence”. Enfermée dans son idéologie, la direction générale de la concurrence, qui règne en maître, ignore superbement les réalités économiques du monde, où nos concurrents - États-Unis, Chine, Inde, Brésil, Corée du Sud et Canada - excellent dans la défense de leurs marchés en mettant en oeuvre de réelles politiques industrielles, alors que la locution “politique industrielle” est toujours un gros mot à Bruxelles ! L’asymétrie des conditions de concurrence devient évidente.

L’absence totale de réciprocité dans les échanges, l’incapacité de la direction générale de la concurrence à envisager des champions industriels nationaux et européens sont affligeantes et destructrices.La disparition de Pechiney, fleuron de notre industrie, provoquée par la bêtise d’un commissaire européen - M. Monti, pour ne pas le nommer -, ne peut que susciter la colère et pourrait aisément nous amener à la conclusion : “La Commission, voilà l’ennemi !”

Il est urgent que, sur ces dossiers industriels de fusions-acquisitions, la Commission soit relevée de ses compétences technocratiques au profit du Conseil.

Le troisième suicide est un suicide monétaire.

Pendant des années, les champions de l’intégration européenne nous ont présenté l’euro comme le fondement même de l’Europe et de son avenir. Qui peut encore affirmer cela aujourd’hui, sinon ceux qui, avec la morgue qu’on leur connaît, prétendaient tout savoir mieux que les autres, face à ceux qui dénonçaient l’utopie d’une monnaie unique en l’absence de zone économique optimale ?

On sait aujourd’hui que les dures réalités ont rattrapé les doux utopistes monétaristes.

Le 13 juillet dernier, Jean-Pierre Jouyet, européen convaincu, déclarait devant la commission des affaires étrangères : « On ne se serait pas interrogé, il y a un an, sur la fin de l’euro, sur la façon dont l’Europe économique doit être gouvernée. » e lui ai alors répondu, avec une insolence amicale, mais une vraie insolence, que, pour ma part, je me suis toujours interrogé sur la viabilité de cette construction artificielle.

Allons à l’essentiel : ce n’est pas en collant à l’idéologie allemande en matière monétaire que nous éviterons la catastrophe annoncée et inéluctable.

Ce n’est pas par des sanctions automatiques contre des États en déséquilibre budgétaire que nous pourrons rééquilibrer les comptes. On ne fait pas courir ensemble des pur-sang, des chevaux de labour et des ânes ! La puissance économique de la Ruhr n’est pas dans le Péloponnèse, mais en Rhénanie-du-Nord-Westphalie.

Les déficits budgétaires grecs sont la conséquence de la perte de compétitivité - moins 40 % - et non sa cause. Relevons d’ailleurs au passage que l’Espagne, qui était en excédent budgétaire, est aujourd’hui en pleine crise : c’est tout dire !

Quand allons-nous comprendre que réduire les dépenses, raboter les niches de manière excessive et trop rapide, c’est raboter la croissance et accroître les déficits ? La politique de déflation de tous les États européens équivaut à un suicide en direct, à une macabre télé-réalité sur fond de pacte de stabilité jouant le rôle néfaste du choeur des Euménides.

Jacques Myard, Député UMP des Yvelines

1 Message

  • Peut-être que ce suicide est programmé par les Etats-Unis qui sont à l’origine de la formation européenne. Il suffit de voir le taux de l’euro par rapport au dollar ce qui favorise les exportations de l’un au détriment de celles de l’UE. Sans parler des guerres que nous livrons sur les traces des E.U.

    Tiens E.U (Etats Unis) et U.E. ne serait-ce pas "bonnet blanc et blanc-bonnet" ?

    Mais attendons 2015 et notre totale intégration aux E.U.mais avant il leur faut faire tomber les frontières des nations européennes.


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