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Les médecins urgentistes écrivent à Sarkozy

jeudi 1er janvier 2009

Paris, le 30 décembre 2008

Monsieur le Président de la République,

Le 19 décembre 2008, l’AMUF déposait un préavis de grève nationale illimitée afin de dénoncer la dégradation constante des conditions de prise en charge des urgences et demandait la mise en place immédiate des mesures nécessaires pour garantir la sécurité et la qualité des soins à tous les français.

Depuis cette date, la réponse du Ministère de la Santé et de ses services a consisté à nier nos alertes, à menacer de sanctions financières et disciplinaires les médecins participant à la grève, à mépriser publiquement notre organisation devant le Sénat et à refuser toute concertation constructive.

La méthode de Madame Bachelot, est de renvoyer les problématiques de terrain dans une nouvelle « commission » appelée le « Conseil National des Urgences ». Il sera composé de plus de 45 membres où les urgentistes auront le même poids que les hématologues ou les biochimistes. Cette instance sera comme toujours très éloignée des réalités de tous les jours.

Devant la mise en tension extrême des services de SAMU-SMUR-Urgences en cette période de fin d’année l’AMUF a tenté en vain de contacter le directeur de cabinet du Ministre de la Santé afin de débloquer la situation. Le message qui est revenu est celui d’une réponse automatique « Je suis en vacances jusqu’au 5 janvier. Je ne lirai votre message qu’à mon retour »...

Il y a deux jours, l’AMUF signalait la saturation en série des services d’urgences en Ile de France et le manque de places de réanimation. Dans la nuit de samedi 27 décembre à dimanche 28 décembre 2008, la situation s’est aggravée. Une équipe du SMUR dans l’Essonne a dû cette nuit attendre que le SAMU contacte près de 27 établissements de santé avant de pouvoir hospitaliser en soins intensifs un patient dans un état grave. Dans les heures qui ont suivi une autre équipe du SAMU qui prenait en charge une détresse respiratoire chez un patient de 60 ans a dû attendre 2 heures au domicile du patient la recherche d’une nouvelle place de réanimation.

Devant l’impossibilité totale de trouver une place de réanimation médicale en Ile de France et constatant la dégradation clinique du patient, l’équipe du SMUR s’est dirigée vers les urgences de l’hôpital le plus proche. Le patient a fait un premier arrêt cardiaque aux urgences de cet hôpital. Une place a finalement été trouvée dans une réanimation parisienne mais celle-ci ne disposant pas de tout le plateau technique nécessaire, le réanimateur a demandé la réalisation d’un examen cardiaque (coronarographie) seulement disponible dans un autre hôpital de l’APHP...

Après 6 heures de prise en charge « pré-hospitalière » par le SMUR, le patient décèdera à la porte d’un hôpital parisien, dans l’ambulance du SAMU, sans avoir pu accéder à un service de réanimation hospitalier adapté à sa maladie.

L’AMUF arrive en limite de ce qu’il nous est possible de faire pour alerter la Ministre. Nous sommes en grève depuis plus de 3 semaines, nous alertons chaque jour la DHOS des dysfonctionnements sans jamais obtenir de réponse ou même d’interlocuteur qualifié et responsable.

Le constat est terrible, mais la sécurité des patients n’est plus assurée dans les hôpitaux en Ile de France pendant cette période de fêtes. D’autres régions de France souffrent aussi de cette saturation chronique des places de réanimation. Nous dénonçons cette situation de plus en plus intolérable pour les patients au nom de la simple ethnique médicale, souvent mise en avant pour un oui pour un non, et qui trouve là son juste sens.

Oui, Monsieur le Président de la République, nous souhaitons vous alerter avec solennité, et en toute responsabilité sur la gravité de la situation et vous inviter à prendre immédiatement des mesures conservatoires avant qu’une catastrophe sanitaire ne se produise.

L’irresponsabilité de Madame la Ministre de la santé et de son Directeur de Cabinet sur ce dossier stratégique aboutit aujourd’hui à une perte de chances et un défaut de moyens pour de nombreux patients.

Nous restons à votre entière disposition pour travailler sans délais à la résolution de cette crise majeure qui touche les services d’urgence SAMU et SMUR de nos hôpitaux. Les urgentistes sont conscients de la tâche immense qui repose sur eux en termes de premier et souvent dernier maillon de la permanence des soins dans notre pays. Nous acceptons et assumerons au mieux cette mission, mais pour cela il vous faut entendre nos revendications et comprendre que le temps de l’urgence vitale n’est pas celui de l’administration ou d’un futur « Conseil National de l’Urgence ».

Dans l’attente de votre réponse, je vous prie Monsieur le Président de la République, d’agréer l’expression de mes sentiments les plus respectueux.

Docteur Patrick Pelloux

Président de l’AMUF

2 Messages de forum

  • Les médecins urgentistes écrivent à Sarkozy

    3 janvier 2009 11:37, par pyrogenium

    Madame Bachelot s’est glorifiée d’avoir pu recenser 11 lits disponibles en réanimation le soir de ce drame, et que serait il arrivé lors d’un crash d’avion ou d’un accident grave d’autocar, comme le fait remarquer le Canard enchaîné dans son édition du 31 décembre ?

    L’hôpital est gravement malade, personnel surchargé à la limite de l’asphyxie.

    Mais ayez confiance, votre Omniprésident vous l’a dit dans ses voeux pour 2009 "Nous continuerons les réformes"

  • Je suis passé deux fois aux urgences dans ma vie. Je dis "je vous aime les urgentiste" de m’avoir sauvé la vie et celle de millions de personnes depuis que vous êtes là. Honte à la France que de voir dans les conditions dans lesquelles ces hommes et ces femmes travaillent. J’ai vue une femme médecin du centre hospitalier sud francilien à Evry se faire traiter de "pute" parce qu’un crétin ne supportait d’attendre. j’ai vue des dizaines de patients faire la queue, voir tous ces soignants dans un ballet bien régler faire de leur mieux parce que les oisifs du secteur privé ne prennent plus personne à partir de 18h00. Tout ces toubibs sont extraordinaires, ils tiennent le système de santé à 4000. Que font les autres mais que font-ils ? Alors chapeau bas Mesdames et Messieurs les URGENTISTES. Merci.

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