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L’ETE 40 IL Y A 70 ANS (4) par Jean LEVY

mardi 15 juin 2010

La débâcle (4 )

17 juin 1940

Aujourd’hui : Du 15 juin au 17 juin

Le 15 juin Le drapeau à croix gammée flotte, depuis la veille sur Paris, que le gouvernement a refusé de défendre. Le Volkischer Béobachter, organe officiel du parti nazi fête l’évènement sur toute sa première page.

Le général Hering, jusque là gouverneur militaire de la capitale, remet ses pouvoirs au général Dentz, qui fera, au côté de la Wehrmacht, l’année suivante, la guerre aux forces de la France Libre au Levant.

Le préfet de Police, Langeron, assure qu’il continuera à « maintenir l’ordre » sous l’Occupation. Ce qu’il fera avec zèle contre les communistes pendant des mois.

Le gouvernement français est divisé. Alors que Pétain, appuyé par Weygand, le commandant en chef, et par plusieurs autres ministres, veulent forcer Paul Reynaud à demander l’armistice, celui-ci résiste encore. Le colonel de Gaulle, qui s’était illustré à la tête de ses chars à Montcornet, dans l’Aisne, en infligeant un revers aux blindés hitlériens, a été nommé depuis peu sous-secrétaire d’Etat à la Guerre. Promus « à titre provisoire » général de brigade, il prône la résistance à l’ennemi, dans un « réduit breton » d’abord, puis en Afrique du Nord, ensuite.

Face à la déferlante allemande, l’Union soviétique cherche à protéger ses frontières de l’Ouest en imposant l’octroi de bases militaires dans les pays baltes.

Le 16 juin, le groupe des armées françaises d’Alsace et de Lorraine s‘est trouvé encerclé, ainsi que les forces défendant la ligne Maginot, du fait de la stratégie suicidaire de l’Etat Major.

Les blindés de Guderian prennent Vesoul et Besançon.

Paul Reynaud tente de manœuvrer face aux chefs militaires et aux ministres et politiciens, qui ont « choisi la défaite ». Mais Pétain menace de démissionner. De Gaulle, envoyé à Londres rencontrer Churchill, fait état par téléphone d’une proposition anglaise de fusionner nos deux pays dans une Union franco-britannique.

A 17 heures, le Conseil des ministres se réunit dans une atmosphère de coup d’état militaire. Paul Reynaud démissionne. Le président de la République, Albert Lebrun, charge Pétain de former le nouveau gouvernement.

Le 17 juin, la Wehrmacht est établie sur une ligne Caen, Alençon, Orléans, Gien et Nevers (ces trois dernières villes ne sont pas, à cette date, encore prises), Dijon et Pontarlier. La Loire reste une ligne de défense potentiellement défendable. Et derrière, se profile l’Empire colonial, la Flotte intacte, et en France même, de très nombreux armements dispersés curieusement sur le territoire, loin du front…

Le nouveau gouvernement, présidé par le maréchal Pétain, ne comprend que des ministres favorables à l’abandon national, à la capitulation*.

Fondamentalement antirépublicain, il vise à instaurer un « pouvoir fort », un nouveau régime totalitaire, recherché depuis des années. Aussi, pour le nouveau cabinet, le désastre militaire programmé, c’est sa chance.

Sans perdre un instant, il demande à Hitler ses conditions d’armistice.

A 12h30, Pétain s’adresse à la radio au peuple français :

« Je fais à la France le don de ma personne…C’est le cœur serré que je vous dis aujourd’hui qu’il faut cesser la combat…Je me suis adressé cette nuit à l’adversaire… »

Pour des millions de Français sur les routes, l’armistice, c’est la fin d’une longue errance, le retour dans leurs foyers. Pour eux, les soldats prisonniers vont être libérés. C’est la fin, pensent-ils, du cauchemar.

Ils font confiance à la parole du « vainqueur de Verdun », légende encore vivace.

Et la presse unanime se répand en un concert de louanges envers « ce grand soldat », campagne médiatique qui ne fait que commencer…Cette propagande vise à justifier, par avance, le régime nouveau en gestation : l’Etat français.

En fait, Hitler diffèrera sa réponse et utilisera ce délai pour poursuivre l’avance de ses troupes, capturer des centaines et des centaines de milliers de nouveaux prisonniers, dont il fera une monnaie d’échange par un chantage permanent.

Mais tous les officiers ne sont pas comme Pétain ou Weygand. Le général Cochet, commandant des forces aériennes de la Vème armée, appelle à la poursuite de la résistance.

Le 17 juin, le général de Gaulle se sent menacé par les nouvelles autorités, qui lui interdisent de quitter le territoire national. Il comprend que la résistance ne peut s’organiser qu’à partir d’un territoire libre : la Grande-Bretagne. Aussi, il profite alors de l’avion du général Spears, qui rejoint Londres, pour poursuivre la lutte.

NOTE

* En particulier, Paul Baudoin, PDG de la Banque d’Indochine devenu titulaire des Affaires étrangères, secondé par Robert Schumann (le futur « père de l’Europe » !), Maxime Weygand, et le monarchiste Allibert, secrétaire d’Etat à la présidence.

Par Jean Lévy canempechepasnicolas


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