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Assad et la République :
les honneurs perdus
par Karine Bechet-Golovko

vendredi 20 avril 2018, par Comité Valmy


Assad et la République : les honneurs perdus

Dans un élan quelque peu douteux, l’Elysée a annoncé lancer la procédure visant à retirer à Assad la légion d’honneur qui lui avait été remise par Chirac en 2001. Dictateur, massacrant son peuple, évidemment aux armes chimiques (que l’on cherche toujours, comme en Irak). Un Président non barbu, aimé par son peuple, qui se bat pour son pays. Avec une femme non voilée. Un ennemi à abattre. Un homme infréquentable. Enfin maintenant. La gloire de la République n’éblouit plus très loin, Assad a rendu sa médaille. Il s’en remettra. La France, elle, n’en sort pas grandie. Qui finalement a perdu les honneurs ?

Alors que l’Elysée a trouvé le moyen le plus violent de punir cet individu qui n’est plus à la hauteur des attentes qui ont été placées en lui, qui ne correspond plus au nouveau statut colonisé de la France, à cet individu qui croit encore en la liberté pour son peuple, qui ne se plie pas aux règles - ni aux bombardements - à cet homme-là France d’aujourd’hui a voulu retirer ce que celle d’hier avait offert. La légion d’honneur.

Qu’y a-t-il de pire pour un pays en guerre contre le terrorisme que de voir son président perdre la légion d’honneur ? Difficile à imaginer ...

Ce réflexe de vieille puissance coloniale, qui a des sursauts d’orgueil déplacé lorsque l’on voit sa totale soumission à l’ordre atlantiste, laisse perplexe. L’honneur se retrouve dans la réaction du président syrien qui a rendu son bien à la France par l’intermédiaire de l’ambassade de Roumanie, justifiant son acte par les bombardements français. Avec des mots aussi durs que justes. Malheureusement.

« Le ministère des Affaires étrangères et des Expatriés a officiellement rendu à la République française, par le biais de l’ambassade de Roumanie à Damas, qui parraine les intérêts français en Syrie, la décoration de grand-croix de la Légion d’honneur accordée au président Assad par l’ancien président français Jacques Chirac. (...) Il n’est point d’honneur pour le président Assad de porter une décoration attribuée par un régime esclave [...] des Etats-Unis qui soutient les terroristes."

L’honneur perdu de la République. Qui garde ses Princes saoudiens, eux patentés démocrates. Ou plutôt dont tout le monde se moque du caractère non-démocratique. La République qui a fait ses choix. Assad aussi. S’il était honorable d’être décoré par la France il y a 20 ans, aujourd’hui, c’est terrible, mais la question se pose.

L’honneur, la gloire, le temps. Juste un petit poème écrit par Maurice Rostand, peu connu, mais qui a accompagné toute mon adolescence et vers lequel je reviens toujours avec plaisir. Quelques lignes pour s’arrêter un instant.

Karine Bechet-Golovko
vendredi 20 avril 2018

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