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À Téhéran, la justice passe, la vérité trépasse Par Pierre Barbancey l’Huma du 10 août 09 et réponse de Gaston Pellet

jeudi 13 août 2009

Iran . Parmi les prévenus, plusieurs étrangers, dont la Française Clotilde Reiss. Également jugée, une employée de l’ambassade de France, Nazak Afshar.

Tel un rouleau compresseur, comme si de rien n’était, le pouvoir iranien fait donner sa « justice ». Dans un style que n’aurait pas renié l’Inquisition catholique - précurseur en la matière -, les tribunaux se réunissent et jugent comme les mauvais bouchers coupent la viande : sans respect et sans retenue, alors que dans les antichambres on extorque les aveux aux prévenus. Iraniens ou étrangers, inconnus ou personnalités en vue, les juges de Téhéran pèsent bon poids et ne font pas dans le détail. On ne juge plus des émeutiers mais des conspirateurs. Et comme si cela ne suffisait pas, les collaborateurs zélés du pouvoir en rajoutent. Un haut responsable des gardiens de la révolution a ainsi appelé, hier, à « juger et à punir, pour éteindre les feux de ce complot », l’ancien président réformateur Mohammad Khatami et les deux candidats de l’opposition, Mir Hossein Moussavi et Mehdi Karoubi.

« J’espère être graciée »

La presse conservatrice iranienne, de son côté, fustige le rôle des pays étrangers dans le mouvement de contestation postélectoral, au lendemain de la comparution à Téhéran d’une Française, Clotilde Reiss, et de deux employés des ambassades de France et de Grande-Bretagne. Les journaux publient d’ailleurs des photos de la Française de vingt-quatre ans, qui a comparu samedi pour la première fois, depuis son arrestation le 1er juillet, au côté d’une dizaine de personnes. Elle est accusée d’avoir « rassemblé des informations (sur les manifestations) et encouragé les émeutiers ».

« J’ai écrit un rapport d’une page et l’ai remis au patron de l’Institut français de recherche en Iran, qui dépend du service culturel de l’ambassade de France », aurait-elle déclaré, selon l’agence de presse iranienne IRNA. Détenue depuis le 1er juillet, l’universitaire a également dit avoir fait un rapport, il y a deux ans, sur le nucléaire iranien. « Dans le cadre d’un stage au CEA (Commissariat français de l’énergie atomique - NDLR), où mon père travaille comme expert, j’ai rédigé un rapport sur les politiques en Iran en lien avec l’énergie nucléaire », a-t-elle dit, toujours selon l’agence IRNA. « J’ai utilisé des articles et des informations qu’on trouve sur Internet et il n’y avait rien de secret », a-t-elle précisé. Ne cachant pas s’être rendue aux manifestations le 15 et le 17 juin, elle a expliqué : « Je voulais voir ce qui se passait (…), mes amis et ma famille étaient inquiets, je leur envoyais des e-mails pour leur dire que les rassemblements étaient calmes. » Elle a ajouté : « Je demande pardon au pays, au peuple et au tribunal d’Iran, et j’espère que je serai graciée. »

« Prise en otage par une justice injuste »

« Après la comparution de Clotilde Reiss devant un tribunal de Téhéran, la France renouvelle sa demande de libération immédiate de la jeune universitaire, les accusations portées contre elle étant dénuées de tout fondement », a fait savoir le ministère français des Affaires étrangères, à l’issue d’une réunion à laquelle participait le père de la jeune femme. Qui a ajouté : « Nous avons aussi appris l’arrestation et l’audience, lors de cette même séance collective, de Mme Nazak Afshar, employée de notre ambassade à Téhéran. Nous demandons également sa libération immédiate, les charges retenues contre elle étant inexistantes. » Reçu au Quai d’Orsay, le père de Clotilde Reiss s’est montré confiant. « Je vois une issue dans les semaines qui viennent », a-t-il dit, déclarant que sa fille était en bonne santé d’après un dernier contact remontant à une semaine. Arash Naïmian, fils de Nazak Afshar, a, de son côté, dénoncé l’arrestation de sa mère. Fustigeant des « aveux absurdes » prononcés lors du procès, il en a appelé à Nicolas Sarkozy et il a dit : « Ma mère est une Française innocente et prise en otage par une justice injuste. »

Pierre Barbancey

Réponse d’un autre communiste :

Lundi 10 août 2009 A l’attention de Pierre Barbancey,

Bonjour, Vous signez un article aujourd’hui dans l’Huma concernant Clotilde Reiss. "...la vérité trépasse..." ! Diable, qui la connaît ? ! Je trouve extravagant qu’un journal comme l’Huma se croie obligé de hurler avec les loups, je veux dire de suivre sans état d’âme les partis pris des médias. Que savez-vous réellement de cette affaire ? Etes-vous informé de quoi que ce soit puisqu’on nous dit que personne n’a pu rencontrer cette jeune fille ? Quelle certitude avez-vous qu’elle est innocente ? Qu’elle a avoué sous la contrainte... si elle n’a rien à se reprocher, ne pourrait-elle pas avoir opté, si elle y a intérêt, pour quelque chose qu’on connaît bien et qu’ailleurs -aux E.U.. notamment- on appelle le "plaider coupable". L’ambassade de France commence à sussurer la semi-reconnaissance de son implication dans cette affaire, ce qui, vous en conviendrez, n’aurait rien d’extraordinaire. La CIA et les ’Occidentaux’ sont très probablement dans le coup, alors ? ! Que tous les médias et la quasi totalité des politiques s’engouffrent dans cette brèche plus ou moins pro-israélienne, normal mais pourquoi l’Huma qui se veut encore un petit peu ’un journal pas comme les autres’ s’y associe-t-elle ? Fait-on autant de foin autour de... des 5 de Miami, par exemple, au hasard. Je suis sûr que pas un Français sur mille ne sait de quoi il s’agit ! L’affaire Salah Hamouri émerge à peine après 4 années d’occultation ! Etc... etc... La ficelle est vraiment grosse et vous ne la verriez pas... Merci par avance de votre réponse.

Gaston PELLET

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