COMITE VALMY

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Source : Solidarité Internationale PCF

Pour 81% des Serbes, la meilleure période qu’ils aient vécu reste celle de la Yougoslavie socialiste de Tito

dimanche 14 novembre 2010, par Comité Valmy


Pour une immense majorité du peuple Serbe, il ne fait aucun doute que la disparition de la Yougoslavie socialiste reste un traumatisme. Par la brutalité du système capitaliste et des nationalismes xénophobes qui lui ont succédé, la République fédérale socialiste Yougoslave bâtie dans l’épreuve de la résistance par le Parti communiste et son leader historique, Josip Broz Tito, reste largement regrettée.

D’après une enquête réalisée par le quotidien serbe « Danas », 81% des personnes interrogées considèrent que la meilleure période reste celle de la Yougoslavie socialiste dirigée par Tito. Tandis que 6% citent l’époque de Slobodan Milosevic, seulement 10% des Serbes citent le système capitaliste actuel né de son renversement, dû à l’intervention militaire de l’OTAN, comme meilleur système connu par le peuple Serbe.

Si la nostalgie envers l’époque socialiste est commune à la quasi totalité des pays d’Europe de l’est, elle a pris en Serbie – mais aussi dans les autres ex-républiques yougoslaves – des proportions considérables.

Au-delà de la « Titostalgie »... le regret du système social et de l’Etat multi-national construit par Tito et le Parti communiste

Ce sentiment politique va bien au-delà de ce qu’on apelle désormais la « Titostalgie ». Une sorte de culte folklore semblable à une certaine « Ostalgie » : un regret pour un paradis perdu incarné dans une nostalgie pour des marchandises fétiches, des souvenirs culturels oecuméniques ou un culte de la personnalité stérile.

Elle est avant tout regret d’un système économique et social qui mettait au premier plan les besoins humains et non le profit capitaliste, et garantissait sécurité de l’emploi, protection sociale et niveau de vie décent. Elle est aussi, et c’est la spécificité yougoslave, regret d’un Etat multi-national où peuples, nations et religions co-existaient dans la concorde et la fraternité, malgré un passé douloureux et le travail de sape de certains groupes nationalistes.

Loin des rêves de « Grande Serbie » que certains tentent d’accoler au mot d’ordre de retour à la Yougoslavie, l’immense majorité des Serbes expriment leur tristesse d’avoir perdu le premier État de l’histoire balkanique à avoir réussi à construire la paix et l’amitié entre ces peuples.

C’est seulement cette lecture qui permet de comprendre pourquoi un mouvement analogue se développe dans toutes les ex-Républiques, y compris en Slovénie et en Croatie. Des dizaines d’organisations et associations ont été créées dans toute l’ex-Yougoslavie pour entretenir le souvenir de la Yougoslavie socialiste et militer pour son rétablissement. En 2002, lors du dernier recensement, 80 000 citoyens serbes refusaient déjà leur nouvelle nationalité et se déclaraient « Yougoslaves ».

Les communistes d’ex-Yougoslavie mènent toujours la lutte pour le rétablissement de la Yougoslavie socialiste

C’est pour cette perspective du rétablissement d’une Yougoslavie socialiste que se battent les communistes de toute l’ex-Yougoslavie. Ils se réunissaient ce 7 novembre à Belgrade. Ni le lieu ni la date n’était anodin. La date était bien sûr celle de la Révolution d’Octobre 1917, et le lieu était l’Hôtel « Slavija », celui-là où même où s’est unifié le Parti communiste de Yougoslavie en 1919.

Réunissant des représentants des Partis communistes de Croatie, Monténégro, Slovénie, Bosnie et Serbie, les intervenants ont non seulement rappelé la tragédie que fut la dissolution de la Yougoslavie mais ont surtout tracé des lignes pour l’action. C’est le sens de la conclusion de Svetozar Markovic, président du Parti communiste de Serbie :

« Bien sûr que nous prônons la restauration de la Yougoslavie, quelles que soient les potentialités réelles d’une unification sur une base volontaire. Abandonner le mot d’ordre d’une Yougoslavie socialiste signifierait capituler. Les communistes doivent briser le silence. Parler d’une censure médiatique, ce n’est pas de la propagande, c’est un fait. Nous avons un problème politique, de nombreux citoyens ne se définissent pas comme étant communistes. Notre position est difficile, nous sommes comme piégés entre les partis mondialistes et la droite nationale-cléricale. Et nous devons donc trouver un moyen de conquérir au moins une position correcte dans la société et au Parlement, dans l’intérêt des couches les plus vulnérables de la société. »

Tandis que les classes dirigeants tentent de diriger cette « Titostalgie » soit vers les nationalismes, vers la nostalgie impuissante voire, ironie suprême, l’adhésion à l’Union Européenne qui a liquidé la Yougoslavie, les communistes de toute l’ex-Yougoslavie mènent la lutte quotidienne pour ouvrir la perspective du rétablissement d’une Yougoslavie socialiste !

14 novembre 2010


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