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L’ETE 40, il y a 70 ans : le 18 juin (5) - Jean Lévy

vendredi 18 juin 2010

AUJOURD’HUI,

TOUT LE MONDE PARLE DU 18 JUIN...

Chaque média, la radio, la télé,les journaux, tous évoquent avec emphase l’Appel du 18 juin 40, lancé à la radio de Londres par le général de Gaulle. Jamais, depuis l’évènement, aucun anniversaire de ce jour mémorable n’avait été célébré avec autant de chaleur qu’aujourd’hui, soixant-dix ans après.

Rappelons-nous les "18 juin" de 1950, de 1960, de 1970, et ainsi de suite jusqu’à l’an 2000.

Rien de tel : des cérémonies officielles ou entre "compagnons de la France libre", certes, mais aucune mobilisation des médias.

Même du temps du général !

Alors pourquoi cette symphonie médiatique en 2010 ?

La raison en est simple.

"L’élite" qui nous gouverne aujourd’hui a fait le choix de l’abandon. Indépendance nationale et souveraineté populaire sont foulées au pied de l’Europe des marchés.

Comme en 1940, le pouvoir en place s’est mis au service de l’Europe allemande.

Mais les yeux s’ouvrent. La colère monte.

Pour y faire face, rien de tel qu’un rideau de fumée médiatique pour cacher la vérité et réécrire l’histoire pour l’instrumenter au profit d’une politique impopulaire, en se parant de la gloire des autres.

C’est le loup devenu chien de garde.

Aussi, il est nécessaire de rétablir la vérité, de revenir sur ce passé, sur cet été 40, sur le désastre et ses causes, sur la Résistance à ses débuts, sur les combattants de celle-ci, sur leurs raisons de s’unir et de se battre.

Telle est le sens de notre chronique.

Le 18 juin, en écho au message aux Français lancé la veille par Philippe Pétain, le général de Gaulle appelle à la Résistance "les Français qui veulent rester libres". Il s’est placé délibérément en rupture avec les "élites", celles qui, en France ont fait "le choix de la défaite". Il se fait le défenseur intransigeant de "l’Indépendance" de la nation française. Il se veut le rassembleur de tous ceux qui refusent l’esclavage par la soumission aux vainqueurs du moment.

De Gaulle, général félon pour les autorités de Vichy, est un rebelle à l’ordre établi, un traître à sa classe, qui, elle, va se vautrer dans la collaboration avec l’occupant allemand.

Certes, peu de Français ont entendu de Gaulle, le 18 juin au soir, à la radio de Londres, mais il va devenir, du fait de ce 18 juin, le symbole de la Résistance.

Mais de nombreux patriotes résistent déjà, sans attendre.

Des unités militaires engagés sur les différents fronts de la bataille de France * qui, malgré les ordres supérieurs, poursuivent le combat. Les civils, qui ramassent les armes abandonnées sur le bas côté des routes et sabotent les lignes de communication de l’ennemi.

Même de hauts fonctionnaires de la République, très peu nombreux il et vrai, vont dire NON à l’ordre nazi. Jean Moulin est de ceux-là. Préfet d’Eure-et-Loir, il refuse de signer un "protocole" que veulent lui imposer des officiers allemands. Il s’agit de reconnaître le soit -disant forfait d’unités de tiralleurs sénégalais, qui auraient massacré et violés femmes et enfants à Saint-Georges-sur-Eure. Jean Moulin refuse. Il est insulté, brutalisé, frappé. En vain. Enfermé avec un soldat sénégalais, il va tenter de se donner la mort pour éviter de se déshonorer.

Révoqué quelques mois plus tard par Vichy, il deviendra le représentant du général de Gaulle en France occupée. On connaît la suite.

Un jeune monarchiste de dix-sept ans, Daniel Cordier, rejoint la Grande-Bretagne pour combattre contre l’Allemand, faisant passer son patriotisme avant ses convictions maurrassiennes. Parachuté en zone sud en 1942, il deviendra le secrétaire de Jean Moulin jusqu’à la mort de ce dernier.

Des militants communistes, de plus en plus nombreux, se cherchent, se retrouvent et et agissent ensemble, pour organiser la Résistance, dès le mois de juin.

Cette résistance-là est totalement occultée.

Aussi, nous avons fait appel au témoignage d’Henri Noguères, socialiste et résistant de la première heure.

Il écrit **, parlant de ces militants :

"Qu’ils aient accepté d’être mobilisés ou qu’ils aient, très tôt, opté pour la vie clandestine, les communistes, poursuivis, recherchés, mis au ban de la nation depuis la signature du pacte-germano-soviétique, connaissent des jours difficiles. L’un d’eux, Marcel Paul, qui sera appelé à jouer un rôle important dans l’histoire de la Résistance, nous a relaté ce que furent pour lui, près le repli et l’exode, les derniers jours de juin 40, à son retour à Paris , se souvient :

"Décidé à ne pas reparaître à mon domicile, le 26 juin, je reprenais la route avec une bicyclette que ma compagnie avait récupéré pendant la débâcle. Je connaissais beaucoup de camarades en provine, j’avais le choix, mais je décidais de m’orienter vers l’ouest. A bicyclette, j’ai gagné Le Mans où j’ai pu reprendre contact dans des conditions curieuses : je me souvenais vaguement de l’adresse d’un marchand de chaussures, avenue Thiers, au Mans, qui assurait du temps de la lutte contre la cinquième colonne, un liaison clandestine"

Après plusieurs tentatives infructueuses chez divers marchands de chaussures de l’avenue, ne se rappelant pas le numéro de la boutique en question, Marcel Paul entend un passant qui manifeste son dégoût face à une fanfare allemande qui défile. La conversation s’engage.

Il ’agissait du cordonnier recherché.

Par lui et sa femme, Marcel Paul obtient la liaison avec des cheminots qu pouvait obteir un contact avec des camarades de Rennes, puis de Nantes. Ainsi, dès juin 40, un réseau de Résistance communiste s’établit dans l’ouest de la France.

Ainsi, venus d’horizons différents, des hommes et des femmes entreront naturellement en résistance.

Une épopée commence.

* Signalons, après la signature de l’armistice, la volonté de poursuivre la lutte des forces françaises encerclées dans la ligne Maginot et devant cesser le combat, le gouvernement de Vichy les considérant comme "rebelles"...

** "Histoire de la Résistance en France" par Henri Noguères


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