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Afrin : fin de l’alliance Erdogan-Poutine ?
Pars Today

vendredi 23 février 2018, par Comité Valmy


Afrin : fin de l’alliance Erdogan-Poutine ?

Alors que tout portait à croire que le président turc éviterait cette fois le piège américain, l’inverse semble se produire : A Afrin, la Turquie a tiré sur l’armée syrienne et ses alliés.

"L’escalade des tensions à Afrin où l’armée turque a ouvert le feu sur les forces populaires syriennes ne promet rien de bon pour la suite des événements. La Turquie a lancé des attaques à l’artillerie contre les forces syriennes, qui ont choisi de s’arrêter pour éviter un bain de sang. Le commandement turc continue, lui, à camper sa position : il veut aller jusqu’au bout, c’est-à-dire, l’anéantissement total des Unités de protection du peuple, quitte à en découdre avec l’Etat syrien. Or cette obstination pourrait produire l’effet totalement inverse, affirme l’auteur qui revient sur la rencontre d’Erdogan il y a quelques jours avec le secrétaire d’Etat, Rex Tillerson.

"Le président turc, Recep Tayyip Erdogan et le secrétaire d’État américain, Rex Tillerson se sont récemment rencontré à Ankara. Une rencontre qui a duré trois heures et qui semble, toute raison garder, avoir porté sa fruit, pas pour la paix mais pour les Américains : La décision d’Erdogan de renforcer les opérations militaires en Syrie et de pousser dans le sens d’une escalade avec Damas est ce qu’appellent les Américains de tous leurs vœux puisqu’une telle escalade finirait par provoquer l’implosion du trio Iran-Russie-Turquie. On ne sait pas quelle est la nature des promesses faite par l’Américain au Turc, ce qu’on sait en revanche, c’est la non fiabilité d’une administration US, passée maître en l’art de "faux bond". Il faut rendre hommage à M. Lavrov qui semble, là aussi, avoir eu le mot juste : Lavrov dit "croire à ce que le dialogue puisse aboutir à un règlement et que la Turquie puisse recouvrir ses intérêts". Ce qui rend bien fiable, l’hypothèse de M. Lavrov, c’est que la frontière syro-turque jouit d’un calme et d’une sécurité sans précédent depuis 1999, date à la quelle le chef kurde Ocalan a quitté la Syrie et que Damas a cessé toute coopération avec le PKK".

Plus loin dans son article l’analyste poursuit : " Alors que les États-Unis cherchent à tourner à leur avantage la question kurde, à provoquer par son biais, des clivages éthiques et confessionnels, il serait extrêmement peu prudent de la part du président turc de se laisser une nouvelle fois endormir par les sirènes américaines. Surtout quand on sait que les États-Unis continuent à apporter leurs aides logistiques et financières à la formation d’un État indépendant kurde sur les frontières méridionales turques et que ceci est un projet américain irréversible et à long terme".

Mais qui sera le grand perdant d’une guerre
syro-turque à Afrin ?, s’interroge Atwan

"Vu que les dirigeants syriens n’ont plus grand chose à perdre, ce sera Erdogan le grand perdant : la guerre en Syrie a déjà largement miné la prospérité économique en Turquie et davantage de tensions risque encore de faire vider les caisses de l’Etat turc. Pire, un débarquement des troupes turques à Afrin ne pourrait avoir lieu sans que la Russie y donne préalablement son feu vert. Dès los, une question se pose : Erdogan irait jusqu’à faire la guerre à Assad sur le dos de la Russie et ce, pour plaire à l’imprévisible administration US ? Mais il y a aussi l’Iran avec qui Erdogan a signé des accords dans le cadre des pourparlers d’Astana et à qui il risque de fortement déplaire, si son armée refait le coup de mardi soir, quand elle a ouvert le feu sur les alliés d’Assad.

Dans son privé, Erdogan devra s’interroger sur son retour soudain en grâce de la Turquie aux yeux des Américains : est-ce une tendance confirmée et durable ou un piège tendu par les États-Unis et Israël à Ankara, afin de distraire l’ennemi et de gagner du temps. Rappelons que l’ennemi des Américains sont l’Iran, la Russie, la Syrie mais aussi plus souvent, la Turquie, quand il s’agit de soutenir les Kurdes".

21 février 2018


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