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La chute du Mur de Berlin : il n’y a pas de quoi se réjouir ! - Caroline Andréani

vendredi 6 novembre 2009

ce que veut cacher le Mur de la propagande

5 novembre 2005

Pour tous ceux qui ne réussissent pas à échapper au déferlement idéologique anti-communiste qui prévaut depuis quelques semaines à l’occasion des 20 ans de la « chute du Mur de Berlin », il faut rappeler que l’effondrement des régimes communistes en URSS et en Europe de l’Est a eu de multiples conséquences désastreuses, pour ces pays et pour le monde entier. Il faut être bien aveugle pour se réjouir de la fin de cette expérience à nulle autre pareille dans le monde : il n’est que voir où le capitalisme triomphant mène la planète !

Les communistes non repentis ont tout intérêt à faire un état des lieux des conséquences immédiates et à moyen terme de cet effondrement. Cela suffirait à réfréner bien des ardeurs, si la posture des pseudo journalistes et de la kyrielle des experts n’était pas avant tout idéologique. Certes, avec l’effondrement des pays de l’Est, les communistes ont perdu une bataille idéologique. Mais la situation que vous vivons actuellement est la preuve que le capitalisme est système mortifère qu’il faut détruire.

*- l’effondrement des régimes d’Europe de l’Est et de l’URSS a permis au capitalisme de bénéficier une bouée d’oxygène, grâce au pillage de ces pays.* Ne nous y trompons pas : même si ils ont dénoncé l’arriération économique qui prévalait selon eux dans ces pays, les capitalistes ont fait main basse sur les matières premières, les terres agricoles, les entreprises industrielles, les cadres et techniciens, les chercheurs, les ouvriers, etc. Tout ce qui pouvait l’être a été démantelé, racheté à bas coût, spolié… Il y avait donc, contrairement à ce que l’on nous dit, des richesses dans ces pays.

A n’en pas douter, sans l’effondrement de l’URSS et des pays d’Europe de l’Est, la crise du système capitaliste que nous connaissons aujourd’hui aurait certainement eu lieu 15 ans plus tôt.

*- la première d’Irak (1990-1991) a éclaté dans ce contexte*, alors que Bush père ne connaissait plus aucune entrave à sa politique belliciste. Il s’agissait pour les États-Unis triomphants d’instaurer une nouvelle ère politique et militaire, basée sur la peur d’une intervention militaire unilatérale des États-Unis et de leurs alliés.

Au niveau international, l’équilibre entre les grandes puissances disparu, de nombreux conflits ont éclaté pour le plus grand malheur des peuples. La mondialisation, dans toutes ses dimensions d’exploitation sans frein, de guerre à outrance, d’écrasement des expériences progressistes à travers le monde, de régression sociale en Europe occidentale, est la conséquence directe de cet effondrement.

*-le dépeçage de la Yougoslavie, la guerre de Bosnie, la guerre du Kosovo sont également la conséquence de l’effondrement de l’URSS*. Cette agression impérialiste en plusieurs temps (reconnaissance de l’« indépendance » de la Slovénie et de Croatie unilatéralement par l’Allemagne en décembre 1991, puis guerre de Bosnie (à partir de 1992), puis agression de l’OTAN contre le Kosovo de 1999), visant à démanteler un État souverain, à le réduire à quelques entités régionales basées sur une conception étroitement ethnique, avait pour but d’ouvrir la Yougoslavie au capitalisme et de démontrer à la Russie qu’elle n’était plus qu’une puissance de 2e rang incapable d’empêcher la communauté internationale de déclencher une guerre à ses portes contre un de ses alliés.

*-sans parler du délitement social des pays de l’Est et de la Russie. *

— Première conséquence, *l’émergence et le renforcement de mafias extrêmement puissantes*, qui ont accompagné et tiré profit du passage d’une économie de type socialiste au capitalisme. Pour ne citer que les plus connues, la mafia russe et la mafia albanaise. Elles ont organisé les trafics en tous genres : trafics d’armes, trafics d’êtres humains (prostitution, trafics d’organes), trafic de drogues… et prospèrent toujours actuellement.

— Deuxième conséquence, *la mise en place d’un personnel politique corrompu, acquis à la nouvelle idéologie, et participant allègrement au dépeçage de leurs pays*. On peut citer au premier chef Eltsine, voyou alcoolique, qui reste un modèle de corruption. Le processus a été identique dans de nombreux autres pays, avec une attitude absolument écœurante du personnel politique du monde occidental, à la fois complice et profiteur de la situation.

— Troisième conséquence, pour les peuples : *le bouleversement de l’organisation sociale et la* *paupérisation extrême des plus précaires*. L’effondrement des pays de l’Est a eu pour conséquence un remodelage complet des sociétés de ces pays, qui s’est traduit par une régression énorme du niveau de vie général, par la perte dans les acquis sociaux généraux (travail pour tous, logement pratiquement gratuit, accès à la santé, à l’éducation, etc.), et par la précarisation extrême des plus fragiles. On peut citer le cas des retraités russes, obligés de mendier, de trouver de petits boulots pour survivre, et la situation est identique dans tous les pays d’Europe de l’Est.

On peut citer ces cadres russes et d’Europe de l’Est, prêts à n’importe quoi pour survivre, acceptant de se dévaloriser pour obtenir du travail. Mais aussi tous ces travailleurs migrants, qui bien que qualifiés, acceptent de travailler dans n’importe quelles conditions à l’ouest pour envoyer de l’argent à leurs familles.

On pourrait aussi citer les attaques frontales contre les droits de femmes : en Pologne, le droit à l’avortement a disparu. En Allemagne de l’Est, la disparition des crèches a pour conséquence directe la chute du taux de natalité, etc.

— Quatrième conséquence : *le retour des exclusions contre les peuples tsiganes et roms*. Si autant de tsiganes roumains, yougoslaves, tchèques, slovaques… viennent en France, c’est parce que ces peuples, protégés jusqu’à l’effondrement du Mur de Berlin, ont été chassés sans ménagement de leurs terres, des emplois qu’ils occupaient, des logements où ils vivaient, marginalisés, persécutés, et finalement contraints à l’exil.

— Cinquième conséquence : *l’ouverture de ces pays au capitalisme sans frein*. Depuis une quinzaine d’années, les entreprises d’Europe occidentale jouent à « saute-mouton » dans les divers pays d’Europe de l’Est et en Russie, créant une entreprise ici, la fermant dès que les salaires augmentent pour délocaliser ailleurs. Dans le même temps, les entreprises de l’agro-alimentaire font main basse sur les terres agricoles, les cheptels, etc.

Cette stratégie est mieux contenue en Russie depuis la restauration d’un régime fort qui a brisé les ailes de profiteurs locaux (mise en prison de certains oligarques, démantèlement d’empires industriels constitués par le pillage dans les années 90).

— Sixième conséquence : * le développement d’une idéologie anticommuniste viscérale*, *assimilant communisme et nazisme*. Cette idéologie se diffuse :

— -dans les anciens pays de l’Est : par exemple, dans les Etats baltes, les nazis ont été réhabilités ainsi que les collaborateurs qui ont participé sous l’uniforme SS aux massacres et à l’extermination de leurs peuples, des Russes et des Juifs. Dans les manuels scolaires, on réécrit l’histoire en faisant de ces collaborateurs des héros ! Quant aux symboles de la libération, ils ont été détruits (monuments commémorant la victoire de l’Armée rouge en 1945) ou déplacés (comme le mémorial de Tallinn commémorant la victoire de l’Armée rouge sur le nazisme, déplacé sur décision du gouvernement estonien en 2007)

— -au niveau de l’Union européenne, les parlementaires de droite et d’extrême droite mènent une offensive pour obtenir la criminalisation du communisme

— -dans de nombreux pays occidentaux, on participe de manière moins crue à cette réécriture. Par exemple en France, les thèses de l’historien de droite Ernst Nolte, qui assimile communisme et nazisme, sont largement diffusées comme une évidence, notamment par le biais de l’enseignement de l’histoire dans le secondaire.

Dans tout cela, il faudrait également caser l’indemnisation des aristocraties chassées par les régimes communistes dans les années 40, la récupération des châteaux, propriétés de famille, œuvres d’art de ces aristocraties, et même l’indemnisation des anciens nazis de retour au bercail.

Décidément, nous avons beaucoup de choses à dire sur l’effondrement du Mur de Berlin !

La liste est longue : n’hésitez pas à la compléter.

TEXTE PUBLIE par Réveil Communiste


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