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Les faces cachées de « l’identité nationale » - COMME AU TEMPS DE VICHY - Jean Lévy

mercredi 4 novembre 2009

A l’initiative de Nicolas Sarkozy et de son compère Eric Besson, chacun de nous devrait, dans le cadre d’une grande campagne publique sur « l’identité nationale », répondre à cette interrogation :

« Qu’est-ce qu’être Français aujourd’hui ? ».

L’urgence d’une telle discussion se fait en effet sentir en raison même de la politique suivie par le gouvernement de notre République.

Prenons quelques exemples :

La constitution fait du ‘français’ la langue officielle de la République. Des lois l’imposent comme seul véhicule autorisé des relations écrites ou parlées, tant dans nos administrations que dans les entreprises privées. Or, dans nombre de ces dernières, la communication interne se fait uniquement en anglais. ‘France Télécom’ supprime ses accents et devient France Telecom… Dans des ministères, une pratique identique se développe. Au sein de grandes écoles, ne parle-t-on pas de généraliser l’usage de la langue de Shakespeare (ou mieux, de la ‘City’), en lieu et place du ‘français’.

Maintenant, les « brevets », techniques ou scientifiques, seront tous rédigés en anglais. Ils ne seront plus traduits.

Bonjour les dégâts juridiques !

A l’heure où « l’élite » ne jure que par « l’Europe des Régions » et tente de rendre officielles, à l’égal du ‘français’, les langues des anciennes provinces, on peut penser que dans les tiroirs de la Commission de Bruxelles, on doit trouver un projet de rabaisser le ‘français’ au niveau des dialectes de terroir…

Ce sont là des aspects de « l’identité française » vus par le président de la République. Mais il n’est pas le seul à partager cette façon d’appréhender ce problème. La majorité de droite, comme l’opposition socialiste, ont depuis longtemps jeté par-dessus bord tout ce qui concourt à l’exercice de la souveraineté et à l’indépendance nationale.

En signant tous les traités qui font pratiquement de la France une « province » européenne de l’UE, notre « identité nationale » se trouve réduite simplement à des rites, le drapeau, la Marseillaise, que Sarkozy agite pour détourner l’attention.

Chacun sait que le premier attribut de la souveraineté, c’est de « battre monnaie ». Le roi Jean II créa le « franc » en 1357 pour affirmer son pouvoir. Nos gouvernants, de droite et de gauche, ont joyeusement sacrifié notre monnaie le premier janvier 2002, au profit de « l’euro », sabordant d’un même mouvement, les prérogatives de la Banque de France au bénéfice de la banque centrale européenne.

L’évènement à été alors célébré comme une fête à laquelle tous les Français ont été conviés !

Faut-il rappeler que la Poste, jugée comme l’instrument de communication déterminant de l’Etat par le roi Louis XI, fut déclarée alors privilège royal. Aujourd’hui, la Poste n’est plus considérée que comme une source de profit. Et son changement de statut vise, à terme, à l’offrir au capital privé.

Nous pourrions multiplier les exemples du double langage tenu par Nicolas Sarkozy, au sujet de « l’identité nationale ». Celle-ci, dans l’esprit du Président et de ses ministres, est devenue un hochet, agité par le pouvoir comme un écran de fumée, camouflant l’abandon total de la souveraineté et de l’indépendance nationale.

Ces manœuvres font penser à la propagande pétainiste de l’Etat français. Celui-ci, pour camoufler sa servilité à l’égard de l’Occupant et sa politique de « collaboration » dans le cadre de l’Europe allemande (déjà), portait aux nues le folklore des anciennes provinces, avec étendards et chansons d’ancien régime.

Une réminiscence historique qui devrait faire réfléchir !

Jean LEVY


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