COMITE VALMY

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De quoi de Gaulle est-il le nom ?

dimanche 14 novembre 2010, par Comité Valmy


Charles De Gaulle - Ottawa 1944


En ce mois de novembre 2010, après une période marquée par une très forte et légitime contestation sociale et politique contre le pouvoir en place et son idéologie ultralibérale, des commémorations officielles vont venir rappeler au peuple français, à l’ occasion du 40e anniversaire de la mort du général de Gaulle, la figure historique d’un héros national qui fut aussi un rebelle et un résistant farouche et qui sut incarner une « certaine idée de la France », aujourd’hui totalement reniée par nos dirigeants, lesquels détruisent méthodiquement tout ce qui constitue son héritage politique, social, diplomatique et moral.

Ces commémorations, le pouvoir politique s’efforcera de leur donner un caractère anodin, passe-partout, faussement laudateur, abusivement récupérateur et totalement hypocrite. Il s’agira surtout d’enterrer sous des fleurs le dangereux précédent de contestation d’un homme qui a su dire non à la fatalité historique et incarner tout au long de sa carrière publique un combat pour la libération et l’émancipation des peuples à commencer par le nôtre.

Le ministre Éric Woerth n est-il pas allé jusqu’à oser affirmer sans la moindre honte que la pseudo reforme des retraites, inacceptable régression sociale imposée a la hussarde aux Français contre leur volonté, est une « réforme gaulliste » !

Comme beaucoup d hommes de gauche, qui reprochèrent longtemps au général de Gaulle les conditions de son retour au pouvoir en 1958, l’historien Marc Ferro, avec le recul du temps, reconnaît aujourd’hui les immenses mérites historiques de l’Homme du 18 Juin, en comparaison avec la triste période que nous traversons actuellement. La conclusion de son dernier livre « de Gaulle expliqué aujourd’hui » est significative de ce que représente en 2010 le symbole de Gaulle pour tout citoyen français, épris de progrès, de liberté, d’égalité, de fraternité et de justice sociale :

« Homme politique intègre - comme il en est peu -, de Gaulle disait volontiers qu’il n’avait qu’un ennemi, l’argent. Et de fait, c’est lorsqu’il en a menacé les gestionnaires en parlant de Participation que la coalition de ses défenseurs l’a abattu.

Pouvait-il imaginer que, décennie après décennie, une fois qu il serait parti, au nom de la rentabilité, on détruirait peu a peu les travaux et les jours de cette République dont, au nom de l’État, il avait voulu être le meilleur défenseur ? »

Autre témoignage remarquable d’un écrivain totalement à l’écart du monde politique, celui d’Olivier Germain-Thomas, grand spécialiste de la culture indienne, qui expliquait avec une rare pertinence dans le No 161 de la revue Espoir, quelle influence de Gaulle avait eu dans sa manière de voir le monde : « Grâce à de Gaulle, j’avais compris que la « vraie révolution » devait s’appuyer sur les valeurs nationales à condition qu’elles restent ouvertes au sens de l’universel qui est le plus bel apanage de la France. Intégrer la nécessite de la révolte, si la dignité et la liberté sont en jeu, porter une idée élevée de la nation, rendent ensuite aisés les dialogues avec les autres cultures ou l’on constate en parcourant les routes de la terre qu’il n’y a d’universalité féconde qu’à partir d’une solide base : celles de ses racines. Si un tel modèle, ajouté à d’autres, permet un regard lucide sur les moteurs réels de l’histoire, il est également une « source d’ardeurs nouvelles » (Ch. de Gaulle) afin de perpétuer l’élan inauguré le 18 Juin. Devant l’état lamentable du monde, soumis aux puissances mortifères de l’argent, il est nécessaire que la France s’élève avec toute son énergie pour faire entendre ce « Non » de dignité et d’espoir lancé dans la solitude d’un petit bureau de Londres.

Une révolution, si possible, pacifique est aujourd’hui nécessaire pour rendre sa souveraineté, aujourd’hui confisquée, au peuple, et arracher le pouvoir à une oligarchie qui colonise l’État pour mieux le détruire avec l’aide de l’Union Européenne, selon les principes de la mondialisation libérale. Cette révolution doit se faire d’abord dans les consciences puis dans les urnes avec 2012 pour objectif.

Dans ce combat d’intérêt général pour changer le monde, Charles de Gaulle peut être une source d inspiration pour chacun d entre nous comme il le fut pour Fidel Castro, Hugo Chavez et Yasser Arafat .

Le 9 novembre 2010

- Michel Anfrol, ancien secrétaire général des étudiants gaullistes ;

- Gilles Bachelier, Collectif national gaulliste de gauche ;

- Geneviève Blache, Résistance et Renouveau gaulliste ;

- François de la Chevalerie, membre de la Fondation Charles de Gaulle ;

- Alain Corvez, Résistance et Renouveau gaulliste ;

- Jean Yves Crevel, Comité Valmy ;

- Vice-amiral (2s) Michel Debray, Résistance et Renouveau gaulliste.

- Claude Gaucherand ;

- Denis Griesmar, Comité Valmy ;

- Philippe Lecreux, Comité Valmy ;

- Étienne Tarride, Collectif national gaulliste de gauche ;

- Paul Violet, Collectif national gaulliste de gauche ;

(par ordre alphabétique)

9 Messages de forum

  • De quoi de Gaulle est-il le nom ?

    10 novembre 2010 12:11, par MILHAS Jacques
    Charles de Gaulle était issu de la noblesse, de la vraie, celle qui défend la veuve et l’orphelin. Il respectait les décisions du Peuple et, quand il fut battu à son ultime référendum, il n’a pas réuni le congrès à Versailles pour annuler le résultat, il s’est dignement retiré et nous sommes nombreux à éprouver de la nostalgie même si nous l’avons combattu idéologiquement. Jacques MILHAS
    • De quoi de Gaulle est-il le nom ? 10 novembre 2010 17:29, par Gilles Bachelier
      Merci jacques Milhas pour votre commentaire tres positif qui nous va droit au coeur.Les vrais gaullistes ,les vrais communistes,les vrais republicains meme s ils se sont autrefois opposes ideologiquement se retrouvent aujourd hui tous unis dans une commune indignation face au desastre actuel qui touche notre pays ,demoli par l appat du gain et la folie destructrice de l oligarchie au pouvoir.L evocation de de Gaulle nous rend tous nostalgiques d une autre epoque ou le peuple etait souverain et le president de la Republique au service de l interet general et au service exclusif du pays et non de puissants interets prives. C est la raison pour laquelle au dela de cette nostalgie,nous devons agir pour retrouver tous ensemble l esprit de la Resistance,du CNR de son programme,du gouvernement de la Liberation lorsque de Gaulle et ses ministres communistes surent unirent leurs efforts pour redresser le pays alors detruit par l occupation nazie et le regime reactionnaire et collaborationniste de Vichy.Cela eut des resultats exceptionnels,permit des avancees sociales de grande ampleur(securite sociale,nationalisations,creation de grands services publics,retraites par repartition,droit du travail,libertes syndicales) aujourd hui brutalement remises en cause par Sarkozy et ses commanditaires du CAC 40.Nous devons a nouveau faire alliance pour mener le meme combat qu il y a 65 ans .il y va de l avenir des generations futures et de notre nation.
      • De quoi de Gaulle est-il le nom ? 13 novembre 2010 08:30, par Pierre-Yves GAUTIER

        Bonjour,

        je sais qu’il y a eu débat au sein du bureau politique du PCF entre Thorez et les "résistants" (dont Duclos) pour l’attitude à prendre face au retour de De Gaulle en 1958.

        Quelqu’un en sait-il plus ? Je pense que la vraie erreur stratégique du PCF a eu lieu à ce moment-là puisque cela voulait dire avec la diabolisation de De Gaulle la mise en place d’un cordon ombilical mortifère avec la social démocratie.

        Imaginons à l’époque un PCF soutien critique de De Gaulle sans ministres au Gouvernement en prise avec les travailleurs et le peuple dans son ensemble et avec un groupe parlementaire maintenu malgré le suffrage majoritaire à 2 tours.

        Car les "couleuvres" à avaler auraient été bcp moins nombreuses à avaler que celles avalées pendant l’union de la gauche ou pire la gauche plurielle.

        Voir en ligne : Mon Blog

        • De quoi de Gaulle est-il le nom ? 13 novembre 2010 10:03, par Comité Valmy

          Cher Camarade,

          L’erreur stratègique du PCF est bien celle-ci et les dirigeants actuels du Parti la perpétuent.

          Mais les questions sont apparues bien plus tôt et, mériteraient une étude historique sérieuse qui n’a pas été réalisée lors de l’édition du Manuel d’histoire du PCF ou plus tard, par des historiens du parti, qui se sont toujours comportés comme s’ils dépendaient d’une démarche idéologique, en accompagnant les virages successifs des dirigeants.

          Exemple de l’un de ces tabous absurdes : Au Comité Central de Montreuil, le 3 Semptembre 1952, Jacqus Duclos en l’absence de Maurice Thorez, qui se soigne en URSS, une ligne de " puissant Front National Uni" qui sera brutalement annulée lors du retour de Thorez, sans discussion lors du congrès qui suivi. Alors a été intallée une ligne politique qui allait tracer un boulevard à des socialistes atlantistes ( entre autres.) Qui en parle ?.

          Il est nécessaire selon moi de revenir sur l’Histoire du Parti et sur celle de la France, notamment depuis la Résistance. Au moins pour analyser les erreurs et éviter de les renouveler au fil des décennies.

          -Une reflexion sur le sujet

          Fraternellement

          Claude Beaulieu

    • De quoi de Gaulle est-il le nom ? 13 novembre 2010 11:21, par Muriel Dichamp
      Il est dangereux de "sortir" les hommes de leur époque. Que ferait De Gaulle aujourd’hui ? En tant que marxiste, je ne prends pas beaucoup de risque en pensant qu’il agirait de la même façon que celui qui nous sert de président. Ce sont les conditions que nous vivons qui font nos pensées et non l’inverse. La pression du grand capital, aujourd’hui, ferait agir De Gaulle différemment d’hier. Quant à la noblesse, elle avait beau jeu de prendre soin de la veuve et de l’orphelin : c’était souvent elle qui faisait la veuve, qui faisait l’orphelin. Ne nous laissons pas endormir : je n’oublie pas non plus la position du colonel pendant la guerre d’Algérie, et les nombreux résistants qu’il a laissés tomber pendant la Seconde Guerre Mondiale, plus occupé à préparer sa carrière. Je n’oublie pas non plus qu’il s’est nommé tout seul général à la tête d’une division qui n’en était pas une...... Moins de nostalgie, plus de Révolution !
  • De quoi de Gaulle est-il le nom ?

    10 novembre 2010 17:55, par Brétagnol Michel
    Pas difficile de voir en de Gaulle un grand Français tant par son élévation l’homme de l’appel du 18 juin se détache de la masse des médiocres qui disent nous gouverner quand pour un grand nombre, ce n’est pas l’état de la France et le sort de son peuple qui les intéresse, mais la gestion de leur carrière, la promotion de leurs ambitions... Quels que soient la brillance de leurs titres, ils ne peuvent que nous paraitre bien petits..
  • De quoi de Gaulle est-il le nom ?

    10 novembre 2010 18:53, par Régis Roquetanière

    voilà l’instantvde l’action. Il ne nous reste que peut de temps. Les alliances de strutures, les ententes élitistes ne serviront qu’à faire diversion sans plus d’efficacité que Les accords électoraux.

    Changer la politique c’est redonner la parole au peuple directement. Sans interlédiair,. au delà de toute démarche messianique. Le peuple doit s’exprimer non par rapport à un choix politique gauche droite mais pour sa liberté.

    Il lui faut donc arracher des griffes du monde politique et électoral le droit de désigner ses représentants non plus sur un schéma idéologique mais sur des objectifs concrets : fin des carrirères électorales et du cumul des mandats, restauration du droit national, organisation de la solidarité effective par un partage équitable des richesses produites par notre pays entre tous ces citoyens.

    Voilà pourquoi nous devons nous unir pour obtenir la dissolution de l’Assemblée Nationale à trés bref délais et le remplacement de tous les députés par des représentants paritairement désignés, tirés au sort sur la base d’un contrat de mandat élaboré circonscription par circonscription. Régis Roquetanière

  • De quoi de Gaulle est-il le nom ?

    13 novembre 2010 11:07, par BA

    Le 11 décembre 1969, Charles de Gaulle déclare à André Malraux :

    "Mon seul adversaire, celui de la France, n’a aucunement cessé d’être l’argent."

    (André Malraux, "Les chênes qu’on abat", Gallimard, page 166)

    Cette phrase de Charles de Gaulle est terrible. Terrible.

    Aujourd’hui, l’adversaire de la France triomphe.

    Aujourd’hui, l’adversaire de la France est au pouvoir.

    http://www.marianne2.fr/Exclusif-les-invites-du-President-au-diner-du-Fouquet-s_a80603.html

  • De quoi de Gaulle est-il le nom ?

    13 novembre 2010 12:47, par Comité Valmy

    Voyage commémoratif en Afrique de la Fondation Charles de Gaulle (25-30 octobre 2010)

    Alain Corvez - 6 novembre 2010

    Je laisse le soin aux excellents journalistes qui nous ont accompagné dans ce voyage, comme Etienne de Montéty du Figaro et Christian Chardon de L’Union-L’Ardennais, de relater la chronologie des étapes dans les trois capitales, me contentant de donner mes impressions et les réflexions que ce voyage m’a suscitées. A Bamako, le 8 mars 1953, en pleine « traversée du désert », lors de l’inauguration d’un monument à la mémoire de Félix Eboué, de Gaulle a prononcé un discours dont j’extrais ce court passage significatif :

    « Le 3 juillet 1940, il (Félix Eboué) m’avait écrit. Nous nous mîmes d’accord.

    Au jour fixé il le proclama (son ralliement à de Gaulle) et, du coup, prit place au premier rang de ceux dont l’action nous vaudrait la victoire. En même temps, le fait accompli par lui à Fort-Lamy, avec l’aide de Colonna d’Ornano, de Marchand, de Laurentie, et que Pleven allait aussitôt sanctionner sur place en mon nom, marquait le début d’une série d’évènements qui auraient, à leur tour,les prolongements les plus étendus.

    Dans l’immédiat et comme cela avait été prévu et préparé, l’initiative prise au Tchad était , le lendemain, utilisée au Cameroun que ralliaient Leclerc et Boislambert, le surlendemain à Brazzaville où Larminat, aidé par Delange et Sicé, prenait les fonctions de Haut-Commissaire, en Oubangui où Saint-Mart se déclarait aussitôt. Ainsi une base était fournie à la France Libre… »

    Ce que de Gaulle, utilisant avec un art magnifique les finesses et la précision de la langue française, associé à son exceptionnel esprit de synthèse, exprime dans son discours de Bamako en mars 1953, résume ce que la Fondation Charles de Gaulle est venue commémorer au Tchad, au Cameroun et au Congo du 25 au 30 octobre dernier.

    On doit dire d’emblée que l’Afrique a montré, par l’accueil plus que chaleureux réservé à la délégation, que de Gaulle n’est pas seulement pour elle le plus illustre des Français, mais l’homme du destin qui l’avait comprise et amenée à la souveraineté nationale, comme annoncé dans son discours de janvier 1944 à Brazzaville. Brazzaville qui fut la capitale de la France dans l’immense malheur qui l’avait frappée en juin 40. Sans doute est-ce pour cette raison que beaucoup de nos amis Congolais, Camerounais, Tchadiens mais aussi les autres qui ont donné leur sang abondamment pour la libération de la patrie, s’estiment chez eux sur les Champs Elysées autant que nous. Car « La Francophonie de sang » comme l’a écrit dans un bel ouvrage documenté avec précision sur « l’effort de guerre en Afrique centrale en 1940 » le général camerounais Hector Tchemo, Saint-Cyrien de la promotion Corse et Provence, a créé des liens d’amitié indéfectibles qui permettent de dépasser les différends conjoncturels quand ils adviennent. Les anciens combattants Tchadiens, Camerounais, Congolais encore vivants, émus jusqu’aux larmes de voir Charles Leclerc de Hauteclocque, fils du Maréchal, venir les saluer, ainsi qu’ Anne de La Roullière, petite-fille du Général, semblaient représenter toute l’Afrique liée à la France par les liens indissolubles, quels que soient les chefs au pouvoir, d’un côté de la Méditerranée ou de l’autre, qui oublient facilement les erreurs ou les manques, comme entre frères et sœurs.

    Ainsi une erreur d’hymne national, grave faute protocolaire et diplomatique, est pardonnée avec des sourires par les plus hautes autorités, comme on pardonne dans une famille. Nos ancêtres les Gaulois, se disent nos amis africains, sont capables de bévues immenses qui les mènent à Alésia, Crécy, Brétigny, Sedan ou Rethondes en 40, mais ils savent toujours se relever grâce à une poignée d’aventuriers dont la noblesse crie au monde entier que la France est vivante et continuera à porter son message d’humanisme et de Lumières à toute la planète.

    Remercions vraiment l’Afrique pour l’accueil offert à la délégation de la Fondation Charles de Gaulle, car le Tchad, le Cameroun, le Congo nous ont montré que le souvenir du sursaut de la France surgi de chez eux, et avec eux, au cœur du malheur le plus terrible de notre Histoire, est très vivace dans l’âme des générations actuelles et notamment des dirigeants. Souhaitons que les autorités françaises ne l’oublient pas non plus et qu’elles utilisent pour le bien de tous l’énorme capital de sympathie de la France en Afrique, qu’elles sachent, dans ce climat fraternel, développer la coopération avec nos anciennes colonies, riches de ressources intellectuelles, morales et naturelles. L’amitié et l’appui de cet immense continent à une diplomatie française fidèle à ses traditions de défense de la justice, des faibles et des opprimés, du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes est un trésor qu’aucun autre pays au monde ne peut égaler et qu’il serait inacceptable d’oublier et de galvauder.


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