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Des infections résistantes aux antibiotiques représentent un danger de plus en plus grand pour les hôpitaux - par Andrew Pollack

mardi 30 mars 2010

Source : Horizons et Débats N°11, 22 mars 2010

hd. L’excitation mondiale autour de la grippe porcine était-elle vraiment nécessaire ? Ou s’agissait-il du grand business des sociétés pharmaceutiques, ou bien même d’une expérience globale de la « gestion de la santé » en vue d’un gouvernement mondial que personne ne souhaite ? Il en reste en tout cas un mauvais pressentiment. Pas de démocratie sans vérité – ceci est également valable pour le secteur de santé. Nous aurions pourtant de bonnes raisons d’y regarder de plus près pour savoir où il faudrait de la recherche et de la prévoyance et comment le système immunitaire de l’homme et des animaux pourrait être fortifié par des moyens naturels. Et tout en arrière-plan la question : Est-ce qu’on se trouve devant une expérimentation avec de nouveaux virus et bactéries dans les régions de guerre actuelles ou potentielles, qui un jour – ou déjà maintenant – retournent dans les centres mondiaux, comme cela s’est passé avec le virus VIH ? Le rapport suivant sur des bactéries résistantes aux antibiotiques dans des hôpitaux de New York peut dans ce sens susciter la réflexion.

Dans sa jeunesse Richard Armbruster jouait au base-ball comme lanceur dans les ligues inférieures et le faisait encore pour se dé­tendre à l’âge de 75 ans – jusqu’à ce que sa hanche droite commençât à le compro­mettre. En février 2009 il se rendit à l’hôpital de St. Louis – cela aurait dû être une opération de routine de la hanche.

Fin mars, à l’âge de 78 ans, Richard Armbruster était mort. Après une série de complications postopératoires, le dernier coup fut une infection de circulation sanguine entraînant un choc et s’avérant résistante contre tout traitement antibiotique.

« Même pas dans mes pires rêves je n’aurais imaginé que mon père se rende à l’hôpital pour recevoir une articulation de hanche artificielle et qu’il y meure deux mois plus tard », explique Amy Fix, une de ses filles. Ce fut seulement le jour de la mort d’Armbruster, que l’on put identifier – grâce à une culture en laboratoire – l’organisme qui l’avait infecté : l’Acinetobacter baumannii.

Le germe fait partie d’une catégorie de bactéries qui selon certaines estimations est responsable de la mort de dizaines de milliers de patients hospitalisés chaque année. Quoique ces organismes ne suscitent pas autant d’in­térêt que le bien connu MRSA – Methicillin Resistenter Staphylococccus Aureus –, certains infectiologues trouvent qu’ils pourraient bientôt représenter le plus grand danger.

Ceci parce que plusieurs antibiotiques existent pour le traitement du MRSA – certains d’entre eux ont été autorisés ces dernières années. Pour l’Acineobacter et autres organismes de ce type, l’industrie pharmaceutique ne fait pas d’efforts de recherche pour développer des antibiotiques, ceci pour des raisons économiques mais aussi à cause du défi scientifique. Entre temps les germes se développent et deviennent de plus en plus résistants contre les antibiotiques disponibles.

« A maints égards, l’Acinetobacter est beaucoup plus grave que le MRSA », dit Dr Louis B. Rice, infectiologue au Louis Stokes Cleveland V.A. Medical Center et à la Case Western Reserve University. « Il y a des souches là dehors qui sont de plus en plus répandues et qui sont pratiquement résistantes aux antibiotiques dont nous disposons. »

Les microbes, qui, après un test de coloration de Gram, sont classées Gram négatives, peuvent provoquer de graves pneumonies, des infections des voies urinaires, de la circulation sanguine et d’autres régions du corps. En raison de leur structure cellulaire, ils sont plus difficiles à combattre que les organismes Gram positifs tel que le MRSA. L’Acinetobacter, qui a entraîné la mort de Richard Armbruster, a suscité une forte attention il y a quelques années lors d’infections de soldats blessés en Irak.

Entre temps les hôpitaux de New York City sont devenus, peut-être à cause du grand nombre de malades qu’ils traitent, le lieu de reproduction global pour un nouveau germe Gram négatif, résistant aux antibiotiques, le Klebsiella pneumoniae. Et ces super-germes se propagent maintenant dans le monde entier.

Mais les autorités sanitaires ne disposent pas de données sûres, à savoir combien d’infections et de morts aux Etats-Unis sont causées par des bactéries Gram négatives. Les autorités sanitaires responsables de la prévention d’épidémies estiment que l’ensemble des types de bactéries mène à environ 1,7 millions d’infections dans les hôpitaux et sont responsables ou coresponsables de la mort de 99 000 personnes.

En Europe cependant, les autorités sani­taires viennent de publier en septembre dernier un rapport : D’après des études réalisées dans des hôpitaux, on estime que deux tiers des 25 000 décès provoqués par des infections problématiques à l’hôpital sont dus aux infections Gram négatives.

Certes, le MRSA reste la source la plus répandue d’infections dans les hôpitaux. Et le germe est particulièrement redouté parce qu’il peut infecter aussi des personnes en dehors de l’hôpital. Chez des athlètes autrement sains et chez des enfants, il y a eu des infections graves et même mortelles.

Les germes Gram négatifs, résistant aux antibiotiques, menacent par contre avant tout les malades dont le système immunitaire est déficient. Les germes peuvent survivre longtemps sur les surfaces hospitalières et pé­nétrer dans le corps par des plaies, des sondes et par le biais des ventilateurs.

Ce qui préoccupe le plus, ce n’est pas la fréquence de ces germes Gram négatifs, mais leur résistance aux antibiotiques. « Pour les germes Gram positifs, il nous faut de meilleurs antibiotiques, et pour les germes Gram négatifs nous avons besoin d’antibiotiques en général », a déclaré Dr Brad Spellberg, infectiologue au Harvor U.C.L.A. Medical Center à Torrance, en Californie et auteur du livre « Rising Plague », un ou­vrage au sujet des agents pathogènes résistant aux antibiotiques. Dr Spellberg est conseiller de plusieurs sociétés qui produisent des antibiotiques et cofondateur de deux entreprises qui travaillent à une approche différente en ce qui concerne la lutte contre les infections. Dr Rice de Cleveland est lui aussi conseiller de différentes entreprises pharmaceutiques.

Lors du traitement de souches résis­tantes de microbes Gram négatifs, les médecins pratiquants sont souvent obligés de miser sur deux antibiotiques semblables qui ont été créés dans les années 40 – Colistin et Polymyxin B. Ces médicaments ont été retirés en grande partie il y a des décennies parce qu’ils risquent de provoquer des lésions des reins et des nerfs. Comme ils n’ont pas été fréquemment appliqués, les bactéries n’ont pas eu souvent l’occasion de développer une résistance contre eux. •

Source : The International Herald Tribune, 1/3/10 ©The International Herald Tribune (Traduction Horizons et débats)


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