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Comaguer : Au fil des jours et des lectures N° 53 02 décembre 09

mercredi 2 décembre 2009

GUERILLAS COLOMBIENNES

Le 20 Novembre, L’EL N (Armée de libération nationale) a annonce brièvement dans une phrase clôturant un long communiqué sur la situation créée en Amérique du Sud par la politique contre-révolutionnaire mise en œuvre par l’administration OBAMA, la reprise des contacts entre son commandement central et le secrétariat des FARC.

Cette reprise de contact devrait permettre, selon l’ELN, d’éviter les affrontements armés entre les deux mouvements, préalable qui parait indispensable à un minimum de coordination politique face à l’offensive réactionnaire d’URIBAMA.

Si d’une façon générale, les FARC et l’ELN contrôlent des zones du pays bien séparées, et les FARC plus nombreuses des zones plus vastes, il y a eu des accrochages dans des zones où elles se sont rencontrées. Pas de commentaire officiel des FARC jusqu’à présent à ce sujet.

Du côté des FARC, les informations disponibles sur les actions militaires deviennent plus nombreuses. Les cibles sont les patrouilles de l’armée colombienne prises dans des embuscades qui essuient de lourdes pertes en hommes et en matériel. Bien entendu, la propagande gouvernementale ignore minimise ou déforme selon les cas.

Avec toute la prudence qui s’impose du fait de notre éloignement du terrain et de l’état de guerre, il semble que les FARC aient décidé de mettre un terme aux opérations « humanitaires » impraticables et coûteuses dès l’instant où le partenaire est un FOURBE (elles se contentent de relâcher quelques prisonniers) et d’accentuer leur activité militaire.

LA RUSSIE COURTISE LE MARCHAND D’ARMES FRANCE

Le BPC MISTRAL à St Petersbourg

La présidence de la république française déploie, on le sait, voir la dernière visite officielle au Brésil, une énergie débordante pour promouvoir les ventes d’armes à l’étranger. Cette activité n’est pas nouvelle mais la mauvaise santé du commerce extérieur français oblige à redoubler d’efforts pour soutenir un des rares secteurs où l’industrie française est encore performante sur le marché mondial au moins pour certains matériels

Un nouveau client frappe à la porte : la Russie, qui souhaite acquérir 4 porte-hélicoptères de la classe MISTRAL. Il s’agirait d’un achat direct et de 3 constructions sous licence française en Russie. Pour montrer tout l’intérêt qu’elle apporte à ce futur contrat la France a envoyé le MISTRAL faire une escale à SAINT -PETERSBOURG.

Un possible accord franco-russe déplait souverainement aux républiques baltes qui redoutent que les futurs porte-hélicoptères russes soient présents en permanence en mer Baltique au large de leurs côtes mais manifestement PARIS préfère soigner ses relations avec la Russie plutôt qu’avec ses associés de l’UNION EUROPEENNE. La participation d’EDF et de SUEZ-GDF aux projets de gazoducs russes à destination de l’Europe de l’Ouest (Southstream et Northstream voir plus loin) en atteste.

Le même mécontentement se fera probablement jour en Géorgie où les militaires savent qu’un porte-hélicoptères russe basé en Mer Noire pourrait débarquer en 40 minutes sur une de ses côtes les mêmes forces terrestres qui ont mis 26 heures à être acheminées en Ossétie du sud et en Abkhazie par la voie terrestre en Aout 2008.

Petite note sur le vocabulaire employé : dans le jargon militaire français le MISTRAL fait partie de la catégorie des BPC , lire « Bâtiment de Projection et de commandement, » terme très lisse et indolore pour qui ne se trouve pas dans la zone de « PROJECTION », mais pour manifester une opposition à cette vente l’expression utilisée dans le microcosme médiatique français a été celle , beaucoup plus explicite ,bien qu’inexacte, de BATIMENT DE DEBARQUEMENT !

DU BON USAGE DU DROIT INTERNATIONAL

Comme la très grande majorité des Etats du monde – à l’exception des Etats-Unis et d’Israël qui se considèrent au dessus du droit international et le récusent- la Russie a signé la convention internationale sur le droit de la mer. Celle-ci fixe les limites des eaux territoriales où l’état riverain est souverain et celles de la ZEE : zone économique exclusive – jusqu’à 200 miles marins du rivage - où il a seul le droit d’exercer une activité économique (pêche, forages off shore, implantation d’éoliennes …) mais où par contre la liberté de circulation des navires étrangers est reconnue.

Au nombre des activités économiques pouvant s’exercer dans une ZEE figure le passage sous-marin des oléoducs et gazoducs. Cette règle de droit international vient de permettre à la Russie d’enregistrer deux succès pour le passage des deux gazoducs RUSSIE/EUROPE DE L’OUEST en projet : NORTHSTREAM et SOUTHSTREAM.

NORTHSTREAM doit acheminer du gaz depuis le Nord de la Russie vers l’Allemagne en passant sous la mer Baltique. Pour passer sous la mer Baltique il fallait l’accord des pays ayant des ZEE dans cette mer. Le choix était entre un passage Est dans les ZEE des républiques baltes et de la Pologne et un passage Ouest dans les ZEE de Finlande et de Suède. Ces deux derniers pays ayant donné leur accord, NORTHSTREAM passera dans leur ZEE et les gouvernements de Pologne et des républiques baltes verront leur attitude antirusse sanctionnée et les droits de passage des gazoducs dans leur ZEE leur échapper.

SOUTHSTREAM doit acheminer du gaz depuis le sud de la Russie vers sa destination finale l’Italie. Il doit donc commencer son parcours en passant sous la Mer Noire. Le choix était là entre le passage nord dans la ZEE ukrainienne et le passage sud dans la ZEE turque. La Turquie a donné son accord et la politique antirusse conduite par les gouvernements ukrainiens oranges depuis leur accession au pouvoir qui s’est en particulier traduite par des « Crises gazières » toujours déclenchées en plein hiver par l’Ukraine où passent aujourd’hui les gazoducs terrestres acheminant le gaz russe vers l’Europe de l’Ouest trouve ainsi son épilogue.

Il est d’ailleurs à noter que Mme TYMOSHENKO actuel Premier Ministre ukrainien a tellement compris que ce jeu avait assez duré qu’elle a annoncé à l’issue d’une récente réunion ave VLADIMIR POUTINE que le transit du gaz russe sur le territoire ukrainien ne serait pas perturbé cet hiver.

LA V° INTERNATIONALE EN GESTATION

C’est ce qu’a annoncé Hugo Chavez à l’issue d’une conférence internationale de partis et de mouvements de gauche qui s’est tenue à Caracas du 19 au 21 Novembre.

La proposition est audacieuse mais s’inscrit tout à fait dans la démarche habituelle du Président vénézuélien qui a déjà insisté dans ses interventions à des réunions de ce type : conférences, forums sociaux, colloques et rassemblements divers, sur la nécessité de constructions politiques permanentes plus solides et débouchant sur des programmes d’action concrets et coordonnés.

D’où l’idée ambitieuse de V° INTERNATIONALE qu’il veut respectueuse de la diversité de ses membres et sans contraintes. Ce projet a d’abord une utilité nationale : le PSUV, parti socialiste unifié du Venezuela, parti de masse récemment créé, a besoin de s’inscrire dans un cadre international. Ce cadre ne peut pas être l’INTERNATIONALE SOCIALISTE qui regroupe les partis sociaux démocrates les plus néolibéraux du monde et qui a pignon sur rue dans les institutions financières internationales les plus néolibérales (voir DSK au FMI par exemple) et il n’y a plus d’Internationale communiste.

La liste des partis et mouvements invités et participants à la conférence de Caracas dessine les contours de cette nouvelle internationale : une majorité de partis communistes dont deux partis de gouvernement : le chinois et le cubain, des mouvements latino-américains parmi lesquels le MAS bolivien d’Evo Morales, le FMLN salvadorien, le Front sandiniste nicaraguayen et l’Alianza Pais d’Equateur et des petits partis de gauche comme DIE LINKE. Deux organisations françaises étaient présentes : le PCF et le PARTI DE GAUCHE.

Plusieurs partis présents ont exprimé des réserves ou même une opposition au projet : PC brésilien, PC grec, PT brésilien et PC vénézuélien. Le PC cubain a qualifié l’idée d’excellente mais ne s’est pas prononcé formellement.

Ces positions expriment une réaction à un projet encore peu mûri et une réserve face à une trop grande diversité qui ne pourrait qu’être préjudiciable à l’efficacité.

Les autres partis latinos ont dans l’ensemble été favorables témoignant ainsi de leur volonté de résistance commune à l’offensive réactionnaire de l’administration OBAMA sur le continent. Ils sont avec le PSUV et le PC vénézuélien les plus conscients de cette urgence et de la nécessité d’apporter une réponse politique collective globale et pas seulement militaire aux menées contre révolutionnaires avérées en Colombie, au Honduras, au Pérou et au Panama ou prévisibles comme au Paraguay.

A l’issue de la Conférence les participants ont adopté les ENGAGEMENTS DE CARACAS. :

  Affirmation de leur volonté de construire le socialisme du XXI° siècle face à la crise généralisée us système capitaliste global

  solidarité avec les peuples victimes d’agressons ou d’invasions impérialistes : Cuba (demande de levée du blocus) Palestine, Sahara Occidental, Irak, Afghanistan et avec le peuple mexicain victime des politiques de son gouvernement et un programme d’actions concrètes :

  organisation du 12 au 17 Décembre d’une semaine internationale de mobilisation contre les bases militaires US en Colombie au Panama et ailleurs

  lancement d’une campagne pour l’ouverture d’un procès contre G.W.BUSH pour crimes contre l’humanité

  organiser la commémoration du 100° anniversaire de la journée internationale des femmes créée par Clara Zetkin

  organiser la solidarité avec la Révolution Bolivarienne face aux attaques impérialistes permanentes

  organiser la solidarité avec le peuple du Honduras contre le coup d’Etat militaire

  mettre fin au blocus de Cuba et libérer les cinq prisonniers cubains aux Etats-Unis

  soutenir le peuple haïtien dans sa lutte pour le retour au pays du président élu : Jean Bertrand Aristide, enlevé par les impérialistes. Bref, une bonne analyse des périls de l’heure face à la contre offensive impériale en Amérique Latine et beaucoup de propositions intéressantes. Reste à voir la capacité d’organisation et d’action collective de cette future internationale.

ENERGIES RENOUVELABLES : LA CHINE , ENCORE LA CHINE !

Robert Kennedy Junior vient de tirer la sonnette d’alarme : Al Gore et ses amis ont eu beau prendre l’initiative du lancement mondial du GREEN BUSINESS ou capitalisme vert , tentative pour lancer une nouvelle phase de l’accumulation du Capital et ouvrir au Capital vieillissant des pays développés basé sur le pétrole et l’automobile le marché pour de nouveaux produits et services, le fils de l’ancien Ministre de la Justice affirme que ces nouveaux marchés sont en train de passer sous le nez des capitalistes US et vont être dominés par l’industrie chinoise . Pire, ce ne sont pas des entreprises occidentales délocalisées en Chine - il y en a, il cite les noms de BP SOLAR, GENERAL ELECTRIC - qui dominent maintenant l’industrie des énergies solaire et éolienne mais des entreprises purement chinoises qui poussent même l’insolence jusqu’à installer des parcs éoliens au Texas !

Il est vrai que la Chine étant d’ores et déjà le second producteur mondial d’énergie éolienne les industriels locaux disposent d’un vaste marché qui, vus les objectifs gouvernementaux en la matière, va encore s’élargir et les exportations ne constituent qu’un complément de leur activité.

L’émergence d’une industrie chinoise performante dans ce secteur est le résultat d’importants efforts publics de recherche et de développement.

Robert Kennedy Junior souligne à ce propos que la Chine consacre autant de crédits de recherche- développement à ce secteur qu’au secteur militaire, façon un brin maladroite, on va le comprendre, d’agiter l’épouvantail militaire chinois qui ne consacre à la défense qu’environ 10 % des sommes dépensées par les Etats-Unis.

Première leçon - implicite et tirée par Comaguer – les crédits de recherche développement aux Etats-Unis vont très majoritairement au secteur militaire et sont donc insuffisants dans d’autres secteurs.

Deuxième leçon tirée par Comaguer : vouloir maintenir une domination militaire mondiale coûte cher et conduit à négliger le reste. La Chine peut, elle, consacrer autant de crédits de Recherche développement aux énergies renouvelables qu’au militaire car elle ne se soucie que de moderniser un outil de défense et pas d’ouvrir et d’équiper mille bases militaires en terre étrangère ni de faire sillonner tous les océans du globe par douze porte-avions et leur flottille. Distinguer une politique impérialiste d’une politique qui ne l’est pas n’est pas bien compliqué et il est patent qu’une politique impérialiste modèle pour des décennies l’ensemble de l’appareil productif d’un pays tout autant que sa psychologie collective.

Troisième leçon tirée explicitement celle là par Robert Kennedy Junior : le fonctionnement du pouvoir législatif aux Etats-Unis fait que ce sont les lobbies qui dictent la politique du Congrès et que les lobbies du pétrole et du charbon encore très puissants freinent le passage au capitalisme vert.

Commentaire politique non subsidiaire : jusqu’à nouvel ordre, ce ne sont pas les dirigeants d’entreprises privées qui dictent la politique du parti Communiste chinois ni celle du gouvernement. Il faudrait une contre-révolution en Chine pour en arriver là.

Emissions radio de COMAGUER sur RADIO GALERE 88.4 Mhz région marseillaise

Chaque mardi : Les Carnets de 15H à 16H Rediffusion Jeudi de 11h à 12h ou sur http://www.radiogalere.org

Le second mercredi de chaque mois : Les Dossiers de 20h à 21h30

Contact COMAGUER : comaguer@orange.fr


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