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IL Y A 70 ANS : LA DEBÂCLE (1) Jean Lévy

mercredi 26 mai 2010

Les panzerdivisions de Gudérian - Ardennes mai 1940

L’ETE 1940 :

DU 10 MAI AU 22 MAI 1940

Dans la nuit du 9 au 10 mai, les troupes allemandes passent à l’attaque à l’Ouest, en Hollande, en Belgique et sur notre frontière. La « drôle de guerre » commencée en septembre a pris fin.

Le 9, Le Journal, quotidien parisien, publie le bilan établi par la Préfecture de Police concernant la « répression des menées communistes dans le département de la Seine » :

Nombre d’arrestations opérées : 2.241 Comprenant notamment :

21 parlementaires

13 conseillers municipaux de Paris

25 maires et conseillers municipaux de banlieue

761 militants de quelque importance

Journaux supprimés : 67

Permanences fermées : 202

Syndicats dissous : 321

Municipalité dissoutes 27

Le Conseil général de la Seine et son président ont vivement félicité M.Langeron (le Préfet de police)

Quatre jours plus tard, le 14 mai, devant l’attaque des Panzerkorps, les lignes françaises sont enfoncées. La Meuse est franchie à Monthermé, à 18 kms de Charleville. Le général Corap, commandant dans ce secteur est remplacé par le général Giraud, qui sera fait prisonnier trois jours plus tard. L’ordre de retraite est donné.

A Paris, c’est la panique. Paul Reynaud, président du Conseil, envoie le général Pujo à Madrid auprès de Pétain, ambassadeur chez Franco, pour obtenir son appui.

Tous les Allemands, résidant en France, les réfugiés juifs comme les résistants antinazis, sont assignés dans des camps de concentration.

Quant au commandement en chef, il abreuve l’opinion de communiqués optimistes parlant de « colmatages des brèches » et de « reprise en main » des troupes, alors que la débâcle s’amorce ;

Le 16 mai, le même Journal titre sur toute sa première page :

« La bataille de la Meuse se poursuit ardente ».

Ce jour-là, le général Gamelin, le commandant en chef, avertit le gouvernement qu’il « ne répond plus de la sécurité de Paris ».

Dans la journée, Saint-Quentin et Rethel sont occupées par les forces allemandes.

Le 18, c’est le tour de Péronne. La Somme est franchie par les blindés nazis.

Paul Reynaud remanie son ministère où il fait entrer Pétain, « le vainqueur de Verdun », disait-on alors, comme ministre d’Etat et vice-président du Conseil.

Le 19 mai, Gamelin est remplacé à la tête de l’armée française par Weygand, qui rentre de Damas où il préparait une offensive contre …le Caucase soviétique !

Le 20 mai, Laon et Amiens sont occupées par les Allemands, qui atteignent Abbeville.

C’et le jour où le gouvernement met en place des Cours martiales destinées à accélérer les poursuites prévues par le décret Sérol, ministre socialiste de la Justice, qui envisage la peine de mort contre les militants communistes.

Le 21 mai, Reynaud prononce un discours au Sénat :

« S’il fallait un miracle pour sauver la France, je croirais au miracle car je crois à la France », qui précise à la radio :

« Si nous tenons un mois – et nous tiendrons le temps qu’il faudra – nous aurons fait les trois-quarts du chemin de la victoire ».

En fait, il suffit de regarder la carte : en dix jours, la Wehrmacht a coupé en deux la France et son armée.

QUELQUES REMARQUES :

Pourquoi ce désastre ? Même pour les profanes de l’art militaire, ce ne ont pas essentiellement de « fautes » de l’Etat Major ou l’incompétence de nos généraux qui sont à l’origine de la situation.

Rappelons quelques faits :

1°) La percée allemande s’est effectuée exactement là, en Ardennes, où nos dirigeants ont interrompu la ligne Maginot, censée protéger nos frontières. Pourtant, c’était déjà par la Belgique que l’armée allemande avait envahi notre pays en 1914.

2°) Nos gouvernants et les chefs militaires avaient prévu des plans visant uniquement

l’Union soviétique, soit en Finlande, soit au Caucase, alors qu’en septembre 1939, aucune opération offensive n’était tentée contre l’Allemagne déchaînée contre la Pologne.

3°) Pétain et Weygand, les représentant des banques et de la grande industrie ne cessent d’intriguer pour faire « cesser les combats », traiter avec Hitler et renverser la République.

4°) Alors que les communistes sont pourchassés, arrêtés et condamnés, les pronazis comme Déat et Doriot agissent librement et les « cagoulards », tel Joseph Darnand, le futur chef de la Milice, sont libérés et traités en héros.

Tout cela milite dans le sens dénoncé par l’historienne Annie Lacroix Riz, dans son livre, « Le choix de la défaite ».

Les évènements qui vont suivre en feront la démonstration.

LIRE AUSSI

« De la République à l’Etat français, le chemin de Vichy »

ouvrage écrit par Jean LEVY et Simon PIETRI

édité chez l’Harmattan


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