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L’ETE 40 IL Y A 70 ANS : La débâcle (6) par Jean LEVY

dimanche 27 juin 2010

Aujourd’hui : du 19 au 25 juin

19 juin : malgré l’appel de Pétain et son appel à la capitulation, les combats se poursuivent à l’ouest, devant Cherbourg, à Saumur où s’illustrent les cadets de l’Ecole de cavalerie, et en Bretagne. A Bordeaux, Pétain refuse de partir en Afrique du Nord : il attend la réponse d’Hitler à sa demande d’armistice.

20 juin : tous les hommes valides de l’île de Sein rejoignent, sur leurs bateaux de pêche, la Grande-Bretagne. En Lorraine, trois armées françaises, cernées de toutes parts, résistent à l’envahisseur. Le général Huntziger, responsable du désastre de Sedan, le 10 mai, qui dirigera la Commission d’armistice de Wiesbaden, part pour prendre contact avec les plénipotentiaires allemands. Pétain en a fait, le 16 juin, son ministre de la Guerre.

Un bateau, le « Massilia », est mis à la disposition des parlementaires, tels Pierre Mendès-France, Jean Zay, Paul Bastide, qui veulent rejoindre le Maroc.

21 juin : Le « Massilia » quitte Le Verdon à destination de Casablanca. En fait, ce départ est un piège : il écarte de Bordeaux des hommes hostiles à l’armistice, et servira à les présenter, quelques jours plus tard, comme des « lâches » et des « traîtres ». Nous les retrouverons dans la Résistance. Jean Zay, lui, sera assassiné par la Milice de Joseph Darnand.

Du 23 au 25 juin :

Huntziger reçoit à 18 heures l’ordre du gouvernement de signer l’armistice. La cérémonie a lieu dans le même wagon où fut signé celui de 1918, et sur les mêmes lieux, la forêt de Compiègne. Le document contient des clauses déshonorantes, telle la livraison à l’ennemi des antifascistes allemands (art.19) ; ils s’étaient réfugiés en France et furent internés par les derniers gouvernements de la 3ème République.

L’armistice prendra effet à la date du 25 juin, le temps pour la Wehrmacht de parachever l’occupation des territoires prévus dans le protocole.

Pierre Laval, un politicien de droite, devient ministre d’Etat. En France, tous les médias ont fait leur mue : ils servent avec zèle le nouveau pouvoir, faisant de Pétain « le Chef vénéré », et, en zone occupée, ils se mettent, sans état d’âme, au service des vainqueurs.

A Paris, où le couvre-feu est instauré de 22 heures à 5 heures du matin, Roger Langeron, le préfet de Police, fait de celle-ci, un auxiliaire discipliné aux ordres des nazis. Les communistes continueront à être pourchassés. Le Matin, qui sera un quotidien les plus ‘collabos’, annonce l’arrestation de cinq militants du PCF.

Au 25 juin, un bilan de la débâcle peut être établi : 60% du territoire est occupé par l’ennemi, qui a fait 2 millions de prisonniers. Les pertes militaires françaises sont lourdes : 92.000 soldats ont été tués et 250.000 blessés. Des millions d’hommes, de femmes et d’enfants, jetés sur les routes, traumatisés, tentent de regagner leurs foyers.

Le charbon du Nord, le fer de Lorraine, le blé de la Beauce et de la Brie, les élevages bretons et normands, les industries parisiennes passent sous contrôle allemand.

Cependant, plus de 700.000 militaires, tout leur armement et 1000 avions de combat séjournent en Afrique du Nord. La Flotte est intacte. La Résistance pourrait s’y organiser.

Mais ce n’est pas l’objectif du nouveau pouvoir.

Celui-ci profite de la défaite pour en « finir avec la gueuse », la République.

Ce sera fait, le 10 juillet, à Vichy.

1 Message

  • L’ETE 40 IL Y A 70 ANS : La débâcle (6) par Jean LEVY

    19 décembre 2010 21:45, par streicher

    Comment pouvez-vous écrire que Huntziger est responsable du désastre de Sedan ? C’est la France entière qui l’est, et pas seulement un seul petit général, qui auparavant avait fait sa carrière dans les colonies. Huntziger a été balayé par une force mille fois supérieure. Il n’avait plus ses esprits, puisque son QG de Senuc avait été bombardé toute la journée, sans qu’il n’y puisse rien.

    C’est Gamelin le grand fautif. Il est tombé dans le panneau tendu par les Allemands. Suivant à la lettre son vieux plan de guerre, il a avancé les meilleures troupes françaises jusqu’à la Hollande, dès l’attaque allemande sur la Hollande, pour ensuite être coupées de leurs arrières et prises dans une nasse comme les austro-russes à Austerlitz.

    Voir en ligne : Huntziger innocent


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