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Change : L’euro au plus bas depuis le mois de mars 2006

dimanche 6 juin 2010

L’euro a sombré hier sous 1,20 dollar, les investisseurs fuyant les devises à risque après les chiffres décevants de l’emploi américain, sur fond d’inquiétudes sur la reprise en Europe.

Hier, vers 18 h 10, la monnaie européenne est tombée à 1,1972 dollar, son plus bas niveau depuis le 24 mars 2006. Face à la monnaie helvétique, la monnaie unique a chuté jusqu’à 1,3867 franc suisse, un nouveau plus bas historique. Dans le même temps, les Bourses retournaient dans le rouge, Paris chutant de 2,86 %.

« Les chiffres de l’emploi (américain) portent un coup à l’enthousiasme sur la reprise » économique mondiale, commentait Joshua Raymond, analyste chez City Index. En effet, l’économie américaine a créé 431 000 emplois en mai, soit une progression nettement moins bonne qu’espéré, selon le rapport mensuel du département américain du Travail publié hier.

Avant même la publication de ces chiffres, les cambistes fuyaient déjà les investissements à risque, pour se réfugier auprès de valeurs jugées plus sûres, comme le billet vert et le franc suisse. « Après quelques jours loin des projecteurs, la crise de la dette en Europe fait son retour sur le devant de la scène », notait ainsi David Morrison, analyste chez GFT, citant notamment des risques de contagion de la crise européenne hors zone euro, à la Hongrie et à la Roumanie.

En Hongrie, des déclarations alarmistes de responsables du parti au pouvoir sur la situation économique du pays ont remis en cause la crédibilité financière d’un État qui, pour éviter une banqueroute, est sous perfusion de 20 milliards d’euros, mis à disposition par le Fonds monétaire international (FMI), l’Union européenne (UE) et la Banque centrale européenne (BCE) depuis l’automne 2008.

La « parité » de Fillon

Pour corser le tout, le Premier ministre français, François Fillon, a lancé qu’il ne voyait « que des bonnes nouvelles dans la parité entre l’euro et le dollar », à même de doper les exportations de la zone euro.

Les agences de presse anglophones ont aussitôt entendu « parité » (« parity » en anglais) dans son sens étroit d’égalité parfaite. Elles en ont déduit que le chef de gouvernement appelait de ses vœux cette équivalence : 1 euro égale 1 dollar.

Du coup, les opérateurs des marchés de changes se sont sentis encouragés à vendre de l’euro.

« Quand les hommes politiques comprendront-ils que les commentaires emprunts de candeur et destinés à leur public local ont pour effet de déstabiliser les marchés financiers ? », s’indignait Michael Hewson, analyste chez CMC Markets. En effet, ces commentaires « ne font aucun cadeau à l’euro, notait l’analyste. Ils n’aident certainement pas à stabiliser la monnaie unique, (et au contraire) ébranlent de plus belle la crédibilité des politiques à vouloir soutenir l’euro. »

Autre élément plombant l’euro : la banque HSBC a abaissé, hier, sa recommandation sur l’Europe — hors Royaume-Uni — de « neutre » à « sous-pondéré », car « il reste encore beaucoup trop d’incertitudes sur la santé des banques, sur l’avenir de l’euro, sur les dettes souveraines, et sur la croissance pour prendre des risques sur cette région actuellement ».


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