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« Bernard THIBAULT est déçu… » - Par Jean Lévy

mercredi 12 mai 2010

Les médias font état de la « déception » de Bernard THIBAULT, à sa sortie du ‘sommet social’, lundi 10 mai.

Qu’attendait donc le secrétaire général de la CGT de cette rencontre ?

Certes, dès le lendemain de l’élection de Nicolas Sarkozy, Bernard Thibault, voulant calmer l’ardeur de militants, déclarait déjà « vouloir d’abord connaître les intentions du nouveau président », en matière sociale avant d’envisager une quelconque action.

C’est pour la même raison qu’il s’est rendu, ce lundi, à l’Elysée.

Thibault est bien le seul, dans notre pays, à se poser de telles questions. Les salariés, les privés d’emploi, les retraités, sont mieux informés que le leader de la CGT. Eux, en effet, subissent de plein fouet la politique de Nicolas Sarkozy.

Mais si la « déception confédérale » est affligeante, l’attitude du secrétaire de la CGT est consternante.

Aurait-on vu Benoît Frachon, Georges Séguy ou Henri Krasucki courir comme un toutou bien dressé aux moindres convocations du maître de l’Elysée ? D’ailleurs, sous Pompidou ou Giscard, les présidents, ultraréactionnaires, déléguaient leur pouvoir de négociation à leur ministre respectif des Affaires sociales. Et même en mai 68, de Gaulle laissait son premier ministre conclure avec les syndicats les Accords de Grenelle.

Aujourd’hui, Sarkozy est « ministre de tout ». Et c’est lui, le Président qui convoque les Confédérations pour leur faire connaître les décisions qu’il a déjà arrêtées. Libre aux syndicats d’ergoter, de marquer leurs distances ou bien d’être « déçus ».

Curieuse attitude pour la CGT : dans le temps, c’étaient les organisations syndicales qui posaient leurs revendications au patron, dans l’entreprise ou face au gouvernement. Et le « rapport de forces » faisait la différence.

Aujourd’hui, tout a changé : les dirigeants de la CGT – et les autres – vont s’enquérir des revendications du Capital. Ils acceptent ainsi de se placer sur le terrain patronal, sans jamais prendre l’offensive à partir des revendications des travailleurs. Ainsi, la bataille, s’il y a bataille, est à front renversé : si le rapport de forces conduit à un compromis, celui-ci exprime forcément une avancée pour le capital.

Telle est la stratégie, mortelle pour les salariés, conduite par les syndicats et, malheusement, aussi par la CGT.

Combien de temps encore, ce jeu désastreux va-t-il durer ?

Combien de temps encore, Thibault va-t-il encore courir à l’Elysée ?

ET demeurer à la tête de la CGT ?


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