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Un témoignage sur les dissidents en Pologne - blog de Frédéric Delorca

mercredi 11 novembre 2009

Sur un mur de Varsovie - Femmes pendant les vendanges

dimanche 8 novembre

Je recevais récemment le témoignage suivant d’un militant de gauche polonais :

"On peut réfléchir sur le cas de X (un dissident polonais célèbre) qui dirige la cellule du Parti communiste à la section parisienne de l’Académie polonaise des sciences dans les années 1960, en charge donc de surveiller les intellectuels et scientifiques polonais en séjour à Paris, et qui, par le biais de ses contacts avec l’EHESS (créée par des financements US pour contrer l’influence "communiste" du CNRS et où officie jusqu’au début des années 1960 Negroponte chargé du ...recrutement du personnel), passe petit à petit vers l’anticommunisme, officialisé en 1968, ...ce qui va lui assurer de meilleurs revenus. Toucher des honoraires en devises pour des bouquins ou interviews qu’on donne à l’ouest grâce à ses relations, fait de chaque Polonais dans ce cas un quasi millionnaire avec le change parallèle ...et si en plus on a l’auréole du martyr tout en s’achetant maisons, bagnoles, etc !!!

La question est pourquoi les pouvoirs polonais acceptent cela et ne le licencient pas de ses postes universitaires en Pologne, ou ne le marginalisent pas au moins, ce que l’URSS ou la RDA vont pratiquer plus longtemps.

Je ne suis pas un adepte de l’histoire policière pour expliquer les processus historique, mais je ne peux nier qu’ils ont été accompagnés par des agents qui ont pu appuyer ces processus sociaux.

Et cela donne sans doute en partie raison à Staline (pas sur les méthodes certes, mais sur l’analyse des phénomènes et l’omniprésence d’ennemis là où ils pouvaient se manifester). Il connaissait bien aussi, et pour cause, l’immense servilité des intellectuels. Et comme "patron" recruteur, les USA avaient plus de moyens que l’URSS, et ont donc pu mieux jouer sur la servilité de ceux qui, étant connus "mondialement" (grâce à qui ???), ne pouvaient pas subir de vraies répressions, à la différence des petits opposants.

Il faut savoir que, dans le cas de Solidarnosc par exemple, il y a quand même des flots de dollars qui ont afflué. Il était plus rentable économiquement pour un Polonais de se voir publier entre 1982 et 1989 par les éditions clandestines qui assuraient des droits d’auteur que par les éditions officielles. J’ai été témoins de ces conversations avec des universitaires de Cracovie à l’hôtel cinq étoiles Cracovia en 1983 ...et ces universitaires étaient admiratifs devant les "capacités d’organisation de ces clandestins qui organisent des maisons d’édition professionnelles et qui payent mieux que les éditions d’Etat" ...naïveté ??? l’argent tombait-il du ciel ou simplement des ventes. Ils semblaient le croire !!!!

J’ai une amie de Poznan médecin émigrée en France qui m’a dit qu’elle a décidé d’émigrer, dégoûtée, quand elle est arrivée à Varsovie au milieu des années 1980, dans le cadre de ses activités clandestines à Poznan et qu’elle a débarqué dans un milieu dissident d’une richesse incomparable, avec celui des classes moyennes polonaises. Elle a compris alors qu’elle s’était faite avoir en trimant la nuit à sortir des tracts au nez de la police, et qu’il y avait beaucoup d’argent à Varsovie chez ses chefs, que les grands pontes de la dissidence se le partageaient ...sous les regards de la police d’Etat qui en récupérait aussi une partie à l’occasion de certaines fouilles, mais sans tuer la poule aux oeufs d’or, la source occidentale : CISL-AFL/CIO-NED-CIA."


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